Il est question de quête identitaire ce matin dans les journaux. Remonter aux origines de sa famille, percer les lourds secrets de famille et enfin s'assumer permet de découvrir qui l'on est.

Je ne sais pas vous mais, moi, je sais qui je suis. Enfin, je crois. Je m'appelle Adrien Bossard. Je suis né à Châtellerault, dans la Vienne, au nord de Poitiers, il y a 26 ans et cinq jours. J'ai un père, une mère, un frère, un neveu, des cousins - beaucoup de cousins - des oncles, des tantes, des grands-parents...  Bref, une famille. Mais j'ignore ses origines. Pourquoi ce nom bien franchouillard ? D'où vient-il ? Qui étaient mes aïeux ? J'aurais pu chercher. Mais non.

Jean-Michel, lui, l'a fait. Il a remonté le fil de son histoire qu'il raconte au magazine LE PARISIEN WEEK-END. Le Vendéen revendique 32.000 cousins. Rien que ça ! Jean-Michel en a réuni plus de 4.500 un soir d'été 2012 lors d'une réunion de famille gigantesque. Il a dû monter un barnum de 3.600 mètres pour l'occasion. Cette passion pour la généalogie, il la cultive depuis ses 11 ans. "Un homme en costume est venu frapper à la porte de la ferme familiale. Un cousin de mon grand-père venait de décéder et cet homme recherchait les héritiers. Il a sorti de sa mallette un arbre généalogique. Cela m'a fasciné.". Alors Jean-Michel commence son arbre généalogique, interroge ses parents et enfourche dés qu'il peut sa "mobylette pour consulter les archives de la mairie". Près de 40 ans plus tard, son arbre a bien grandi.  Il remonte jusqu'au XVIIIe siècle. Un retour 350 ans en arrière.

À l'image de Jean-Michel, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans la généalogie, et de plus en plus jeunes, nous apprend LE PARISIEN WEEK-END. Moyenne d'âge : 48 ans, contre 70 ans, il y a encore deux décennies. Aujourd'hui, tout est plus facile. Les archives sont numérisées, il y a les réseaux sociaux et les sites spécialisées. Victor, Marine et Frédéric, tous la trentaine, témoignent de leur soif de connaissance. "Une pratique tournée vers soi destinée à mieux se comprendre".

D'autres, eux, cherchent seulement à savoir qui étaient leurs parents biologiques  

Passionnants et édifiants témoignages dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, de Neil et Nour. Ils sont frère et sœur adoptifs. Nés au Sri Lanka dans les années 1980 et adoptés en France comme 1.500 autres bébés à cette époque. Des bébés parfois "volés" ou même "achetés". L'affaire fait scandale au Sri Lanka, depuis les révélations de journalistes il y a peu. Le Ministère de la Santé reconnait l'existence, il y a 30 ans, _"de fermes à bébés où les nourrissons étaient regroupés avant d'être présentés aux familles adoptives par des mères actrices."_Une fraude rendue possible par l'absence d'encadrement éthique avant 1993. 

Neil et Nour sont-ils dans ce cas là ? Ils ne le savent pas. Ils doutent "de tout". De ce que leurs parents adoptifs leur ont toujours dit. Peut-être y a-t-il "une autre histoire", plus sombre ? _"La vérité, ils vont la chercher ensemble"_, explique LE PARISIEN. Le frère et la sœur partent au Sri Lanka demain sur les traces de leurs parents biologiques. Avec le désir de reprendre leur "destin en main". De "revenir différents", plein de certitudes. Savoir si oui ou non, leur adoption était "un choix" de leur mère biologique.  

Les secrets de famille sont à la une aussi de L'OBS. _"_Tout secret est-il bon à entendre ?" Pour avancer, se construire ou se reconstruire, il faut parfois briser la glace. Ils sont plusieurs à témoigner dans l'hebdomadaire de ces lourds secrets, cachés des années et qui finissent par être révélés ou découverts. Exemple d'Eric, la cinquantaine, bien décidé à savoir qui était réellement son grand-père. Un homme qu'il n'a jamais connu. Sa grand-mère, Jeannette, "refusait d'en parler". Elle avait "trop honte" et pleurait "tout de suite" à la question : "Qui était papy ?"

Mais un jour, elle craque et finit par lâcher un nom : Roger R. Eric entame des recherches et découvre, dix ans plus tard, "la vie peu morale d'un grand-père qu'il n'a, du reste, jamais considéré comme tel" : un collabo sous l'occupation nazie. L'OBS ressort un vieux rapport de police. "Ses intentions personnelles sont de combattre uniquement les juifs et les communistes", peut-on lire. Roger R. est condamné à mort en 1946 pour collaboration avec l'ennemi. Mais il échappe finalement à la sentence et réussit, des années plus tard, à sortir à prison. "Sa fin de vie est chaotique", raconte l'OBS. Une vie de petit délinquant, dans la rue, jusqu'à ce que son corps soit retrouvé en 1966, dans les Côtes-d'Armor. "De cette histoire familiale, le temps a dissous la honte, celle précisément qui a scellé le secret", mais Eric comprend mieux le silence de sa grand-mère, aujourd'hui décédée.

À l'étranger, le gouvernement italien est, lui, en pleine crise identitaire

Il s'est cherché pendant 14 mois. Mais ne s'est jamais trouvé. La coalition au pouvoir est en train de valser. "Le contrat négocié à la va-vite il y a un an", entre le Mouvement 5 étoiles et La Ligue était "à la fois trop flou et trop équivoque sur de nombreux points pour cimenter une alliance durable" estime LE PARISIEN. Il faut donc une nouvelle identité, une vraie, selon Matteo Salvini, le Ministre de l'Intérieur, qui réclame des élections en octobre. Le chef de La Ligue est "en position de force" à lire LE MONDE, face à un Luigi Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles, moins charismatique et de plus en plus esseulé.

LE PARISIEN que Salvini "a fait passer l'essentiel de son programme - notamment sur la politique d'immigration - tandis que Di Maio n'a pu qu'imposer le revenu de citoyenneté, moyennant certaines concessions". Les objectifs de Matteo Salvini sont clairs à en croire LIBÉRATION : "prendre d'assaut le Palais Chigi, le siège du conseil italien, et gouverner sans entraves et encombrants alliés." Matteo Salvini abat ses cartes et n'avance plus masqué.    

Ne plus avancer masqué, solution pour enfin "se trouver" ? 

Oui et non. Deux réponses, deux histoires. Soyez juges. D'abord, l'histoire de l'écrivaine Emily Blaine, un pseudonyme évidemment, auteure à succès. Elle a vendu 500.000 exemplaire, selon son éditeur Harlequin, sur l'ensemble de ses oeuvres, des livres érotiques. Son portrait est à lire dans LIBÉRATION ce matin. "Cadre à la SNCF dans la vie courante", la trentenaire "a longtemps caché à son entourage" sa deuxième activité. Elle aime, dit-elle, _"brouiller les pistes"et ne veut surtout "pas porter préjudice" à sa famille". D'autant que son mari travaille au ministère des Armées. Mais il faut bien assurer la promotion des livres, écumer les différents salons, se prêter au jeu des dédicaces. Alors au bout d'un moment, Emily Blaine finit par accepter de montrer son visage, sans pour autant révéler sa véritable identité. Une double vie qu'elle veut cultiver encore un moment. Pas question de choisir entre l'une ou l'autre.  Les deux vies "se nourrissent mutuellement"_ et la nourrissent.

Enfin, il y a l'histoire de Sandra, 49 ans, dans les colonnes de LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES. Il y a encore trois ans, Sandra s'appelait Wilfried. Un champion olympique de canoë-kayak en 1996, à Atlanta. Femme dans sa tête "depuis toujours", elle met plus de 40 ans à l'accepter et décide d'entamer la transformation de sexe. Pour ne plus se cacher et ne plus se mentir. Aujourd'hui, dit-elle, "je suis sûr d'être le bon corps. Il n'y a pas de regrets possibles à avoir lorsqu'on est enfin soi-même". En quête d'identité toute sa vie, elle s'est trouvée pour de bon.

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