Une perturbation ondule sur le nord-ouest du pays et apporte un temps gris et pluvieux. Conditions plus stables dans le Sud et près des frontières de l’Est. Cet après-midi, les pluies progresseront vers les régions du Centre, avec de timides éclaircies entrecoupées d’averses. Maigre consolation : il devrait faire doux.

Voilà ce qu’on peut lire, ce matin, dans les pages météo des journaux. Elles sont très lues, ces pages-là. Parce qu’elles concernent tout le monde. La météo est un grand sujet de discussion. En famille, au boulot… Vous avez-vu le temps qu’il fait ?   

Je déteste le mois de novembre… 

Tout le monde déteste le mois de novembre.

Ah non, moi j’adore ce temps-là !

La preuve par l’exemple : on trouve toujours un truc à dire sur le soleil, la pluie, le froid, qui font rarement consensus… D’ailleurs, c’est la même chose avec le temps… qui passe. 

"Le temps est-il une illusion ? Le temps a-t-il une fin ? Le temps est-il un luxe ? Le temps est-il une illusion ?"

Questions philosophiques, et là aussi, il y a débat, ainsi qu’on peut le lire dans le hors-série de la revue POUR LA SCIENCE. 

On y découvre ainsi que, pour les jeunes enfants, le temps n’est pas continu, mais une entité éclatée, un temps propre à chaque événement, propre à chaque action dont ils font l’expérience. 

On y lit par ailleurs, sous la plume du sociologue Jean Viard, qu’aujourd’hui, 12% de notre temps de vie sont consacrés au travail. En 1936, c’était 40%, et 70% sous Napoléon. 

On découvre également, cette fois dans un texte du psychiatre Christophe André, que lorsqu’on est heureux, le temps n’existe plus, dès lors que nous vivons pleinement notre bonheur, sans nous demander, inquiets, quand ce bonheur va s’arrêter. 

Mais, même heureux, on peut avoir conscience du passe, notamment lorsque l’on feuillette les journaux… 

Ce matin, nous ouvrons POLKA. C’est un trimestriel. Magazine de photos, qui revient notamment sur les clichés qui ont marqué les dernières semaines… 

3 octobre 2018 : démission de Gérard Collomb… Passation de pouvoir. Figé, il serre la main du Premier ministre, mais sans le regarder… On observe la photo. On avait oublié. 

6 octobre 2018 : Palu, Indonésie… Une semaine après le séisme – des milliers de morts, des milliers de disparus – un quartier recouvert d’une chape de chagrin. Morceaux de maisons, du métal, du béton, de la boue. On observe la photo. On avait oublié.

21 octobre 2018 : état du Chiapas au Mexique… 7.000 personnes qui cheminent vers les Etats-Unis… A l’époque, ils ne savaient pas encore qu’ils seraient tous refoulés.

Il y a d’autres douleurs dans la presse ce matin… 

La douleur, la colère des habitants de Marseille...

Plusieurs milliers d’entre eux ont participé à la marche blanche organisée en hommage aux huit victimes de la rue d’Aubagne… Des immeubles insalubres qui se sont effondrés… On a entendu des « Gaudin, démission ! » et même des « Gaudin, assassin ! » Des Marseillais « en deuil », titre à sa Une la PROVENCE, qui publie un très beau supplément de 20 pages, « Marseille fraternelle »… Avec autant de force que la douleur et la colère, la solidarité a su, elle aussi, s’exprimer.

Une autre colère dans LE MONDE. 

La colère de l’écrivaine Leïla Slimani, 

Représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la Francophonie, elle lui reproche ses propos à propos des migrants… Mardi, à Verdun, celui-ci a été interpellé par un ancien combattant.

Quand mettrez-vous les sans-papiers hors de chez nous ?

A quoi, le chef de l’Etat a répondu qu’il allait « continuer le travail », et que ceux qui viennent en France alors qu’ils peuvent vivre librement dans leur pays, il fallait les raccompagner… Pour Leïla Slimani, le président de la République aurait dû rappeler que les sans-papier ne sont pas des figures abstraites sur lesquelles on peut allègrement se défouler… 

Ce sont des exilés, des travailleurs de l’ombre, des invisibles qui n’ont peut-être pas de papiers mais qui ont des droits. 

Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016 pour son roman « Chanson Douce »… 

A ce propos, je vous conseille de jeter un œil au dessin de Terreur Graphique dans LIBÉRATION… C’est un écrivain déprimé qui discute avec un ami… 

Bon, c’est râpé pour le Goncourt, le Renaudot, le Fémina et le Médicis, je suis dégoûté… 

Son ami se fait rassurant.

Mais mon vieux, les gens se foutent des prix ! Le seul qui les intéresse, c’est celui de l’essence ! Colle ton bouquin chez Total : pour un plein de gazole, mon roman offert et là, bim, t’es une star ! 

Le prix de l’essence. Là encore, une autre colère. 

Une colère qui dure et pourrait bien gâcher les prochaines semaines du chef de l’Etat. 

Emmanuel Macron qu’on retrouve à la Une du PARISIEN… Il est en train de discuter avec Donald Trump, lequel fait également la Une du JOURNAL DU DIMANCHE – cette fois, la photo le montre devant un micro, l’index pointé vers l’assistance…

« Pourquoi Trump nous menace »

C’est le titre de l’hebdomadaire, avec un dossier de six pages consacré à la politique et au tempérament du président américain… Sécurité, économie, climat, libertés… Le journal détaille les risques que Donald Trump fait courir au monde et à la France… Trump qui, selon le JDD, déstabilise la planète à coups de tweets et d’invectives… Un diplomate témoigne. 

Je l’ai entendu dire que l’Europe était pire que la Chine. Trump est d’une ignorance abyssale… Le fric est le seul critère qui vaille pour lui… 

Dès lors, comment lui faire comprendre qu’il se trompe parfois ? « 11 novembre, c’est l’autre front de Macron », commente LE PARISIEN, qui précise que le président de la République entend profiter de la commémoration de l’armistice de 1918 pour faire entendre la voix de l’Europe face à Poutine et… Trump.

Le centenaire de l’armistice, c’est évidemment l’autre grand sujet à la Une. 

Toute la presse rend hommage aux soldats de la « Grande Guerre ».

L’ARDENNAIS publie 300 photos de famille envoyées par ses lecteurs… « Mon poilu, ce héros »… D’autres récits dans LE COURRIER DE L’OUEST : « Ils étaient les poilus »… Et ils nous ont laissé « la mémoire en héritage », écrit à sa Une L’EST ECLAIR… D’autres hommages dans les hebdos, et pour l’occasion, le site de presse de la Bibliothèque Nationale de France republie dix journaux du 11 novembre 1918… LE POPULAIRE DE PARIS, LE PETIT JOURNAL, LE MATIN… En vente sur le site RetroNews… Comme un voyage dans le temps… 

Le temps qui paraît n’avoir aucune prise sur un homme dont on trouve la photo dans LE PARISIEN… 

Le champion cycliste Robert Marchand aura bientôt 107 ans.

Il se rappelle encore les cloches sonnant pour l’armistice de 1918, alors qu’il n’avait lui-même que six ans… Il raconte ses souvenirs dans les colonnes du journal, et l’entretien se termine par cette phrase optimiste.

J’écrirai un jour un livre sur tout ce que j’ai traversé… Mais j’ai encore toute la vie devant moi pour le faire… 

La phrase est magnifique et, en plus, ce dimanche, il devrait faire très doux.

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