"'Souris puisque c’est grave, seules les plaisanteries doivent se faire dans le plus grand sérieux." C’est Alain Chamfort qui chante ça, et elle est chouette, cette chanson. "Souris puisque est grave, si les Dieux te déçoivent, offre-leur un visage radieux. » Sourire quand même, en somme. Malgré les peines, les drames.

Cesser de penser que tout va mal, d’autant que « Tout ne va pas si mal ! », ainsi qu’on peut le lire dans la revue OBLIK, formidable revue d’infos dessinées que publie ALTERNATIVES ECONOMIQUES. On a tendance à dire que c’est de pire en pire, que c’était mieux avant et que tout fout le camp, ma bonne dame… Tendance à nous focaliser « sur ce qui ne marche pas », note Laurent Jeanneau dans son édito, "mais la litanie des mauvaises nouvelles peut alimenter le déclinisme ambiant et, sans pour autant verser dans l’excès inverse, il faut aussi regarder ce qui s’améliore, lentement, mais sûrement, en France comme dans le monde". Et c’est ce que fait donc OBLIK.

50 raisons de garder espoir dans l’avenir

En Afrique, l’espérance de vie à la naissance a augmenté. Elle est désormais de 60 ans. En 2000, elle n’était que de 50 ans. 60 ans, on est encore loin de la moyenne mondiale, qui est de 72 ans, mais tout de même : ceux qui naissent sur le continent africain vivront donc désormais bien plus longtemps que les générations précédentes. Résultat de l’amélioration de la santé des tout-petits, notamment grâce aux campagnes de vaccination. 

  • Dans le domaine des droits. Le nombre de pays autorisant la peine de mort ne cesse de se réduire, tandis qu’augmente le nombre des pays légalisant le mariage gay. 
  • Dans le domaine social. Le surendettement diminue, on compte moins de pauvres sur la planète, et le taux de chômage est en baisse dans les banlieues françaises. 
  • Dans le domaine environnemental. Les forêts gagnent du terrain en Europe et la qualité de l’air s’est globalement améliorée dans l’Hexagone. 
  • Dans le domaine économique. La France reste très attractive pour les investisseurs étrangers.

Bref, tout ne va pas si mal. Arrêtons de faire la tête et sourions un peu.  Mais tout ne va pas bien non plus et, bien évidemment, il faut en parler également. C’est l’une des fonctions de la presse : raconter, et nous éclairer sur ce qui dysfonctionne. Des tourments, des colères, des peurs. Pour preuve, la Une du PARISIEN.

Enquête sur 40 ans de terrorisme islamiste

Il s’agit d’une étude de la Fondation pour l’innovation politique, qui recense à la fois le nombre de victimes et les zones les plus touchées depuis 1979 ; du 27 décembre 1979, date de l’assassinat d’un leader religieux à Téhéran par un groupe chiite, jusqu’au 31 août dernier, date d'une explosion au Bangladesh revendiquée par le groupe Etat Islamique. 

En 40 ans, le terrorisme islamiste a fait plus de 167 000 victimes à travers la planète, dans près de 34 000 attentats, dont 90% ont été perpétrés dans des pays musulmans. Les premières victimes sont des Musulmans. 

Sur le triste podium des pays touchés : l’Afghanistan, l’Irak et la Somalie. Suivent le Nigéria, le Pakistan, l’Algérie, la Syrie, le Yémen, et ce sont en majorité des civils qui sont tués. La France est le pays européen qui compte le plus de victimes : 317 morts dans 71 attentats.

Comme le note Stéphane Albouy, directeur de la rédaction du PARISIEN, ce rapport confirme l’intensification des attaques ces dernières années, et quand on le lit dans le détail, il aide à la compréhension des chose. 

Ce rapport permet de comprendre comment populisme et terrorisme peuvent se nourrir mutuellement dans une spirale mortifère. Loin d’annihiler la menace, les discours simplistes et les solutions extrêmes composent le terreau préféré du fanatisme islamique.   

Solutions extrêmes et discours simplistes : c’est la droite de la droite qui est ici mise en cause. A ce sujet, un conseil de lecture du weekend : l’enquête de Lucie Soullier dans LE MONDE. 

« Renaud Camus, aux origines de la haine »

Renaud Camus, 73 ans, écrivain français figure de la littérature gay des années 1970-80, devenu l’une des références de l’extrême-droite identitaire. Il est l’icône de ceux qui, à l'instar d'Eric Zemmour, dénoncent un supposé "grand remplacement", théorie selon laquelle une "population française traditionnelle de souche" disparaîtrait à la faveur de son remplacement par une autre, extra-européenne, venant d’Afrique avant tout.  

Concept totalement fallacieux rappelle le démographe Hervé Le Bras dans LE MONDE, un mythe battu en brèche par la science ;  "français de souche", ça ne veut rien dire, et la population mondiale a depuis toujours procédé par métissage

Rencontre, donc, avec Renaud Camus, que Lucie Soullier est allée voir chez lui, dans son château du Gers. Il justifie ses positions radicales, mais nie promouvoir "une idéologie de la haine", et qualifient d'idiots, de "cinglés" ceux qui ont commis des tueries en prenant son combat au mot. En mars dernier, l’auteur du massacre de 51 personnes dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande, avait intitulé son manifeste "Le grand remplacement". Même cri de ralliement pour celui qui a tué 22 personnes en août dans un centre commercial du Texas. 

Aux origines de la haine, il y a toujours un discours. 

Non, bien sûr, tout ne va pas bien.  Et l’on trouve même du désespoir dans la presse. De la "désespérance", pour reprendre le mot de Rémy Nizard, chef du service de chirurgie orthopédique à l’hôpital Lariboisière à Paris. 

La "désespérance" dans les hôpitaux

Bien au-delà du malaise. Dossier dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, sur les raisons du jeudi noir en vue chez les blouses blanches. Une grève qui promet d’être massivement suivie. Tous les professionnels – médecins, infirmiers, psychologues - dénoncent à la fois le manque de moyen, le manque d’effectif, les dégradations de leurs conditions de travail, et celles des bâtiments, aussi. Un système à bout de souffle, le risque d’un krach sanitaire. 

La souffrance au travail, l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) la redoute. Elle participera à la journée d'action, et sa présidente, Roxane Hellandsjö-Prost, s'en explique dans l'hebdomadaire. 

On fait déjà face à de nombreux risques psychosociaux durant nos études. On veut pouvoir ensuite exercer dans des conditions saines, car comment prendre soin d'autrui quand on ne peut plus prendre soin de soi ?

La ministre de la Santé doit dévoiler un nouveau plan dans les prochains jours. 

Le quotidien des hommes, parfois, désespère. Et celui des animaux intéresse de plus en plus.

Records d'audience pour les documentaires animaliers

C'est ce qui transparaît dans l'enquête que Maroussia Dubreuil signe dans le supplément "l'époque" du MONDE. De plus en plus de chaines, dès lors, se lancent dans le genre. Avec des exigences. Il y a des animaux que l'on observe avec plus d'intérêt que d'autres, ainsi que le résume le réalisateur Frédéric Febvre.

Ce qu’il faut, c’est du poil ! Les plumes, ça ne marche pas, et les insectes, c’est répulsif !

Ce qui fonctionne, en priorité, ce sont donc les marmottes, les loutres, les suricates. En somme, les petits tout mignons. Ensuite, arrivent les majestueux : essentiellement les grands félins. Et bien sûr, les bébés félins, ça plait aussi énormément.

Enfin, un livre qui me plait bien également. Un ouvrage dont il est question dans LE MAINE LIBRE.  

Un curé sarthois qui aime bien les bonnes blagues

Il s'agit du père Bruno Delaroche, prêtre du diocèse du Mans, qui vient de sortir un ouvrage intitulé "Les Perles du curé", ouvrage dans lequel il recense 555 histoires drôles, histoires vraies ou inventées. 

Celle-ci, par exemple, inventée. 

Nous sommes à Nazareth, un soir, vers la fin du dîner, dans la maison où vivent Joseph, Marie et Jésus. Soudain, la conversation s'arrête, et il y a un grand moment de silence. Marie s'exclame alors :

Tiens, un ange passe... 

Joseph tape alors du poing sur la table. 

Ah non, ça ne va pas recommencer !

N'oublions pas de sourire un peu, mes amis. Seules les plaisanteries doivent se faire dans le plus grand sérieux.

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