Ce samedi, dans, la presse, il est encore beaucoup question de l'incendie de Notre-Dame de Paris : les difficultés qui s'annoncent pour la reconstruction, l'élan de ferveur des catholiques... Les journaux se demandent par ailleurs ce que dira le chef de l'Etat, lors de sa conférence de presse jeudi prochain à l'Elysée.

On ne nous donne que son prénom. Et encore, ce n'est pas son véritable prénom. MEDIAPART a choisi de préserver son anonymat. Dans l'article, il s’appelle donc Marc. Il est âgé de 50 ans et, depuis 18 mois, il est en arrêt-maladie : une dépression sévère, « directement liée à ses conditions de travail », relève le rapport de l’expert médical. C’est malheureusement une chose assez commune, quelqu’un qui tombe malade à cause de son boulot. Mais si, ce matin, Pascale Pascariello nous raconte l’histoire de Marc, c’est parce qu’elle est singulière. Il travaillait à l’Elysée.

« Rentrer à l'Elysée, c'était pour moi une ascension, une réussite professionnelle », dit-il quand il évoque son arrivée en 2007. Rattaché au ministère de l’Intérieur, il est mis à disposition de la présidence pour prendre le poste de chef de bureau du courrier des particuliers, le service chargé des lettres adressées au Président de la République. Marc a alors 30 personnes sous sa direction. 

Je répondais à la tristesse des gens qui n’intéressent personne… 

Mais fin 2016, au terme du quinquennat de François Hollande, l’ambiance se dégrade, comme à l’approche de chaque élection présidentielle. 

Entre les agents de l’Elysée, c’est un système de cour et on se fait la guerre pour récupérer le poste de l’autre.

Tous les coups sont permis, on le découvre dans l’article. Trois des collègues de Marc l’accusent de harcèlement moral et sexuel, avant de reconnaître qu’elles avaient menti : c’était une tentative de déstabilisation. Qu’importe : la hiérarchie de Marc le rétrograde. Il n’est plus chef, mais seulement adjoint, perd 100 euros par mois, et l’arrivée de l’équipe d’Emmanuel Macron à l’Elysée n’apaise pas la situation. Bien au contraire, elle précipite la mise au ban de ce cadre. Nouveaux courriers diffamatoires, des lettres anonymes… Marc a l’impression de revivre un cauchemar, d’autant que les collègues qui l’avaient accusé à tort n’ont jamais été sanctionnées par la DRH. 

Il devait reprendre le travail l’an dernier, mais on l’informe alors que la présidence a décidé de mettre fin à ses fonctions. Qu’il retourne bosser au ministère de l’Intérieur !

Ça a fini de m’achever ! Il n'y a pas de limite dans leur mépris. 

Marc dénonce les humiliations, la violence professionnelle dont il fait l’objet depuis deux ans… Il a déposé plainte.

Une plainte pour dénonciations calomnieuses et manquement à l'obligation de protection de la santé au travail.

Une enquête pour harcèlement moral a été ouverte, qui vise l’ancienne directrice des ressources humaines de l’Elysée, laquelle a, depuis, été promue inspectrice générale de l'administration.

L’Elysée, où le chef de l’Etat donnera une conférence de presse la semaine prochaine. Jeudi, 18 heures, sous les lustres de la salle des fêtes… Une intervention pour, enfin, dévoiler ses réponses aux questions posées lors du grand débat national.

Que dira le chef de l'Etat jeudi prochain ?

La presse, ce matin, évoque les sujets qui seront abordés.

Emmanuel Macron confirmera-t-il la suppression de l’ENA ? 

Dans LE MONDE, on peut lire la désolation de quelques hauts fonctionnaires. Ils se voient comme « des victimes expiatoires »… 

Emmanuel Macron reviendra-t-il sur les limitations de vitesse à 80 km/h ? 

C’est le dossier à la Une du PARISIEN : opposants comme défenseurs de la mesure attendent une mise au point du chef de l’Etat. Pour l’heure, c’est « le grand flou »… 

Et de quelle manière parlera-t-il des Gilets jaunes ? 

23ème journée de mobilisation ce samedi. « Mais qui sont-ils vraiment ? » s’interroge LE MONDE, évoquant des cortèges toujours composites que rassemble une même rhétorique anti-système. L’ultra-droite aurait déserté, au profit de l’ultragauche et de manifestants syndiqués, habitués aux mouvements sociaux… Le journal évoque aussi violences policières, « le tabou des autorités ». Malgré les nombreux dérapages, le gouvernement refuse d’employer ces mots-là.

Les policiers, il en est aussi question sous un autre angle dans L’EST RÉPUBLICAIN, LE RÉPUBLICAIN LORRAIN, LA PROVENCE… On parle de grand malaise, de pressions, d’état d’alerte. 28 fonctionnaires de police se sont suicidés depuis le mois de janvier. Des hommages étaient organisés hier… 

Une autre hécatombe à la UNE JOURNAL DE LA HAUTE-VIENNE : cette fois, ce sont les suicides d’agriculteurs… Le chef de l’Etat parlera-t-il des paysans ? 

Et sera-t-il question de l'avenir de la planète ?

Quelles mesures pour l'environnement ?

C’est la question que pose Nicolas Hulot dans LIBÉRATION… L’ancien ministre, une nouvelle fois, tire la sonnette d’alarme, se référant à l’incendie de Notre-Dame de Paris. 

Je me réjouis de la mobilisation suscitée par cet incendie. Mais je n’en vois pas l’équivalent face au délitement de l’immense cathédrale qu’est notre planète. Notre société ne réagit que quand les effets sont visibles. Ceux de la crise écologique le sont, mais les flammes sont moins palpables. Pourtant, Notre-Dame nous montre que quand la nature s’exprime – le feu, c’est la nature -, nous sommes confrontés à notre insignifiance et à notre impuissance. 

Aujourd’hui, Nicolas Hulot dit qu’il ne ressent plus de colère devant l’inaction des dirigeants, mais plutôt de l’incompréhension.

Notre-Dame fait encore la Une de nombreux journaux. 

Un dossier de 12 pages dans LIBÉRATION, sous le titre « sacré chantier »… Difficultés techniques, polémiques sur les donations… La restauration de la cathédrale s’annonce « mouvementée », indique le quotidien, listant les problèmes qui s’annoncent, sachant que l’édifice est loin d’être assez sécurisé pour imaginer le début des travaux… Il va falloir enlever l’échafaudage, puis évaluer l’état des murs, réparer la pierre, choisir la charpente, trouver les bons ouvriers… 

L’historien Stéphane Michonneau estime qu’il faudra conserver quelques traces de l’incendie, afin d’éviter l’amnésie : faire en sorte que les prochaines générations se souviennent du 15 avril 2019… Le journal revient sur la vague d’émotion provoquée ce lundi, une vague d'émotion qui a eu pour effet de mettre du baume au cœur des catholiques… 

Les fidèles se sont eux-mêmes mobilisés. C’est le thème des dossiers de LA CROIX et du FIGARO.

« Après le choc, l’élan de ferveur des catholiques »

Dans les jours qui ont suivi l’incendie de Notre-Dame, les rassemblements spontanés se sont multipliés… En cette semaine sainte, les catholiques affichent leur fierté, commente le journal, tandis que LE PARISIEN nous explique que chez les soutiens du chef de l’Etat, on se réjouit qu’Emmanuel Macron ait transformé cette catastrophe en opportunité pour faire l’union nationale, et effacer un peu, même temporairement, la crise des Gilets jaunes… « La macronie touchée par la grâce », c’est le titre.

Certains militants filent même la métaphore christique en cette veille de weekend pascal… L’un d'eux compare Macron à Jésus, rien que ça, Jésus entouré de ses douze apôtres.

Richard Ferrand, c’est Saint-Pierre… Christophe Castaner, c’est Saint-Jean… Et Judas, c'est Gérard Collomb !

La photo d'une autre cathédrale dans LES DERNIÈRES NOUVELLES D'ALSACE. 

La cathédrale de Strasbourg… Fait divers, rien de très inquiétant: un touriste russe a perdu le contrôle de son drone, qui resté coincé dans la flèche de l’édifice… 

De son côté, NICE MATIN nous apprend que des lapins bleus ont colonisé les ronds-points de la commune de Carros, dans l'arrière-pays…  Il y en a une centaine. Ce sont des répliques en bois peintes. Personne ne sait qui les a installés là.

Enfin, LA CHARENTE LIBRE revient sur le drame qu’ont vécu de nombreux habitants de la région : suite à l’incendie de l’émetteur de Saint-Saturnin, les Charentais ont été privés de TNT pendant trois jours… Désormais, tout est rétabli, mais ils ont dont passé trois jours sans télé ! Dès lors, « comment ont-il fait ? » se demande le journal… Eh bien, ils ont appris à se divertir loin de leur petit écran… Eh oui, c’est possible… Quand on n'a pas de télé, on peut même écouter la radio.

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