Une carrure imposante, une mâchoire de guerrier : Sébastien Boueilh est un solide gaillard de 40 ans… Physique de rugbyman, et il fut rugbyman, un brillant talonneur formé dans ses Landes natales. Il a grandi dans un village près de Dax… Là-bas, le ballon ovale, c’est une tradition.

Une mère agent d’entretien, un père policier municipal, et c’est le mari de sa cousine de Sébastien qui l’emmenait aux entraînements… Il était drôle et très gentil, tout le monde l’adorait, et Sébastien aussi… Mais un jour, le jeune homme arrête sa voiture dans les bois. Sébastien a 11 ans. Le mari de sa cousine le viole. Et il le refera par la suite chaque vendredi. Les viols dureront quatre ans.

C’est dans LE PARISIEN DIMANCHE que l’ancien rugbyman raconte son histoire.

Une enfance massacrée par un prédateur, un homme de sa famille.

Il raconte le traumatisme et le silence.

Le jour du premier viol, je suis mort émotionnellement. 

Il raconte la fuite dans la violence. A l’école, Sébastien devient harceleur… Il cogne un camarade de classe. Puis ses années sportives sont un mélange de mêlées, de plaquages, de cuites et de gueules de bois… jusqu’à la veille de ses 30 ans, où il apprend que deux de ses amis d’enfance ont, eux également, été abusés par celui qu’on trouvait si drôle et si gentil.

Après 18 ans de silence, la parole se libère : Sébastien et ses deux amis d'enfance portent plainte.

Sébastien arrête le rugby, puis tombe en dépression… Son violeur est condamné en 2013 à dix ans de prison. Finalement, il a été libéré l’an dernier et Sébastien Boueilh dit qu’il appréhende de le croiser, même s’il se sent plus fort, beaucoup plus fort qu’avant, depuis qu’il a lâché son boulot de commercial pour une occupation certes moins lucrative, mais plus réparatrice. Il y a cinq ans, l’ex-talonneur a monté une association, Colosse aux pieds d’argile, et, depuis, il parcourt les routes de l’Hexagone afin d’expliquer aux plus jeunes, aux enfants, qu’ils doivent parler quand certains, des adultes, touchent des endroits de leur corps que personne n’a le droit de toucher…

« A ceux qui ont un secret qui les rend malheureux... »

C’est le titre de ce très beau reportage que signe Elsa Mari… Sébastien Boueilh explique son parcours dans les écoles et les centres sportifs. Il met en garde contre les prédateurs pédophiles et, souvent, très souvent, cela déclenche des témoignages… Il y a quinze jours, en Lozère, une fillette lui a confié que son père la violait, comme sa sœur handicapée… Cinq minutes plus tard, un garçon lui a lâché le même secret. Ils sont, en réalité, frère et sœur et ne savaient pas qu’ils étaient tous les deux abusés. Dans ces cas-là, Sébastien alerte les établissements, puis les met en relation avec des psychologues. Il fait aussi des signalements au procureur… 

A ce jour, son association a déjà accompagné  1 300 victimes, et un quart des témoignages reçus viennent du milieu sportif. Les statistiques font l’effet d’une gifle : en France, 17% des athlètes disent avoir été agressés sexuellement.

Et dans l’église, combien de victimes ?

Difficile à savoir, tant, là également, la parole se libère difficilement. Cela étant, il y a de plus de plus de victimes qui parlent… Multiplication des affaires de pédophilie, et un fait historique hier : un cardinal américain défroqué par le pape… Théodore McCarrick, qui avait agressé un adolescent, a été exclu hier de l’Eglise catholique… Un prélat influent, et bizarrement très engagé dans la lutte… contre la pédophilie… 

Il y a aussi l’affaire de l’ambassadeur du pape en France, Monseigneur Luigi Ventura soupçonné d’agression sexuelle… Une plainte a été déposée par un jeune cadre de la mairie de Paris et, à travers le monde, depuis les années 2000, des enquêtes accablantes pour l’église catholique ; en Irlande, en Allemagne ou encore en Australie… C’est à lire dans LE JOURNAL DU DIMANCHE qui fait même sa Une sur le sujet… Photo pleine page du pape François, sous un titre finalement plutôt optimiste.

« Pédophilie : la semaine qui va tout changer. »

Le pape réunit un sommet pour prévenir les abus sexuels, jeudi, au Vatican, et des victimes de prêtres pédophiles vont venir témoigner... Sous la pression des scandales, note l’hebdomadaire, la hiérarchie catholique pourrait proposer des réformes, comme l’allongement de la prescription… 

« La question de l’imprescriptibilité se pose », reconnaît dans le journal le président de la Conférence des évêques de France, avant d’assurer que « la hiérarchie n’est pas la seule coupable… Des parents très chrétiens ont aussi empêché leurs enfants de parler… » Et lui, c’est la sortie d’un film, sortie prévue mercredi, qu’il aimerait empêcher : Grâce à Dieu, le film de François Ozon, qui vient d’obtenir le Grand Prix du jury à la Berlinale, un film  consacré à l’affaire du père Prénat, qui n’est pas encore jugée… Au nom du respect de la présomption d’innocence, certains souhaitent que la sortie soit décalée… La justice se prononce demain.

Un autre homme d'église est, ce matin, dans LE COURRIER PICARD.

Quand l'église devient maison du peuple. 

Il s'agit du curé de Belloy-sur-Somme, l’abbé Jouy, auquel le journal consacre même une page entière de son édition dominicale… Pourquoi un tel honneur ? Eh bien, car vendredi, il a ouvert son église pour accueillir une rencontre du fameux « grand débat national »… Les paroissiens ont adoré, et même des Gilets jaunes ses sont déplacés… Le curé en soutane la joue pourtant modeste... 

Je n’ai pas du tout le sentiment d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire. J’ai simplement agi en tant que citoyen… » 

N’empêche, il a eu doit à plusieurs reportages des télévisions nationales… Des réunions publiques qu’on retrouve aussi en Une du PARISIEN, qui évoque un « bilan plus qu’encourageant »… Près de 4 000 rencontres ont été organisées dans le pays, et même à l’étranger pour les expatriés… Il y en a 4 000 autres à venir, et celles avec le président de la République réalisent des scores d’audience exceptionnels sur les chaînes d’info… Ajoutez à tout cela les 900 000 contributions déposées sur le site Web, et vous obtenez – je cite le journal : « une opération jamais vue depuis les cahiers de doléances de l’Ancien régime finissant ».  Succès tel que l’exécutif envisage de poursuivre l’opération au-delà du 15 mars… « Débat un jour, débat toujours ? » s’interroge le PARISIEN… Débats organisés pour tenter d’éteindre l’incendie du mouvement des Gilets jaunes…

La 14ème journée de mobilisation des Gilets jaunes.

« Moins là, mais toujours là », résume CENTRE PRESSE, tandis que LE MAINE LIBRE évoque de nouvelles scènes de saccage et de vandalisme au Mans où certains s'en sont pris à la permanence d'un député… Autres violences : celles subies par Alain Finkielkraut à Paris, des insultes antisémites en marge de la manifestation… _« Barre-toi, sale sioniste de merde ! Retourne à Tel-Aviv ! »_Les insultes ont été filmées, et la vidéo a suscité l’indignation de la quasi-totalité de la classe politique… Le philosophe commente dans les colonnes du JOURNAL DU DIMANCHE.

J’ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n’est pas la première fois. 

Dans le même journal, deux pages plus loin : interview de Pinchas Goldschmidt, le président de la Conférence des rabbins européens, qui analyse la recrudescence des actes antisémites en France et dans le reste de l'Union. De l'interview, on retient un chiffre : en 10 ans, le nombre de Juifs en Europe est passé de 2 millions à 1 million 600 000... On retient également cette phrase d'Elie Wiesel. 

Auschwitz n'a pas été construit avec des briques, mais avec des mots.

Heureusement, la presse régionale nous offre quelques sujets plus légers…

  • Le succès des cafés-tricot à la Une du MAINE LIBRE…
  • La passion des trains électriques à la Une de L’EST ÉCLAIR…
  • Des hôtels insolites à la Une de PRESSE OCÉAN… Une maison en bois finlandaise, une yourte, une réserve d’animaux…

Et puis, alors que FEMINA nous invite, pour garder la forme, à tester le bain de glace, LE PARISIEN nous liste les vertus du beau temps : c'est bon pour le moral, on dort mieux et, en plus, ça stimule la libido !

Parfois, ça fait du bien de parler un peu de la météo.

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