Souvent, dans la vie, on se demande : « Et là, maintenant, qu’est-ce que je dois faire ? » On est perdu en pleine campagne, le GPS ne fonctionne pas… On tourne à gauche, on tourne à droite ? On vient de mettre un gâteau au four – zut, on a oublié le sucre… « Et là, maintenant, qu’est-ce que je dois faire ? »

On est plein de shampoing sous la douche – zut, il y a une coupure d’eau… On est amoureux de deux femmes… 

Et là, maintenant, qu’est-ce que je dois-faire ?

Et que faire quand une personne âgée vous double dans la queue à la boulangerie ? C’est la question que pose le magazine SOCIETY – et ne me dîtes pas que ça ne vous est jamais arrivé… 

Il est 18 heures 30 et vous êtes dans la file… Vous sentez une présence dans votre dos… Une cliente aux cheveux bleutés qui, bizarrement, réussit à faire deux pas vers les viennoiseries chaque fois que vous n’en faîtes qu’un seul… Et ça y est, la voilà devant vous, défiant toutes les règles élémentaires de bienséance et prête à vous subtiliser la dernière baguette bien cuite… 

Et là, maintenant, qu’est-ce que je dois faire ?

Eh bien, vous suivez les conseils de SOCIETY… Prenez le temps de réfléchir à ce qui est vraiment important à ce moment précis de votre vie ? Teniez-vous absolument à cette place dans la queue ? Non. Avez-vous peur de ne plus jamais trouver de pain sur votre route ? On ne peut pas le dire non plus… Laissez donc la vieille dame acheter la dernière baguette, mais à la sortie du commerce, vous la rattrapez et lui crochetez le bras pour l’aider, de gré ou de force, à traverser la rue… 

Bien évidemment, l’article tient de la plaisanterie, mais il illustre les cas de conscience qui nous tiraillent tous les jours… 

Par exemple, à la rédaction de L’EQUIPE hier soir, sans doute se sont-ils demandés ce qu’ils devaient faire… 

Deux victoires des équipes tricolores en rugby.

Une victoire des hommes face à l’Argentine. Victoire 28 à 13… Et une victoire des femmes face à la Nouvelle-Zélande. Victoire 30 à 27… Dès lors, lesquels privilégier ? Couper la Une en deux était une possibilité… Mais non, ce sont les hommes qui s’affichent en grand, avec le mot "victoire" en lettres majuscules, suivi de trois doubles pages… 

Quant aux femmes, elles n’ont droit qu’à un petit bandeau tout en haut de la Une : « Historiques, ces Bleues ». Puis une seule page, la page 9 : « Les Blacks n’y ont vu que des Bleues »… 

Le bleu qui, d’ailleurs, n’est pas perçu de la même manière dans tous les pays… C’est ce qu’on peut lire ce matin sur SLATE.

L’appréciation des couleurs diffère selon les cultures.

Et, surtout, selon la langue que l’on parle… C’est ainsi qu’en France, on a deux plusieurs nuances de bleus… Bleu clair, bleu foncé, bleu marine, bleu pétrole, Majorelle, Turquoise. Mais en Russie, par exemple, il n’y en a qu’une seule… Il n’y a pas de mot pour préciser la nature du bleu… 

Autre phénomène avec la couleur « orange »… Le terme « orange » n’est apparu dans les langues européennes qu’au XVème siècle, quand les Européens ont découvert le fruit. Auparavant, la teinte orange était décrite comme « rouge », ou bien alors « rouge-jaune ».

C'est le jaune qui domine dans la presse.

Avec la mobilisation des « Gilets jaunes » hier… Plus de 280.000 manifestants, selon les estimations du ministère de l’Intérieur, 2.000 opérations à travers le pays.

Le jaune, « couleur de la colère », note LE PARISIEN… « Colère jaune », confirment LE MAINE LIBRE et MONACO MATIN… « Jaune de colère », dit L’EST ECLAIR… « Gilets jaunes, samedi noir », commente LA VOIX DU NORD… Ce qui donne « Belle pagaille jaune » dans LE COURRIER DE L’OUEST… « La vague jaune paralyse les routes », confirme LA PRESSE DE LA MANCHE.

Tous évoquent le ras-le-bol des manifestants… Le ras-le-bol des taxes et leurs difficultés à boucler leurs fins de mois… Tous évoquent aussi les nombreux débordements et, çà et là, des drames : la mort d’une manifestante à Pont-de-Beauvoisin… Une femme de 63 ans, écrasée par une conductrice… Mais on compte également près de 230 blessés – sept personnes le sont grièvement… 

Bilan extrêmement lourd pour des rassemblements qui se voulaient pacifiques.

Dérapage dans l’Hérault… Un automobiliste excédé qui tire en l’air avec un pistolet… A Strasbourg, un conducteur qui fonce sur un motard de la police… On a vu des cocktails Molotov sur l’A4, même des sabres à la Réunion… « Les manifestants bon enfants se sont parfois transformé en casseurs », témoigne un policier dans les colonnes du PARISIEN… 

Et dans l’édito du journal, Stéphane Albouy évoque « un coup de force »… 

Ce 17 novembre s’ouvrait sur une interrogation : un mouvement de protestation né sur les réseaux sociaux pouvait-il prendre corps dans la réalité en l’espace de quelques jours ? La réponse est oui, et sans contestation. 

Mais pour Hervé Gattegno du JOURNAL DU DIMANCHE, on ne peut cependant pas parler d’un succès… 

Outre les tensions qui ont émaillés cette mobilisation, et l’accident qui l’a endeuillée, sa forme et ses dimensions – une kyrielle de rassemblements sans ampleur ni cohérence – évoquent davantage une addition de râleries qu’un soulèvement général.

Et là, maintenant, que faut-il faire ? Question qu’on doit se poser au sommet de l’Etat… Mais dans LE JDD, un ministre minimise. 

Ce n’était pas un raz-de-marée… Les funérailles de Johnny, c’était un million de personnes…

Un million pour Johnny, ici 280.000… Même minimisation du côté de Matignon, où l’on parle d’une mobilisation« beaucoup moins forte que ne l’espéraient ses promoteurs et que ne l’annonçaient les médias. »

Que va faire le gouvernement ?

Visiblement pas grand-chose, si l’on en croit se matin LE JOURNAL DU DIMANCHE… A cette heure, l’exécutif n’envisagerait aucun changement de ligne, aucun changement de cap… Uniquement rappeler les mesures déjà engagées pour le pouvoir d’achat des Français… Pas sûr que cela suffise à calmer la colère jaune.

Que faut-il faire quand on n’aime pas son âge ?

Eh bien, on demande tout simplement à en changer… De nouveau, c’est dans SOCIETY… Au Pays-Bas, un homme veut faire changer sa date de naissance… Il est né en 1949… Il se sent 20 ans de moins, et aimerait qu’à l’état civil, on écrive qu’il est né 20 ans plus tard… 

« Après tout, la loi nous autorise bien à changer de nom et désormais de sexe, alors pourquoi pas d’âge ? Je me suis inscrit sur Tinder et quand j'ai indiqué mon âge, je n'ai eu aucun message. Un ami m'a dit de mentir. J'ai dit que j'avais 45 ans, et là, j'ai eu plus de 300 propositions de rencontres. » 

Quand on n'aime pas son âge, on peut donc choisir le mensonge, ou se dire que 69 ans, ce n'est pas si vieux que ça...   

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