« La solidarité est une force. » Cette phrase est le slogan d’une mutuelle d’assurance. Mais n’est-ce qu’un slogan ? Non : une réalité, se dit-on en lisant l’histoire de Walid.

Walid est arrivé du Maroc en 2014, avec un visa étudiant. Il obtient son bac à 16 ans, enchaîne avec une classe préparatoire puis deux années à la fac, avant de se réorienter vers un BTS en informatique au lycée Auguste-Blanqui à Saint-Ouen. Il habite chez son oncle et sa tante, qui sont français. Mais mercredi matin, la police le contrôle à la gare Saint-Lazare à Paris. Il n’a pas sur lui sa carte d’étudiant, et plus de titre de séjour. Ce dernier n’a pas encore été renouvelé, car les services de Seine-Saint-Denis sont saturés. Il est alors envoyé au centre de rétention de Vincennes. Il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Il fait appel de la mesure et ses proches se mobilisent pour éviter son expulsion. Récit de Nada Didouh sur LE BONDY BLOG. 

Ses copains et ses professeurs se mobilisent

Des banderoles, des tracts, une cagnotte pour payer les frais d’avocat… Ils expliquent que Walid est le meilleur de sa promo. Ils expliquent que, souvent, ils ne sont pas au courant des problèmes de leurs élèves. Parce qu’ils les taisent, les cachent, leurs problèmes, les élèves. Il y a deux ans, une lycéenne s’endormait constamment en cours. Ses profs ont découvert qu’elle était sans domicile fixe. Jeudi, l’équipe enseignante a donc organisé un rassemblement pour alerter sur la situation du futur informaticien. Le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision hier. Finalement, la mesure a été annulée. Walid a été libéré. 

Non, les profs ne savent pas toujours les difficultés de leurs élèves. 

Autre illustration dans LE MONDE ce matin. 

Interview de la présidente de l’Université de Lyon-II

L’université où étudiait le jeune homme qui s’est immolé par le feu, il y a huit jours, devant les bâtiments du Crous, expliquant son geste en évoquant ses difficultés financières. Parce qu’il triplait sa deuxième année, il avait perdu à la fois sa bourse et sa chambre en cité U... Il est, depuis, entre la vie et la mort. Sur les réseaux sociaux, on a pu lire les pires choses à son sujet. Que c’était un flemmard et que les aides qu’il recevait servaient surtout à financer ses activités syndicales. Mais Nathalie Dompnier, présidente de la fac, le présente autrement.

Sur le plan des études, il venait en cours, il était présent.

Du reste, rappelle-t-elle, le jeune homme était très impliqué dans la vie de l’établissement. 

Il a toujours été dans une démarche d’échange et de dialogue constructif.

Elle estime également qu’il y a "une dimension politique indéniable dans son acte", un geste de désespoir qui appelle à ouvrir au plus vite la réflexion pour améliorer les conditions de vie et de travail des jeunes à l’Université. Ses profs ne savaient rien de la précarité de ce jeune-homme. Mais, d’après Nathalie Dompnier, de nombreux indices montrent que celle-ci progresse. La précarité progresse chez les étudiants.

Des étudiants dorment dehors, sont en fragilité sur le plan de leur santé, ils n'ont plus les ressources pour vivre décemment ; des étudiants ne peuvent assister à des cours, car ils doivent travailler. Nous avons aussi des étudiants qui ont faim.

Heureusement, par endroits, reste la solidarité. Voir l’initiative dont se fait l’écho LE PETIT BLEU ce matin.

Un frigo solidaire à Agen

La population peut désormais venir librement y déposer ou y prendre des denrées alimentaires. Moyen donc, d’aider ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un manger, et moyen de lutter, dans le même temps, contre le gaspillage.  

C’est souvent la presse régionale qui nous offre ces histoires-là. Du lien social et des personnes qui s’investissent pour les autres. Dans OUEST FRANCE, c'est le portrait d’Elodie, une jeune et dynamique animatrice en maison de retraite. Son objectif : maintenir la vie sociale des plus âgés. Partager avec eux des histoires et des émotions… Une forte émotion, justement. C'est ce qu’on ressenti, quand ils se sont rencontrés, Michel et Renée. Renée, 87 ans, résidente de l’Ehpad de La chapelle-Saint-Luc, dans l’Aube. Michel, 78 ans, résident de la même structure. Tous deux sont tombés amoureux et viennent de se fiancer, et cela donne le sourire à L'EST ECLAIR : "Coup de foudre à la maison de retraite"

Il est également question d’un mariage dans LE PARISIEN. Celui de Christian et Nathalie, qui convoleront en justes noces l’été prochain. Et c’est sur un rond-point que Christian a rencontré ses deux futurs témoins de mariage, Denis et Chantal… Sur un rond-point, car tous les trois sont Gilets jaunes. Un noyau dur de copains s’est constitué les mois passants. Ils font des gueuletons le weekend, chez les uns, chez les autres, comme en témoigne Denis. 

En fait, dans cette mobilisation, ce qu’on a surtout gagné, ce sont des amitiés.

Du jaune, il y en a beaucoup sur les Une ce matin. C’est l’anniversaire du mouvement. Partout, la même interrogation.

Un an après, que reste-t-il des Gilets jaunes ?

Une question qu'on retrouve en Une de LA VOIX DU NORD, L’UNION, LA PRESSE DE LA MANCHE… Pour y répondre, les journaux ont donc interviewé les intéressés, ceux qui étaient là dès le début, sur les ronds-points ou dans les premières manifestations. La colère toujours présente, doublée souvent d'une très forte amertume. L’impression que le combat n’a pas rapporté ce qu’il aurait dû rapporter. Certains ont lâché l’affaire. D’autres restent mobilisés, et défileront cet après-midi. Question de LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES : "Jaune pâle ou jaune pétard ?" Autrement dit : combien de gilets dans les rues aujourd’hui ? "Des coups d’éclat sont redoutés", prévient LE FIGARO. Si, douze mois après le déclenchement du mouvement, la mobilisation est en chute libre, note le quotidien, "des irréductibles vont tenter des actions isolées". Et "le gouvernement vit dans la hantise d’une nouvelle éruption", nous explique LE MONDE, sous ce titre "Macron sous pression, un an après les Gilets jaunes"

Selon le journal, l’exécutif craint, par-dessus tout, une coalition des mécontentements le 5 décembre, journée de protestation contre la réforme des retraites. "Brigitte a les pétoches !", souffle un familier du couple Macron dans les colonnes du PARISIEN. Il rappelle que l’épouse du chef de l’Etat s’était vue comparée l’an passée à Marie-Antoinette, promise à l'échafaud par une femme en chasuble jaune. 

Enfin, le visage d’une actrice s’affiche à la Une du MONDE et de LIBÉRATION. 

Cinéma français : la crise de conscience

C’est le visage d’Adèle Haenel qu'on retrouve dans les deux journaux, laquelle a témoigné la semaine dernière dans MEDIAPART, racontant les attouchements d’un cinéaste alors qu’elle n’avait que 12 ans. "Le cinéma français et le choc Adèle Haenel", souligne LE MONDE en évoquant le malaise qui a gagné le milieu. Le mot "choc" également dans LIBÉRATION : "la profession est sous le choc des récentes révélations d’Adèle Haenel, et de la nouvelle accusation de viol visant Roman Polanski"

Désormais, chacun s’interroge sur les mesures à prendre pour lutter contre les violences sexuelles dans le cinéma. Des "petites mains" témoignent. Scriptes, maquilleuses, costumières : elles racontent les gestes déplacés de certains comédiens, les remarques sexistes et propositions indécentes de certains techniciens. Elles racontent également pourquoi, la plupart du temps, elles se taisent. La peur d’être blacklistées, de ne plus être appelées sur les tournages. 

La solidarité n’est pas encore le maître-mot dans le milieu du cinéma. 

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