Des ministres inconnus, des militants politiques désabusés, des hommages à Kofi Annan et des conseils bien-être.

Plusieurs mystères en une de la presse ce matin... à commencer par celui-ci : mais qui sont ces personnes qui posent en costume-cravate, en robe et tailleur dans les jardins de l'Elysée ?  Il y a bien un faisceau d'indices : le drapeau français doublé du drapeau européen à côté d'eux,  ou encore la présence d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron.  Ce sont  "les ministres invisibles" en une du Journal du Dimanche, qui a mené l'enquête, sondage à l'appui : un tiers des membres du gouvernements sont inconnus, ou presque des Français.  85% d'entre eux ne savent pas par exemple qui est Jacques Mézard, le ministre de la cohésion des Territoires. Pourtant, s'amuse un pilier du parti radical, il gagne  à être connu : "il peut être chaleureux, mais c'est comme un saucisson, il faut d'abord enlever la peau". "L'essentiel c'est d'être sur le terrain", assure le principal intéressé, "pas dans le  septième arrondissement pour rencontrer les hauts fonctionnaires et les journalistes parisiens."  On pourrait citer aussi Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées : "mes sujets ne sont pas d'une actualité délirante", ou Delphine Gény-Stephann, la secrétaire d'Etat à l'Economie et aux finances,  identifiée par  6 Français sur 100.   Pas besoin de s'inquiéter rassure le politologue Olivier Duhamel  :"un bon ministre ce n'est pas forcément un ministre connu", "c'est celui qui accomplit quelque chose de durable".Et de citer Jean Auroux, à l'origine de la négociation collective dans les entreprises. Il n'empêche, il va falloir entrer dans la lumière souffle un proche d'Edouard Philippe à l'hebdomadaire : "maintenant, on attend d'eux qu'ils se déploient de manière proactive dans les médias".

Le Monde lui se demande ce que sont devenus d'autres invisibles de la politique

Les petites mains des partis, "ces militants qui ont le blues", un an après la présidentielle. Il y a ceux qui sont toujours galvanisés, mais ont changé d'équipe : "Je regarde les infos dix minutes, c'est plus fort que moi, il faut que je sorte, il faut que je colle !", assure au quotidien du soir Julien Copineau - mais ce militant ne colle plus des affiches de Marine Le Pen, mais de Nicolas Dupont-Aignan. Côtés marcheur,  Arthur Audibert s'était fait la réputation "DU" "macroniste" pendant la campagne. Maintenant, on vient lui demander des comptes, et dit-il "C'est plus difficile à défendre aujourd'hui."  Les Républicains eux comptent bien récupérer les "déçus du macronisme" : "l'anesthésiant jeté sur les Français (...) est en train de se diluer" assure Eric Ciotti dans le Parisien.  Les militants écologistes, quant à eux, liront ce matin dans le JDD que Yannick Jadot, chef de file des Verts pour les Européennes, rejette toute alliance avec Benoît Hamon - et vise un score de 15% pour le scrutin en mai prochain.  En attendant les prochaines élections, il y a ceux pour qui tout est toujours politique nous dit le Monde, comme la conseillère régionale d'Ile de-France-Yasmine Benzelmat, passée du FN à Debout la France : elle a profité de l'euphorie du mondial pour récupérer tout un stock d'objets bleu-blanc-rouge : comme des nattes ou des serviettes : "parfait pour les barbecues patriotes de l'été".

Autre mystère à lire dans le Courrier Picard : mais qui se sert du compte Twitter de la maire centriste d'Amiens, Brigitte Fouré ? Ses près de 5.000 abonnés ont parfois quelques surprises. Exemple, vendredi : alors qu'Amiens est en plein travaux, une journaliste du quotidien publie un message, se demandant comment sortir d'une route à sens unique, ouverte le matin, fermée le soir. Réponse - rapidement supprimée - du compte officiel de Brigitte Fouré : "On s'en fout." Autre épisode, le 26 mai dernier : le compte relaie un message d'un internaute évoquant "les gros nases (sic) de la CGT". La maire présente ses excuses, se dit victime d'un "piratage", ou d'une "mauvaise blague". Elle défend "mordicus les personnes qui tweetent en son nom", assure qu’il est impossible que cela vienne d’elles, écrit  le Courrier Picard, et se dit désormais que la solution serait peut-être de fermer son compte Twitter. Ou bien peut-être serait-ce de changer son mot de passe.

Un enfer blanc 

Un enfer blanc est à la une aussi, blanc comme les murs des hôpitaux, en psychiatrie. A l'hôpital Robert-Debré,  hôpital de l'AP-HP, par exemple, le chef de service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent a écrit à sa direction, lit-on dans le Monde, pour dénoncer "une situation critique" : un tiers des soignants en arrêt-maladie, des agressions en hausse - mais pas les moyens, à commencer par le nombre de lits. Et ce n'est pas un cas isolé, rapporte le quotidien, qui cite Amiens ou Saint-Etienne. Dans le Journal du Dimanche, vous retrouvez l'interview sur ce sujet du psychiatre et chef de service hospitalier Daniel Zagury - qui  conclut, désabusé : "On est en pleine folie !"

La planète "dans le pétrin"

Autre question ce matin : comment va la planète ?  "On est dans le pétrin" : réponse sans ambiguïté signée Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, disparu hier. Il dressait ce constat en décembre dernier, dans une vidéo mise en ligne par le Huffington Post. "Dans le passé", assure le prix Nobel de la Paix,"nous avions des dirigeants qui avaient du courage et une vision"...dans le passé. Le visage de Kofi Annan, à la une de l'Est éclair, de Libération Champagne ,de l'Union... de Jeune Afrique aussi, qui rappelle qu'il était  une vraie "rock star de la diplomatie".  Un visage en une aussi de la presse ghanéenne, à l'image du site de  la radio Peace FM, qui affiche des drapeaux en berne - ils le resteront une semaine ; ou bien de Modern Ghana, qui titre "Kofi Annan était l'ONU", et dans son édito, invite à ne pas pleurer, mais à fêter, à célébrer celui qui "a ravivé la flamme de la personnalité africaine", "un héros mort debout" - "il nous faut apprendre", conclut l'édito , "à marcher dans ses pas de géant, ses empreintes nimbées d'or"

La planète est dans le pétrin donc, et les paradis fiscaux n'arrangent rien : selon une étude parue dans la revue Nature Ecology and Evolution, ils contribuent aussi  à la destruction de l'environnement  Les sites Uzbek&Rica et Médiapart reviennent sur cette étude, parue cette semaine, menée par des chercheurs suédois et néerlandais. Voici ses enseignements :  "70% des navires que l'on sait pratiquer la pêche illégale ont été enregistrés dans des paradis fiscaux" , et "68 % des capitaux étrangers investis dans des secteurs associés à la déforestation de la forêt amazonienne entre 2000 et 2011 ont été transférés via des paradis fiscaux". L'une des co-signataire de l'enquête, lit-on sur le site Le Devoir, souhaiterait donc bien qu'une organisation internationale, par exemple liée à l'ONU, se penche plus largement sur le dossier.

Dernière interrogation ce matin : comment rester en forme - ou la reprendre, après un été passé à la plage, ou assis sur sa chaise de bureau ?  Première option, comme les intrépides du Parisien, se lancer dans une "rando-jeûne" : marcher pendant une semaine en ne prenant qu’un jus de fruit et un bouillon de légumes par jour.  Il parait que cela prépare l'organisme au début de l'hiver, à condition de se réjouir d'un petit déjeuner jus de citron et chicorée.  De plus, "rien ne prouve que c'est bon pour la santé" nous dit le médecin nutritionniste interrogé par le quotidien. Vous pouvez passer la tondeuse, mais attention rappelle en une la Voix du Nord : si une envie folle vous prend aujourd'hui, ce n'est souvent autorisé qu'entre 10h et midi, voire pas du tout selon les communes. Autre possibilité : faire du sport au plus près des éléments : on apprend dans l'Equipe que la pionnière du mouvement naturiste, Christiane Lecocq, est morte à l'âge de 103 ans, plus de 80 ans après avoir découvert les joies du volley tout nu. Enfin, reste la méthode du cycliste Arnaud Démare, donnée à l'Equipe, qui lui demande comment il s'est remis d'un Tour de France éprouvant : "J'ai fait beaucoup de siestes."  A vous de choisir.

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