En France, on parle de plus en plus des joueuses de football. Certains disent "football féminin", alors que le sport est le même, qu’il soit pratiqué par des hommes ou par des femmes. Joueuses d’aujourd’hui, joueuses d’hier. On parle d’Amandine Henry, Corinne Diacre, Marinette Pichon, Louisa Cadamuro, Sakina Karchaoui.

Aucune n’a la notoriété des joueurs de football – ni même leur salaire, soit dit en passant – mais la presse, désormais, leur accorde davantage de place et d’intérêt…  Une évolution que l’on perçoit d’ailleurs dans de nombreux pays, à l’instar du Mexique où les matchs féminins – je pense qu’on peut dire "matchs féminins" – rencontrent un formidable succès ces dernières années… Records d’affluence dans les stades. Un succès que l’on doit notamment à une joueuse : Marbella Ibarra, joueuse professionnelle qui, comme on peut le lire dans LE MAGAZINE L’EQUIPE, dirigeait depuis quatre ans l’équipe féminine de la ville de Tijuana.

Mais si l’hebdomadaire nous parle d’elle ce matin, c’est pour une triste raison.

Marbella Ibarra a été retrouvée assassinée le mois dernier.

C’était le 15 octobre, à Rosarito, une station balnéaire proche de Tijuana… Son corps était enveloppé dans une bâche, ceint de ruban adhésif, les membres ligotés et une profonde coupure au cou… Pour l’heure, ni les auteurs, ni les raisons du crime n’ont été identifiés… Mais ce qui interroge, écrit Thomas Goubin, c’est surtout le mutisme assourdissant du pays sur le sujet… Son club n’a même pas décrété une minute de silence pour lui rendre hommage… Marbella Ibarra serait victime d’une double indifférence. D’abord, l’indifférence envers l’œuvre des femmes pour la promotion du sport. Ensuite, l’indifférence envers les violences faites aux femmes… 

Dans l’Etat mexicain de Basse-Californie, là où est situé Tijuana, plus de 200 femmes ont été assassinées depuis le début de l’année… 

Il est également question de foot dans les pages de L’EQUIPE - le quotidien, cette fois.

Le football comme consolation, avec l’histoire du petit El Amine.

Un petit bonhomme dont la mère est morte, le 5 novembre à Marseille, enfouie, comme sept autres personnes, sous les décombres des immeubles qui se sont effondrés rue d’Aubagne… A ce propos, lisez le reportage du Monde : Ariane Chemin et Gilles Rof ont arpenté la rue d’Aubagne… Ils nous disent l’histoire de cette rue, les histoires de ses habitants, leur quotidien et leur immense colère aujourd’hui… Mais consolation, disions-nous, avec le message posté sur les réseaux sociaux par l’institutrice d’El Amine. Elle y écrivait qu’il avait perdu sa maman, mais aussi toute sa vie dans l’effondrement…

Comme tout enfant de son âge, il adore le foot, et bien sûr Kylian MBappé ! Je me disais que ce se serait un super cadeau de l’inviter à vous rencontrer pour ses dix ans !

C’est lundi qu’El Amine fêtera son anniversaire, lundi qu'il fêtera ses dix ans, et Kylian MBappé a entendu le message. Il va l’inviter à Paris. 

MBappé qui est totalement passé à côté de son match hier. C’est toujours à lire dans L’EQUIPE…

Retour sur la défaite des Bleus, battus 2 buts à zéro par les Pays-Bas.

Mauvais match aussi pour Kanté, et Varane n’a pas fait mieux… Les Champions du monde ont subi « un échec cuisant », relate le journal, en précisant cet échec compromet leurs chances de qualification pour la phase finale de la Ligue des nations… 

Commentaire du PROGRES : les Bleus étaient « en panne d’essence »

L’essence dont il est question dans tous les journaux… 

La journée de mobilisation des "gilets jaunes".

On annonce, çà et là, blocages et rassemblements pour dénoncer la hausse du prix des carburants… « Perturbations en vue », titre L’ÉCLAIR DES PYRÉNÉES… L’UNION évoque « une fièvre jaune », ce qui donne « le péril jaune » dans LE COURRIER PICARD… Et le quotidien s’interroge : « Combien seront-ils ? Et que vont-ils faire ? » « Jacquerie ou pétard mouillé ? » questionne LIBÉRATION CHAMPAGNE. « Un blocage, mais de quelle ampleur ? » abonde LA VOIX DU NORD. _« Et sauront-ils s’organiser pour éviter les débordements ? »_renchérit LE COURRIER DE L’OUEST.

Des interrogations qu’on retrouve dans la presse nationale… Là aussi, des dossiers et des Unes sur le sujet… « Gilets jaunes, c’est l’heure de vérité », commente LE PARISIEN… « Emmanuel Macron face à l’inconnue des gilets jaunes », commente LE FIGARO… « C’est le jour le plus jaune », titre LIBÉRATION, qui nous propose une plongée au cœur de cette mobilisation… Des reportages à Lille, à Rennes, à Nice, à Perpignan… Rencontre avec des automobilistes qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour se déplacer… Des hommes et des femmes pour qui la hausse du prix de l’essence est une énième attaque contre leur pouvoir d’achat.

Mais la colère vient de plus loin encore, estime le géographe Christophe Guilluy dans LE PARISIEN.

Cela fait des années que les habitants de la France périphérique – celle des zones rurales et des petites villes éloignées des grandes métropoles – des années que ces Français ne sont plus intégrés politiquement et économiquement. Il y a eu la fermeture des usines, puis la crise du monde rural, le départ des services publics, la désertification médicale… Ce mouvement est une conséquence de tout cela mis bout à bout…

Dès lors, comment sera-t-il suivi ? On le saura dans la journée. Mais ce matin, Laurent Bodin prévient dans son édito de L’ALSACE. 

Si "les gilets jaunes" devaient paralyser une bonne partie du le pays, l’exécutif ne pourrait pas indéfiniment rester sourd à leurs revendications. 

Les journaux reviennent sur les incendies monstres en Californie.

Des incendies qui prennent des proportions hors normes, commente LE FIGARO… Déjà 63 morts et plus de 600 personnes portées disparues… Dans LIBÉRATION, on découvre que des prisonniers prêtent main forte aux pompiers. Environs 3.000 détenus, 12 à 15 par brigades… Ils touchent 2 dollars par jour, à quoi s’ajoute 1 dollar par heure d’opération… Ces détenus sont volontaires, mais des associations dénoncent "un travail d’esclave"… 

Enfin, il est question d’autres prisonniers dans M, LE MAGAZINE DU MONDE.

Un prix littéraire derrière les barreaux.

C’est le Prix Monte-Cristo, lancé le 12 novembre et qui sera décerné en mai par un jury de dix détenus de la prison de Fleury-Mérogis… On dit souvent que c’est avant tout par le sport que les prisonniers parviennent à supporter l’enferment… Par le foot, notamment… Mais les livres permettent aussi de s’évader, comme le note Clémentine Goldszal, qui signe ce papier.

En cellule, comme ailleurs, la lecture déverrouille bien des portes closes...

L'article précise que ce prix, qui sera décerné par des hommes, a été créé à l’initiative de trois femmes, dont l’écrivaine Michèle Gazier. 

Vive le foot, vive les livres… et que vivent les femmes, y compris au Mexique. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.