Ce matin, il est question de violences dans la presse. Les violences sous toutes leurs formes. Qu'elles soient physiques, verbales, psychologiques et sexuelles.

Les victimes de Jeffrey Epstein ont quasiment toutes connues les mêmes violences. Physiques, verbales, psychologiques et sexuelles. Et voilà que se rajoute maintenant une autre forme de violence. Ou plutôt un sentiment : l'injustice, qu'elles clament dans les colonnes du NEW YORK TIMES. Il n'y aura pas de procès. Le financier américain, homme très influent et ancien proche de Donald Trump et Bill Clinton notamment, le s'est suicidé hier dans sa prison. Jennifer Araoz a pleuré en apprenant la nouvelle. "Nous devons vivre avec les cicatrices de ses actes pour le restant de nos jours, sans jamais qu'il affronte les conséquences de ces crimes, de la douleur et du traumatisme qu'il a causés à tant de personne", dit-elle. 

Comme d'autres, elle affirme avoir été agressée sexuellement par Jeffrey Epstein, alors qu'elle était au lycée. LE HUFFINGTON POST revient d'ailleurs sur _"_ce vaste réseau tentaculaire de collégiennes et lycéennes" destinées à satisfaire son appétit sexuel. Des recruteuses sont même missionnées pour lui trouver "le profil type" des filles qu'il préfère. Des filles jeunes, très jeunes, souvent mineures, issues de milieux défavorisés et jolies. L’homme d'affaires est présenté comme un bienfaiteur, qui peut donner un coup de pouce à leur carrière. Il a des contacts par milliers. "Une fois enrôlées, ces jeunes filles entrent dans le petit livre noir". Un carnet d'adresses d'une centaine de noms. Des adolescentes ou jeunes femmes qui vont se succéder pendant des mois, même des années, dans "la petite salle de massage" où chaque séance doit "se faire nue" et comprend presque systématiquement "attouchements, voire pénétration".  Jusqu'où jour où l'histoire éclate.  Ce matin, aux Etats-Unis, beaucoup doivent se sentir soulagés. LE WASHINGTON POST estime que l'ami des puissants évite, pour de nombreuses personnalités, "un procès bien embarrassant", par son suicide en prison.

Le plus vieux prisonnier politique des Etats-Unis

La prison, lui, c'est son quotidien depuis plus de 40 ans. Portrait du plus vieux prisonnier politique des Etats-Unis dans le journal LE MONDE. Leonard Peltier, 74 ans dont 43 passés derrière les barreaux, pour le meurtre de 2 policiers. Les faits remontent au 26 juin 1975 à Pine Ridge, dans la réserve indienne du Dokata du Sud. "C'est là que reposent les victimes du massacre de Wounded Knee, l'affrontement qui a mis fin à la résistance des Sioux en 1890". En 1975, près d'un siècle plus tard, la violence couve toujours. Des rebelles ne veulent pas laisser le gouvernement contrôler les terres. Ils font appel à leurs soutiens de l'AIM, l'American Indien Movement, pour les protéger. Car le FBI décuple "la surveillance de la réserve". Un jour, une fusillade éclate. Deux agents du FBI sont exécutés à bout pourtant.  Quatre personnes sont arrêtées, dont Leonard Peltier. Il est aujourd'hui le seul à être incarcéré.

Il ne nie pas sa présence ce jour-là, mais conteste avoir tiré sur les policiers. Une innocence qu'il clame depuis 43 ans dans sa cellule floridienne. Les appels à la grâce présidentielle sont restés vains. "Il semble qu'il y a ait quelqu'un dans l'ombre qui a plus de pouvoir que le président des Etats-Unis, et qui dicte mon futur ou mon absence de futur", dit-il.  Le prochain examen de son dossier de libération conditionnelle sera abordé en juin 2024. Pas avant. Leonard Peltier aura 79 ans. En attendant, ses soutiens ne cessent d'alerter l'opinion publique sur son état de santé qui empire.

L'alerte lancée, en France, par François Baroin, le président de l'association des maires : "Les élus sont en danger". Longue interview dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, une semaine après la mort de Jean Mathieu, maire de Signes, dans le Var.  Il a été renversé par un fourgon, dont le conducteur venait de déverser des déchets en bordure de route et que le maire voulait verbaliser. Pour François Baroin, "il n'y a plus de respect de la fonction, ni de l'autorité." Quand les édiles, eux, s'inquiètent de ne trouver personne pour les remplacer.    

À Hong-Kong, c'est une autre violence qui inquiète

Les manifestations et les répressions parfois sanglantes rythment le quotidien de l'ancienne colonie britannique depuis deux mois. "Le climat si propice aux affaires pourrait vite tourner à l'orage". Dans LE PARISIEN, les patrons français sur place expliquent craindre une perte d'autonomie du territoire. Et avec elles ses nombreux avantages, notamment fiscaux.   

L'inquiétude aussi d'habitants à la Une du PROGRÈS. Face à la violence des températures, leurs maisons se fissurent. 

La violence des orages dans la Marne. Des grêlons "gros comme des balles de tennis" selon l'expression consacrée. Ils ravagent les vignes à quelque jours du début des vendanges nous dit L'UNION. 

La violence d'une vidéo sur le site de 20 MINUTES. Celle d'un homme arrachant la tête d'un coq avec ses dents.

La violence gratuite. Ou pour un peu, voire beaucoup d'argent. 

Plongée au cœur des gangs honduriens, avec les tueurs à gage

LE JOURNAL DU DIMANCHE nous emmène au Honduras, à San Pedro Sula, deuxième plus grande ville du pays, à la rencontre des "sicarios", les tueurs à gage. Ils liquident pour le compte du "puissant gang de la Mara". LE JOURNAL DU DIMANCHE a réussi à en interviewer. Chose très, très rare. À condition de ne pas balancer. Les balances, là-bas, ne passent pas la nuit. Comme la première victime de Paola, la seule femme tueuse à gages du gang, qui se déplace uniquement à moto, "plus pratique pour échapper aux flics". Et avec un pistolet toujours sur elle. Déscolarisée à 15 ans,"elle rejoint la Mara comme d'autres s'engagent au Secours catholique". Tout le monde "n'est pas fait pour le job". Mais Paola, elle, est l'une des meilleures dans son domaine. Elle ne ressent rien quand elle tue. Une grande vertu pour le gang. "C'était l'ennemi, c'est tout". Et ça rapporte. Jusqu'à 1 million de lempiras, l'équivalent de 36.000 euros "pour l'assassinat d'un flic", raconte Gustavo, un autre "sicario". Une plongée dans un monde où la loi du plus fort prime. On se croirait dans un film.  

Un film, un vrai. The Hunt. Traduction : la chasse, en français dans le texte. L'histoire se déroule dans le Wyoming et le Mississippi, dans les bastions historiques du parti républicain. Ça a son importance. Elle met en scène une traque, une chasse, entre des tueurs - des riches blancs pro-armes à feu - et des proies innocentes dont le tort est d'être pauvre. En clair, l'élite veut éliminer la classe populaire.

Le film se revendique comme une satire ultra-violente de la fracture sociale aux Etats-Unis. Il devait arrivé dans les salles en septembre. Devait, car sa sortie est annulée nous apprend 20 MINUTES. La bande-annonce du film ravive de mauvais souvenirs. Les tueries du week-end dernier, à El Paso, au Texas, et à Dayton, dans l'Ohio. Beaucoup ont "grincé des dents". Alors, sous la pression, la production a fait marche-arrière. Elle estime que ce n'est effectivement "pas le bon moment" pour en assurer la promotion. 

Mais ce n'est pas tout. Donald Trump s'en est mêlé dans l'un de ses nombreux tweets. Il a taxé Hollywood "_de gauchiste, de raciste, avec une grande colère et de la haine"_, avant de poursuivre, "le film [...] cherche à allumer le feu et à provoquer le chaos". L'hôpital se moquerait-t-il de la charité ? Souvenez-vous. L'histoire se déroule dans les bastions historiques de son parti, et fait passer, "de façon caricaturale et volontairement exagérée, ses supporters pour des auteurs de violence gratuite". Ce qui, osons le dire, est sans doute, le vrai fond du problème pour Donald Trump. Car des films violents, il y en a toujours eu. Et il y en aura d'autres.

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