Ce samedi, les journaux proposent différents dossiers sur les élections européennes du 26 mai. Ils évoquent aussi le concours de l'Eurovision et s'intéressent aux nouvelles tendances émergeant dans le monde du travail. Il est question de "bien-être", de "bonheur" au boulot. Il est aussi question d'étranges pathologies.

Le travail, c’est la santé… Rien faire, c’est la conserver ! 

Tout le monde ou presque connait les paroles de la chanson de Salvador.

Ils bossent onze mois pour les vacances, et sont crevés quand elles commencent… Un mois plus tard, ils sont costauds, mais faut reprendre le boulot ! 

Paroles intéressantes car, au fond, elles questionnent le sens de l’existence... A quoi cela rime-t-il de turbiner autant ? A gagner de l’argent, certes, à avoir une fonction, une place dans la société… Mais êtes-vous réellement heureux au travail ? 

C’est la question qui sous-tend le dossier du dernier numéro du magazine KAISEN : « Les clés du bonheur au travail »… Un thème qu’on retrouve également en Une de LA CROIX : « Le bien-être au travail »… Et, dans les deux cas, on évoque précisément cette quête de sens, quête qui serait de plus en plus partagée… Une tendance qui conduit des entreprises à repenser leurs manières de motiver leurs salariés. Cela passe notamment par l’aménagement des espaces… On a longtemps vanté les mérites des open-spaces… Le modèle n’a pas fait ses preuves. Une étude montre même qu’il a fait chuter le nombre des interactions ; avec ce type d'aménagement, les gens se parlent moins et certains passent leur temps avec des écouteurs pour ne pas être dérangés. Çà et là, on revient aux bureaux cloisonnés… 

Mais le bonheur au travail passe aussi par de nouvelles formes de management… 

Moins de hiérarchie verticale et surtout moins de pression

Analyse d'un ancien dirigeant de BIC dans LA CROIX.

Ce n’est pas en tapant sur les doigts des employés qu’on les rend innovants... 

Il est partisan de ce qu’on appelle « une bienveillance exigeante »… Concrètement, il s’agit de fixer des objectifs réalisables, être optimiste, complimenter ses équipes et tenter de repérer les personnes en souffrance. Dans certaines sociétés, on propose d’ailleurs à des salariés de faire office de « bienveilleurs »… Choisis pour leur altruisme, ils offrent leur écoute, leur aide à leurs collègues qui connaissent des difficultés… « Bienveilleur » : c’est un nouveau mot !

Dans le supplément des ECHOS, on trouve aussi de nouveaux mots… Et, là encore, il est question de boulot… Des mots pour désigner les pathologies qui touchent les entrepreneurs de la technologie… Près d’un sur deux serait atteint de troubles mentaux – bien plus que la moyenne de la population… Dépression, bipolarité, hyperactivité… L’addiction au travail qui conduit parfois au burn-out, mais pas seulement…

« La zapitte », « le zombiquisme », « le binarisme », « l’augmentarisme »

Alors, à quoi se réfèrent tous ses mots ? Eh bien « l’augmentarisme », c’est la psychose liée à l’impression de ne pas être assez intelligent, assez jeune, assez connecté… Autrement dit : l'impression d’être moins fort que les machines… Le « binarisme », c’est la pathologie provoquée par une utilisation excessive d’ordinateur… Des gens dont les raisonnements se limitent à des réponses binaire : continuer/annuler, ouvrir/fermer, oui/non… Un rationalisme excessif ; ils s’expriment comme les écrans qu'ils utilisent… Le « zombiquisme », c’est un syndrome qui se manifeste par l’incapacité de communiquer directement avec des personnes dans une pièce… On ne sait plus s’adresser à elles que par messages électroniques… Quant à « la zapitte », elle correspond aux crises d’ennui provoquées par l’absence de sollicitations… Des individus devenus totalement dépendants des clics… 

Dès lors, il est intéressant de lire le reportage publié dans 01NET… Un journaliste de la revue a accepté de passer une semaine sans internet… Plus de réseaux sociaux, plus accès aux applications de son smartphone… Une semaine, c’est long… Il raconte les moments de panique – obligé, par exemple, de demander son chemin dans la rue, et plus possible, le soir, de regarder Netflix… Résultat : il s’est couché plus tôt que d’habitude… Beaucoup moins de fatigue et l'impression de faire plus de choses dans la journée... Il a recommencé à lire et il a même trouvé le temps de faire la cuisine… 

La santé tient parfois à cela : réussir, par moments, à déconnecter… 

Et avec l'Europe, là aussi, on souvent déconnecté ; déconnecté des débats sur ce que doit devenir l'union européenne. C'est ce dont se désole, ce matin, LE FIGARO... 

Emploi, immigration, climat : les programmes au banc d'essai

Le quotidien regrette que la campagne soir aussi « évanescente »… C'est l'objet de l'édito.

Les protagonistes ne sont pas en cause. Voilà des semaines que les candidats parcourent la France, et que l’on passe au crible leurs existences, leurs amitiés, leurs écrits [...], mais l’honnête oblige à dire que tout le monde s’en moque. [...] On ne vote pas dans l’isoloir comme on « like » négligemment sur une portable... 

Dès lors, le journal s'emploie à "faire le job"… A une semaine du scrutin, revue de détail des programmes des candidats, en passant par les propositions parfois atypiques des petites listes : la création d’un « FBI européen », une fête nationale le 27 juillet… On nous raconte également les difficultés que rencontrent les ministres pour faire campagne… Ils doivent soutenir leur candidate, mais du fait de « la période de réserve », ne peuvent pas faire la promotion des actions du gouvernement, ni, bien sûr, utiliser les moyens de l’Etat… Adieu le confort habituel, pas de convoi, pas de motards ; ils circulent en voiture de location… Témoignage d'un ministre.

L’autre jour, on a eu une 5008. Ça bombarde bien… Mais la Fiat 500 qu’on a loué le lendemain, c’était quand même un peu petit. Surtout à quatre… 

Dur métier, dur métier… 

Dans LIBÉRATION, ce sont les intentions du chef de l’Etat qu’on analyse… Emmanuel Macron entend faire exploser le bipartisme au Parlement européen… Sociaux-démocrates d’un côté, droite modérée de l’autre… Les deux forces cogèrent le Parlement depuis son origine… Mais il se pourrait que se produise un autre « tremblement de terre » C’est ce qu’espère Steve Bannon, l’ex-conseiller spécial de Donald Trump, qui veut fédérer les populistes européens et soutient la liste du Rassemblement National… Il s’exprime dans LE PARISIEN. 

Mon rôle est de faire des connexions, de donner des conseils généraux. Je leur ai par exemple soufflé l'idée que Macron organisait un référendum sur lui-même. Ils le savaient déjà, mais je leur en ai parlé. 

Dans cet entretien, Steve Bannon juge en outre parfaitement possible une victoire du candidat du Rassemblement National à la prochaine présidentielle. 

Les 80 km/h de nouveau à la Une

« Aveyron, les 80 km/h ont vécu », affirme CENTRE PRESSE… La quasi-totalité des routes aveyronnaises pourraient repasser à une limitation à 90 km/h. C’est du moins le souhait du président du Conseil départemental, suite aux récents propos du Premier ministre, mais dans LE PARISIEN, une avocate prévient : en cas d’accidents sur des routes qui seraient "repassées" à une limitation à 90, la responsabilité des élus pourrait être engagée… 

A la rubrique "justice", LA DÉPÊCHE DU MIDI évoque la condamnation d’une femme aux Assises hier soir ; 10 années de prison… Elle était jugée en appel pour avoir tué et emmuré son compagnon à Toulouse il y a 5 ans… Son surnom : « l’emmureuse » - ça fait un peu froid dans le dos… 

Enfin, toute la presse évoque le concours international qui aura lieu ce soir en Israël.

La France peut-elle remporter l'Eurovision ?

Photo de Bilal Hassani, le candidat français à la Une du DAUPHINE, de VAUCLUSE MATIN, des DERNIÈRES NOUVELLE D’ALSACE, avec cette question : _« La France a-t-elle des raisons d’y croire ? »_Le FIGARO nous explique comment Israël organise l’événement. Le pays espère des retombées positives en termes d’image… Dans L’OBS, on lit que les ambassades sont mises à contribution, pour inciter les Français vivant à l’étranger à voter pour le chanteur tricolore, chanteur pour lequel LE PARISIEN s’inquiète : hier matin, il s'est réveillé malade, il avait froid et il a des problèmes de voix… Dès lors, on lui a conseillé d'arrêter de parler d'ici ce soir, "la méthode Céline Dion", afin de préserver sa voix... Dur métier, là encore.

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