Le visage d’une femme s’affiche ce matin à la fois dans Le Parisien et dans Le Journal du Dimanche. C'est celui d’une chercheuse écossaise morte en 2007. Son nom : June Almeida. Pourquoi nous parler d’elle ? Pourquoi nous conter son histoire ? Parce que, dans les années 1960, c’est elle qui a découvert les coronavirus.

Elle nait en 1930, dans un modeste quartier de Glasgow. Son père chauffeur de bus et sa mère femme au foyer n’ont pas les moyens de lui payer l’université. Elle est contrainte d’arrêter l’école à 16 ans. Suite à quoi, comme est curieuse et désireuse de travailler dans les sciences, elle frappe à la porte du laboratoire royal de Glasgow. L'adolescente apprend comment examiner les tissus conjonctifs. Bactéries et microbes se succèdent sous ses yeux qui, à force, deviennent de plus en plus experts. Ensuite, elle rejoint Londres, puis avec son mari, peintre vénézuélien, elle s’envole pour le Canada. 

A l’institut du cancer de Toronto, elle invente une méthode révolutionnaire pour repérer les virus au microscope

Sa technique consiste à injecter des anticorps prélevés sur des personnes infectées, lesquels se regroupent autour du virus, signalant sa présence. Elle est la première à observer le virus de la rubéole. Grâce à ce procédé novateur, June Almeida acquiert une petite notoriété. 

De retour à Londres, un médecin la contacte, car il peine à identifier une bactérie proche de la grippe qu’il ne connaît pas. La chercheuse observe à son tour. Sa méthode lui permet de distinguer les nuances minuscules de couleurs, et surtout cette couronne avec une multitude de points en relief. 

On est en 1964, et elle vient de faire une sacrée découverte : une nouvelle famille de virus, qu’on appelle désormais coronavirus

Elle est intéressante à plus d’un titre, cette histoire. D’abord, parce que, comme le dit Martin Catela, docteur de la Pitié-Salpêtrière, vient d’écrire un article scientifique à son sujet, "c’est une magnifique histoire d’ascenseur social", et un hommage "invisibles" sans qui les hôpitaux ne tourneraient pas. Et puis, c’est l’histoire d’une passion, remplacée par une autre à la fin de sa carrière. En effet, quand June Almeida a pris sa retraite en 1985, elle a décidé de commencer une nouvelle vie. Elle est alors devenue professeur de yoga. 

De nombreux Français semblent avoir décidé de changer vie, eux aussi. Des changements radicaux, décidés pendant cette période de confinement. C’est à lire, ce matin, dans Ouest France

Envies, projets : quelle vie après le confinement ? 

Et l’on découvre ainsi les envies, les projets de Colette, de Sabine, de Benoît et Cindy, pour qui la pandémie de coronavirus a donc agi comme un déclic.  

Colette, une Parisienne de 39 ans, auto-entrepreneuse dans la communication, vit depuis trois ans à distance avec son compagnon. Vraiment à distance : il habite au Népal où il tient un restaurant. Jusque-là, elle le rejoignait quelques mois par ans. Avec le confinement, elle a réalisé que son mode de vie ne tenait plus la route, et elle donc prévu d’aller s’installer au pied de l’Himalaya. Son métier, elle l’exercera en télétravail. Bon, là, on peut parler d’une forme de rapprochement de conjoint… 

Benoît, a 50 ans, il vit en Normandie, et a longtemps bossé dans l’industrie avant de se reconvertir dans la réalisation de films institutionnels. Eh bien, pendant le confinement, il a décidé de changer de voie de nouveau, afin de se former au travail de la terre : un apprentissage dans une ferme pour se lancer ensuite dans le maraichage bio… 

Déménager, changer de métier, redonner un sens à sa vie ?

Pour Cindy et sa famille, le changement de vie passera, comme pour Colette, par un déménagement. Non pas jusqu'au Népal, mais dans une autre région de France, où les enfants pourront gambader dans un grand jardin. Jusque-là, avec leur trois enfants, Cindy et son mari vivaient dans un appartement d’une jolie cité balnéaire du Sud de la France. Ils viennent de se trouver une maison dans la région bordelaise. Une envie d’espace et de campagne. 

Et puis, dans le Nord, c’est l’histoire de Sabine qui, elle, comme Benoît, a décidé de changer de métier. Cette quinquagénaire bossait dans le textile, jusqu’à devenir l’une des directrices d’une grande marque. Au chômage depuis janvier, elle a beaucoup réfléchi pendant le confinement au sens à donner désormais à sa carrière et, ce qu’elle aimerait aujourd’hui, c’est trouver un poste dans les hôpitaux

Les hôpitaux, il en est évidemment toujours question dans les journaux. Avec une bonne nouvelle à lire dans L’Indépendant. 

Depuis trois jours, le service de réanimation de l’hôpital de Perpignan n’accueille plus de malades du coronavirus

Soulagement ici, mais dans La Dépêche, c’est l’inquiétude qui prime : la Une est consacrée au nouveau foyer d’infection découvert en Dordogne ; neuf cas positifs, et les autorités mettent en garde contre tout relâchement du respect des gestes barrière à J-1 du commencement du déconfinement. 

Car ça y est, nous sommes presque… C’est "la dernière ligne droite", nous dit Le Berry Républicain…  Les "derniers préparatifs", titre de son côté L’Ardennais"Les dernières heures hors du temps", comme le dit Le Courrier Picard"Par ici la sortie !" s’enthousiasme Sud-Ouest. Mais, sur bien des aspects, ce sera "le grand saut dans le vide", s’inquiète Paris Normandie… Dans les journaux, se mêlent donc les impatiences et les craintes. 

Toujours des craintes pour la reprise dans les écoles

Ce matin, Le Parisien donne la parole aux enfants. « Alors, content de reprendre l’école ? » Pour certains, la réponse est oui. Contents de retrouver leur maitre, leur maitresse et leurs copains. Mais d’autres reconnaissent quelques appréhensions. C’est le cas d’Anaïs, qui habite en Moselle et partira mardi avec un cartable garni d’un petit stock de masques et d’un flacon de gel hydroalcoolique. 

J’ai un peu peur, mais je crois que si je prends mes précautions, tout se passera bien.

A dire vrai, ce qu’elle craint surtout, c’est que l’école soit quasi déserte. 

Dans Le Journal du Dimanche, le ministre de l’Education tente de se faire rassurant. Pour lui, la première priorité de l’école d’ici l’été, elle est "psychologique".

Accueillir les élèves, les écouter, voir comment ils vont. 

Jean-Michel Blanquer souhaite "que tous les enfants aient pu retrouver physiquement leur école au moins une fois d’ici fin-mai", mais précise qu’aujourd’hui, "le but n’est pas de boucler les programmes coûte que coûte", et qu'il faut "raisonner à cheval sur l’année prochaine". Pour autant, il promet que les classes ne seront pas des garderies. 

Alors, demain sera-t-il vraiment le début d’un grand changement ? En tout cas, ce sera sans doute la fin de certaines occupations que l'on a pu avoir en étant confiné. 

La fin des sports confinés

Ces nouvelles pratiques d'intérieur, inventées pour tuer le temps, et dont se fait l'écho La Croix Hebdo… On a vu apparaître par exemple "le poêle-pong" : du ping-pong avec poêle sur la table de la cuisine. On a vu apparaître aussi "le saute-canap" : du saut en hauteur sur le canapé du salon.  Et puis il y a "le basket-bol", qui consiste à jeter une balle ou une boulette de papier... dans un bol. A ce jeu-là, je suis très fort. Au "saute-canap" aussi. Le confinement permet de se découvrir des qualités. Mais je doute que ces activités-là suffisent pour perdre les kilos pris lors des apéros.

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