Derrière la réforme des retraites, un duel Kierkegaard-Montaigne. Netflix, une nouvelle drogue ? Vivre ensemble, selon Ouest-France.

Prenons un peu de hauteur dans le débat sur les retraites.  Oublions un peu Emmanuel Macron, dont la soirée d'hier au théâtre des Bouffes du Nord à Paris a été perturbée par des manifestants (le récit est dans le Parisien). Laissons aussi Philippe Martinez de la CGT, que Le Point a mis en Une avec une mine bien renfrognée... car la retraite est bien plus qu'un système d'assurance collective:   pour Philosophie Magazine,   le bras de fer entre gouvernement et syndicats cache un duel philosophique, entre Kierkegaard et Montaigne.  Kierkegard c'est le système actuel : on ne retient de la vie professionnelle que les grands accomplissements jusqu'au statut final,  parce que l'individu a besoin de transformer le chaos de son existence en un destin. A l'inverse dans le projet du gouvernement, la vie est une série accidentée de circonstances,  à la manière dont Montaigne définit le cheminement de la vie dans les Essais.  Décider laquelle de ces deux visions de l'existence doit orienter la définition d'une retraite n'est pas simple mais le débat mérite d'avoir lieu conclut Philosophie magazine.

La retraite, eux n'y pensent pas, la présidentielle en ligne de mire. Et si Bernard Cazeneuve sortait du bois ? interroge le Parisien. L'ancien premier ministre socialiste devenu avocat sillone la france et ne ferme plus la porte à de nouvelles ambitions.  A droite, c'est François Baroin qui a des fourmis dans les jambes selon l'Express: "éternel indécis", le maire de Troyes devrait donner sa réponse avant l'été. Mais pour Le Figaro, c'est surtout Ségolène Royal qui est déjà en ordre de marche pour 2022: "libérée de sa mission d'ambassadrice des pôle", et malgré l'enquête dont elle fait l'objet après les révélations de Radiofrance sur l'utilisation de ses frais. Pour le journal elle incarne l'adage selon lequel on n'est jamais mort en politique.

Eux jouent les prolongations sur les cours, "trois vétérans qui règnent sans partage sur le tennis mondial". "Ils ont commencé à perdre leurs cheveux avant leur tennis et leurs jambes", mais Nadal, Federer et Djokovic "n'ont pas une prise sans fin sur le temps" prévient l'Equipe qui titre en Une: L'âge pivot. Alors qui pour les pousser à la retraite ? La nouvelle génération des Tsitsipas,  Thiem et Medvedev est-elle enfin prête à  s'offrir un premier grand chelem? La chasse est ouverte annonce le quotidien sportif.

Mais on risque de tousser la semaine prochaine à l'Open d'Australie.  "La fin du monde sera grise. Grise comme le ciel de Melbourne obscurci par la fumée des incendies". Ainsi commence le récit grand format du Monde dans l'enfer des feux australiens. 28 personnes sont mortes, les pertes de faune et de flore sont incommensurables, et la population oscille entre désespoir et colère raconte Christophe Ayad qui a rencontré une espèce pas vraiment en voie de disparition: les climatosceptiques. A l'instar de l'ancien premier ministre Tony Abott: ui qui entre 2013 et 2015 a réduit les investissements dans les énergies renouvelables ou supprimé la commission pour le climat n'a pas changé d'avis, même s'il est aujourd'hui pompier volontaire, en première ligne. A la Une de Libération, "Voyage au bout de la suie", et même constat de la reporter Alexandra Schwartzbrod: entre choc et résignation les habitants sont souvent peu enclins à attribuer les mégafeux au changement climatique. Paris Match nous emmène sur l'ile Kangaroo, qui abrite aussi nombre de koalas. La journaliste Marion Mertens était en vacances en Australie quand les incendies ont éclatés, elle a suivi les bénévoles qui se démènent pour sauver les marsupiaux. Ils ont fini par recevoir hier l'aide de la pluie.

"Netflix la nouvelle drogue" titre l'Express. La plateforme de streaming a inauguré ses bureaux parisiens hier. Reed hastings le patron affirme soutenir la création française et payer ses impôts, mais l'Express analyse surtout comment "en moins de cinq ans, Netflix s'est installé dans nos vies, bouleversant nos loisirs et nos rapports sociaux". "Tout est fait pour inciter l'utilisateur à rester derrière son écran sans qu'il se rende compte des heures écoulées".Deux par jour en moyenne. "Netflix n'a pas inventé le binge watching, la boulimie de visionnage, mais elle l'a largement facilité voire encouragé", et ses utilisateurs "commencent à se sentir légèrement nauséeux" poursuit l'Express pour qui la plateforme menace en quelque sorte le vivre ensemble: avec Netflix "la consommation se fait plus individuelle, les séries plus violentes, les thèmes moins rassembleurs".  

Le "Vivre ensemble" justement, est à la Une de Ouest-France.  Pour ses assises de la citoyenneté à Rennes., le quotidien régional a notamment mis à l'honneur une cheffe d'orchestre. Quand elle était petite, Zahia Ziouani écoutait les opéras de Mozart, les symphonies de Beethoven. Au conservatoire  elle est fascinée par le travail de celui qui fait jouer tout le monde ensemble. On lui fait comprendre qu'une jeune femme a peu de chance d'y arriver. Qu'à cela ne tienne, Zahia Ziouani a monté son orchestre, Divertimento, qui compte aujourd'hui 70 musiciens professionnels  à Stains en Seine-saint-denis. Elle veut montrer que la musique classique peut être partagée par tous,  mais il faudrait plus de moyens dit-elle pour apporter la culture dans les territoires.

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