On a coutume de dire que les journaux ne sont pas là pour parler des trains qui arrivent à l’heure. Leur rôle est plutôt de raconter ce qui ne va pas, ce qui dysfonctionne… Et, ce matin, nous en avons une belle illustration. C’est un peu triste à dire, vraiment, mais tout parait aller mal quand on feuillette la presse…

« Papa fait du foot, maman passe le balai ! » C’est le titre de la chronique de Tania de Montaigne dans LIBÉRATION. Percutante et ciselée, comme le sont toutes ses chroniques. Ici, elle s’intéresse à une vidéo. 

Une vidéo de Cristiano Ronaldo, qui montre la star du football jouant avec son fils âgé d’un an-et-demi. 

Le petit s’appelle Mateo, il est terriblement mignon, et renvoie la balle que lui lance son père dans une salle de jeu qui doit faire, sourit-elle, « environ 8250 mètres carrés »… L’écrivaine décrit la scène, et précise que son intérêt n’est pas au premier plan, mais plus loin, un peu en arrière…« Dans le fond, on aperçoit une fillette en grenouillère qui, elle, n’intéresse personne, mais reproduit à l’identique les gestes du petit garçon… » Il s’agit vraisemblablement d’Eva, la sœur jumelle de Mateo, et elle tire dans un ballon imaginaire, celui qu’elle aimerait recevoir mais qui n’arrive pas… La fillette joue dans le vide et, au bout d’un moment, de guerre lasse, s’en va chercher un petit kit de nettoyage sur roulettes… Elle s’approche du balai, comme « une mini Cendrillon »…  

Les jouets, a priori, ont pour but de favoriser l’imaginaire et la créativité des enfants… Et, dès lors, Tania de Montaigne s’interroge et nous propose un test – attention expérience violente : « Munissez-vous d’un balai, passez-le sur une surface de votre choix, puis notez sur une échelle de 0 à 10 l’intérêt que vous avez éprouvé en effectuant cette activité ! » A ce jour, précise-t-il, l’essentiel des réponses se situe entre 0 et 0… Juste chronique marquée par cette évidence : « Même enfant de millionnaire, une fille reste une fille ».

Et, quand elles grandissent, les filles risquent, bien plus que les garçons, de se faire importuner…  

Sur Twitter, des avocats profs de droit auraient harcelé des étudiantes.

Ce sont les récits de Marion, de Sophie, de Pauline, d’Alexia, qui racontent les agissements de deux hommes… Deux avocats, deux profs de droit, qui auraient donc usé de leur position dominante pour les draguer lourdement… Des compliments sur leur physique, des regards appuyés au niveau du chemisier, des incitations à s’habiller moins chaudement… Des messages passés minuit et des propositions de stage, en précisant que la stagiaire devra être sexy, pour donner envie à l’avocat de se dépasser… Menace de ne pas corriger la copie d’une étudiante si elle refuser d’envoyer une jolie photo d’elle… Et les jeunes filles concernées se sentent coupables ne pas avoir su mettre le holà plus rapidement… La fac de Nanterre a été alertée sur l’un des cas, mais le professeur avocat n’a pas été sanctionné. L’argument, c’est qu’il s’agit d’histoires entre adultes. 

D’un côté, il y a pourtant des harceleurs. Visiblement, tout le monde n’a pas eu connaissance du mouvement MeeToo.

Et certains vont même plus loin. 

Peut-on exiger un loyer différent selon le sexe du locataire ?

Ça, c’est l’histoire hallucinante qu’on lit dans CAUSETTE… L’histoire de Lola, qui a reçu de la part de son propriétaire une missive, disons, assez croquignolette, dans laquelle le bonhomme lui réclame un complément de charges au motif suivant, accrochez-vous : « En fait, le montant de 17 euros de charges correspond à la consommation en eau d’un garçon – aux environs de 18 à 25 mètres cube. Mais pour une fille, en général, faut compter entre 30 et 35 mètres cube ! » C’est sûr, vous, Patricia, vous vous douchez bien plus qu’Eric… Peut-être même que vous prenez des bains… 

On connaissait la charge mentale des femmes. Voilà désormais la charge locative. Totalement délirant.

Dans LE PARISIEN, ce n’est pas d’eau mais de courant qu’il est question… « La fronde s’organise contre la hausse du prix de l’électricité » … Des associations de consommateurs ont écrit au président de la République pour qu’il renonce à l’augmentation programmée de près de 6% en juin, et menacent de saisir le Conseil d’Etat.

Emmanuel Macron qu’on retrouve dans LE FIGARO. 

« Après le grand débat, Macron a l’heure du choix »

C'est le titre en Une du journal, qui précise que les réunions s’enchaînent autour du chef de l’Etat, lequel s’est enfermé à l’Elysée depuis trois jours… Il prépare une intervention qui doit intervenir en début de semaine prochaine… Derniers préparatifs avant allocution. 

Alors, on ne sait pas encore ce qu’il dira, mais quand on feuillette la presse, on a, par moments, l’impression, que tout va mal dans le pays…

La Une du PARISIEN est consacrée aux trottinettes. A priori, c’est très sympa, la trottinette, mais elles sont de plus en plus nombreuses dans les rues de Paris et, parfois, c’est dangereux… Face à la multiplication des accidents qui impliquent des trottinettes électriques, les compagnies d’assurance tirent la sonnette d’alarme et les élus préparent de nouvelles réglementations… 

Autre problème à la Une de PRESSE OCÉAN… C’est « l’inquiétante énigme des éoliennes de Nozay »… Elles pourrissent, lit-on, la vie des riverains : migraines, insomnies, crises d’épilepsie, et un éleveur a même perdu 300 vaches… L’Etat mène l’enquête.

Dans L’ALSACE, on nous explique que les facteurs en ont marre de se faire mordre par des chiens… L’an dernier, 20 attaques de chien ont été recensées dans le département. 

Dans LA PRESSE DE LA MANCHE, c’est la disparition des services publics en campagne… Résultat : de plus en plus de maires mettent en vente les bâtiments communaux… Des bureaux de Poste notamment.

La grande précarité fait la Une des quotidiens du Nord.

La Une de NORD ÉCLAIR et de LA VOIX DU NORD… Avec cette même question : « Comment une femme a-t-elle pu accoucher dans la rue à Lille ? » Un élément de réponse dans LE COURRIER PICARD, qui nous apprend que l’hébergement d’urgence est totalement saturé à Amiens.

Dans L’EST ÉCLAIR, on parle maltraitance animale… Neuf chevaux affamés sauvés in extremis grâce à la SPA… Dans INDÉPENDANT, on parle de surpopulation carcérale. Un taux d'occupation record à la prison de Perpignan… Taux inédit depuis 15 ans.

Enfin, les violences faites aux femmes font la Une de VAUCLUSE MATIN, qui revient sur les obsèques de Céline Souliers, policière municipale avignonnaise de 32 ans, tuée par l’un de ses collègues la semaine dernière. Une jeune femme pleine de vie, passionnée de sport et de tenues vintage... Une jeune femme lumineuse et douée d’un grand courage, a-t-on entendu lors de la cérémonie d’hommage. Nous voulions, ce matin, lui rendre hommage aussi.

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