Prends ta douche ! Viens manger ! Ne mets pas tes coudes sur la table ! Tiens-toi droit ! Fais tes devoirs ! Lève le nez de ton portable, regarde-moi quand je parle ! Ces phrases-là, les enfants les entendent en permanence… Et, si jamais ils refusent d’obtempérer, on s'énerve en lançant "Dis donc, tu pourrais obéir !"

C’est le principe de l’éducation : on obéit à ses parents. On doit obéir aux adultes… Et plus tard, lorsque l’on grandit, on se soumet à d’autres autorités ; celle de la police, de la justice, de la loi… Mais « ce qui est légal n’est pas forcément légitime », relevait le philosophe américain Henry David Thoreau, concepteur et pionner de la désobéissance civile. Une citation qu’on retrouve sous la plume de Pascal Greboval, dans l’édito de la revue écolo KAIZEN. 

Quand Antigone désobéit au roi Créon, c'est parce qu’elle préfère la sagesse aux lois de son oncle. Et quand, pendant la Seconde Guerre mondiale, des Français cachaient des Juifs, c’est parce qu’ils agissaient en fonction de ce qui leur semblait juste, refusant d’obéir à des lois iniques.

C'est de désobéissance qu’il est donc question dans cet intéressant numéro : désobéir pour sauver la planète. Reportage au sein du mouvement Extinction rebelle, qui prône la rébellion contre l’extinction du vivant… Rencontre avec "les décrocheurs", ceux qui ont décroché dans des mairies des portraits du chef de l’Etat. Une action symbolique pour dénoncer l’inaction climatique des pouvoirs publics… « Un devoir moral », expliquent-ils. Huit d’entre eux étaient jugés mercredi à Paris. Ils comparaissaient pour "vol en réunion", un délit passible de cinq années de prison et 75.000 euros d’amende. Finalement, le procureur n’a requis que  1.000 euros d'amende, dont 500 assortis d'un sursis simple.

Pour Patrick Balkany, en revanche, les peines prononcées hier soir ont été bien plus lourdes. Ce matin, son visage s'affiche à la Une de nombreux journaux. 

« Fin de partie pour Patrick Balkany »

C'est le titre de SUD OUEST. « Fini de rire », confirme LIBÉRATION CHAMPAGNE... « Patrick Balkany dort en prison », précise de son côté L'ECHO DE LA HAUTE-VIENNE... Ce qui donne, sur le site LES JOURS : « Balkany ; et surtout la Santé »... En l'occurrence, la prison de la Santé, où le maire de Levallois a été incarcéré, après sa condamnation à quatre ans de prison ferme et dix ans d'inéligibilité pour fraude fiscale... Une fraude d’environ 4 millions 300 000 euros. Trois ans de prison ferme pour Isabelle, son épouse, mais pour elle, pas de mandat de dépôt. Leurs avocats ont fait appel, dénonçant des sanctions disproportionnées. Marie-Christine Tabet dans l’édito du PARISIEN, analyse la situation.

Il est sans doute dommageable qu’un homme de 71 ans, inoffensif pour la société, se retrouve provisoirement derrière les barreaux. C’est, malheureusement le lot de nombreux justiciables. Mais ce qui est plus dommageable encore, c’est que cette décision judiciaire soit plus commentée que les raisons même de cette condamnation.

Ce sont justement ces raisons que détaille Laurent Joffrin dans son billet de LIBÉRATION. Et puis il évoque leur comportement.

Outre les faits eux-mêmes, accablants, c’est aussi leur attitude qui reçoit une sanction abrupte. Cyniques, hâbleurs, impudents, les époux Balkany avaient nargué la justice avec une arrogante faconde propre à indisposer le plus indulgent des magistrats.

Leur condamnation, estime le patron du journal, semble montrer que la justice entend dorénavant traiter les contrevenants indépendamment de leur notoriété.

Personne parmi les plus puissants qui jouent avec la loi n’est plus désormais à l’abri. 

Il est donc risqué de désobéir aux services fiscaux. 

Dans LE MONDE, vous lirez le compte-rendu d’un autre procès. 

Un sexagénaire condamné à 15 années de prison pour le meurtre de sa femme

C’était à Grenoble et il a donc été reconnu coupable de "violences volontaires ayant entrainé la mort de son épouse". Il faut lire ce papier de Pascale Robert-Diard, qui nous raconte le meurtre d’un homme qui n’avait, dans le passé, semble-t-il, jamais frappé sa femme, mais elle décrit aussi le visage et les mots d’un garçon ; Edouard, 18 ans, mais 13 ans au moment du drame. 13 ans lorsque son père a donc tué sa mère. On le fait venir à la barre. 

-         Comment allez-vous aujourd’hui ?

-         Je n’en sais rien.  

-         Avez-vous envie de savoir ce qui s’est passé ?

-         Oui et non. Mais position dans ce procès, c’est de rester neutre.

L’avocat général insiste. 

-         Peut-on rester neutre face à la mort de sa maman ? 

Réplique du fils.

-         Peut-on être neutre quand on a son père dans le box des accusés ? 

A l’annonce du verdict, Edouard est resté de longues seconds figées sur les bancs du public. Puis il s’est réfugié en larmes, dans un coin de la salle des pas perdus du tribunal. 

La détresse d’un fils. Et celle d’une femme dans LES DERNIÈRES NOUVELLE D’ALSACE. Blessée à l’arme blanche, plusieurs coups de couteau assénés par son ex… Les violences conjugales, il en est aussi question dans LA PROVENCE : dans les quartiers Nord de Marseille, cinq nouveaux enquêteurs ont été détachés pour travailler sur le sujet, mieux accueillir et répondre aux victimes. 

Marseille, où une femme est morte le 2 décembre dernier.

Une marche en hommage à Zineb Redouane

Zineb Redouane est décédée à 80 ans, au lendemain d’un tir de grenade, reçue alors qu’elle était à sa fenêtre en train de téléphoner. Le tir d’un policier lors d’une manifestation des gilets jaunes, lequel policier n’a vraisemblablement toujours pas été identifié. Ce matin, LIBÉRATION brosse le portrait de sa fille, Milfet Redouane, 42 ans, qui désormais consacre tout son temps à chercher la vérité pour rendre justice à sa mère… Elle en veut au pouvoir en place, messieurs Castaner et Macron… 

Comment peuvent-ils dire que ma mère n’est pas morte à cause de la blessure par la grenade lacrymogène ? Qu’il n’y a pas eu de morts en marge des manifestations des Gilets jaunes ? Qu’on ne peut pas laisser dire que madame Redouane a été tuée par la police ? Ma mère était en train de préparer une soupe de légumes chez elle et ne réclamait rien.

Demain, une marche silencieuse est organisée en hommage à Zineb Redouane, à Marseille et dans d’autres villes. 

Quant aux Gilets jaunes, ils vont manifester de nouveau ce samedi, notamment à Lyon et ce, "malgré l’interdiction" de la préfecture relève LE PROGRÈS. Là encore, une histoire de désobéissance. 

Dans MIDI LIBRE, c’est cette fois un sourire qui fait la Une. 

« Dépistage d’Alzheimer : son test va tout changer »

Le large sourire d'un chercheur de Montpellier (nous en avons déjà parlé sur France Inter) : Romain Verpillot, qui a donc imaginé un test pour un dépistage anticipé de la maladie. Un test sanguin mis au point en liant neurosciences, chimie et mathématiques. Une première mondiale bientôt mise sur le marché, et qui pourrait bouleverser l’approche thérapeutique des patients. 

Enfin, on sourit également à la lecture du PARISIEN, qui nous apprend que la société SeaBubbles a été autorisée à tester son bateau sur la Seine… Un bateau qui ressemble à une voiture volante, il navigue sans toucher l’eau, propulsé par l’énergie électrique… Véhicule non polluant, qui pourrait être commercialisé dès le printemps prochain. Et si jamais vous montez dessus avec des enfants, n’oubliez pas de leur dire d’obéir au capitaine !

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