A la Une du PARISIEN : "la nouvelle affaire Polanski". Valentine Monnier, photographe française, ancienne comédienne et mannequin, raconte au quotidien le viol dont elle dit avoir été victime en 1975. Son « J’accuse » contre Polanski... Celui-ci nie les faits, mais plusieurs témoins appuient le récit de la sexagénaire.

Elle a gardé le silence pendant 44 ans. Mais aujourd’hui, elle parle. Elle raconte. Elle accuse. Elle s’appelle Valentine Monnier. Elle est photographe. Fut mannequin dans sa jeunesse. Modèle, à New York. Comédienne également. Quelques séries et quelques films ; Le bar du téléphone, Trois hommes et un couffin ou L’homme aux yeux d’argent… Elle y jouait de petits rôles. J’avoue que je ne la connaissais pas, jusqu’à ce que j’ouvre LE PARISIEN ce matin. LE PARISIEN, qu’elle a contacté mi-septembre. Elle souhaitait que le journal publie un texte qu’elle avait écrit. Avant de le publier, le journal a mené l’enquête. Tenté de vérifier les faits, et obtenu les confirmations de plusieurs témoins, lesquels ont même signé une attestation, se disant prêts à témoigner, si l’accusation prenait une tournure judiciaire. 

A 63 ans, parce que se taire lui est devenu insupportable, Valentine Monnier raconte qu’elle a été violée. L’homme qu’elle accuse est cinéaste : Roman Polanski.

« La nouvelle affaire Polanski »

C'est le titre en Une du journal, avec une photo du réalisateur. La "nouvelle" affaire, car il y en eût d’autres. Il a déjà été mis en cause à cinq reprises. Cinq femmes l’ont déjà accusé de viol ou d’agression sexuelle. Cette fois, la victime présumée est française. 

Fille d’industriels alsaciens, Valentine Monnier avait décroché son bac quelques mois plus tôt. Hiver 1975. Une camarade lui propose d’aller skier en Suisse avec des amis, en étant logées chez Roman Polanski. Passionnée de ski, Valentine Monnier accepte, mais un soir, lors de ce séjour, sur l'un des paliers du chalet, l’hôte se jette sur elle. 

En 1975, j'ai été violée par Roman Polanski. Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel, et le connaissais à peine. Ce ne fut pas dans le débordement d'une fête (ni alcool, ni drogue). Ce fut d’une extrême violence, après une descente à skis, dans son chalet à Gstaad. Il me frappa, me roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes. Je venais d’avoir 18 ans et ma première relation seulement quelques mois auparavant. » 

Lui, il en avait 42… Dans la journée, seul avec elle sur un télésiège, il lui avait lancé : "Est-ce que tu veux baiser ?" Elle lui avait répondu "non", pensait qu'il en resterait là. 

Valentine Monnier se souvient de sa peur de mourir. 

Je me suis dit, "C’est Roman Polanski, il ne peut pas prendre le risque que ça se sache, alors il devra me tuer." 

Elle se souvient aussi, juste après l’agression, des excuses du réalisateur en pleurs. 

Terrifiée, elle promet de ne rien dire.

Puis elle fuit la maison, se réfugie chez un voisin, un ami de Polanski. Par la suite, elle confie cette histoire à ses proches. Et, ces dernières années, même si les faits son prescrits, encouragée par le scandale de l’affaire Weinstein, elle l’a également racontée dans des lettres envoyées à la police de Los Angeles, à Brigitte Macron, Franck Riester, Marlène Schiappa. Mais c’est la première fois qu’elle la raconte dans un journal.  Pourquoi le faire aujourd’hui ? 

A cause du film de Polanski. Son J’accuse qui sortira mercredi prochain. Un film dans lequel il met en scène l’une des erreurs judiciaires les plus célèbres de l’histoire française. Dans une interview, Polanski a comparé l’acharnement dont a été victime le capitaine Dreyfus à celui que lui-même aurait subi… Lui qui est poursuivi par la justice américaine depuis 1977 pour avoir violé une mineure de 13 ans. 

Est-ce tenable, sous couvert de l’histoire, d’entendre dire J’accuse par celui qui vous a marquée au fer, alors qu’il vous est interdit à vous, victime, de l’accuser ?

Voilà pourquoi Valentine Monnier a choisi de parler. Voilà pourquoi il lui était devenu insupportable de se taire. 

Si elle sort du silence, c'est parce qu'elle ressent les propos de Polanski comme une provocation

Et plusieurs témoins, qu’a pu contacter le journal, accréditent donc son récit. Un récit que, toutefois, réfute Roman Polanski, par la voie de son avocat Hervé Temime

Roman Polanski conteste fermement toute accusation de viol. A titre personnel, je déplore gravement la parution à la veille de la sortie du film de telles accusations.

Il s'étonne par ailleurs que "les faits allégués" n'aient "jamais été portés à la connaissance de l'autorité judiciaire". 

Mais, pour Valentine Monnier, "le délai de réaction de vaut pas oubli".  

Dans les autres journaux, c’est un anniversaire qui ce matin fait la Une. Ce samedi, 9 novembre, cela fait 30 ans que le mur de Berlin est tombé… (La suite de la revue de presse est à écouter.)

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