Ce samedi, la presse navigue entre légèreté et gravité. La légèreté quand elle évoque les vacances d'été et la reprise du tournage de Plus Belle La Vie... La gravité quand elle raconte les violences policières au Brésil ou revient sur le "charnier" découvert au centre de don des corps de l'Université Paris-Descartes...

Irina va-t-elle dire « oui » à Boher ? Le policier Jean-Paul Boher qui, alors que la jeune femme sortait à peine du coma, lui a donc demandé sa main. Elle était alitée dans sa chambre d’hôpital, et c’est à la toute dernière seconde de l’épisode, juste avant le générique, que Boher a proposé à Irina de l’épouser. 

Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont deux personnages du feuilleton Plus Belle La Vie, et cet épisode, diffusé le 1er mai, est le dernier à avoir été enregistré avant le confinement. Ensuite, les 3 millions et demi de téléspectateurs ont eu droit à des rediffusions et, depuis le 1er mai, ils vivent donc avec cette question : Irina va-t-elle finalement dire « oui » à Boher ? Ils le sauront bientôt, car, comme on peut le lire dans Libération, voilà maintenant trois semaines que les tournages ont repris à Marseille, après deux mois et demi d’interruption pour cause de crise sanitaire. Dans des conditions bien plus rigides qu’auparavant. A cause, là encore, de la crise sanitaire.

Plus strict le tournage

Il y a des règles à respecter, notamment en matière de la distanciation physique. Désormais, on ne tourne plus en extérieur dans la ville. Les séquences se concentrent dans les studios de la Belle-de-Mai et sur quelques lieux privés fermés au public. Il y a dorénavant un médecin sur le plateau, et le régisseur joue le rôle de « shérif » : il contrôle la désinfection des décors et les sens de circulation. Les maquilleuses et les coiffeuses n’interviennent plus entre les prises. Si nécessaire, les comédiens font eux-mêmes leurs retouches. Les auteurs du feuilleton se sont également adaptés : plus de scènes de bagarre, plus de bisous, interdit d’être assis à deux à l’avant d’une voiture… 

Pour autant, le Covid-19 n’affectera pas à l’écran la vie des habitants du quartier du Mistral. Décision de la production. Pas de masque, donc, ni de pandémie mondiale modifiant le scénario prévu initialement… Une décision à contre-pied de l’esprit habituel, qui veut que les épisodes collent toujours au plus près de l’actualité : les élections, le bac, le 14 juillet.

La raison, c’est que les auteurs ne pouvaient pas prévoir comment allait évoluer l’épidémie. Et puis, le directeur de collection de la série avance une autre explication.

J’ai le sentiment que les gens n’ont plus envie d’en entendre parler. Donc on a préféré leur montrer une réalité Plus belle la vie, c’est-à-dire une réalité embellie. 

Mais il est parfois des histoires et qu’on ne peut embellir, précisément car il s’agit… de la réalité.  

Les violences policières au Brésil

C’est à lire dans Le Monde, avec un reportage à Rio de Janeiro. Le récit de l’après-midi du 18 mai.  Neilton Pinto, 40 ans, se souvient de chaque détail : le bruit de l’hélicoptère qui tournoie dans le ciel, les tirs en rafales qui résonnent au loin, la course effrénée à travers la favela de Salgueiro… Et enfin, la maison ceinturée par les forces de sécurité, qui pensaient y découvrir des délinquants. Maison criblée d’impacts de balles où, quelques instants plus tôt, jouait son fils Joao Pedro. Il jouait chez son oncle avec des cousins, et il a été tué lors de l’assaut. 

Joao Pedro avait 14 ans, il était noir et, depuis, son père est ravagé par le chagrin et la colère.

La vérité, c'est que mon fils a été victime d’une barbarie raciste ! La police n’aurait jamais osé attaquer la maison d’un Blanc d’un quartier riche ! 

Bruno Meyerfeld, qui signe l’article, s’interroge : « A la différence de George Floyd, la mort tragique de Joao Pedro n’a pas émue la planète. Est-ce parce qu’elle n’a pas été filmée ? Ou parce que, ici, elle est d’une monstrueuse banalité ? » 

Aux deux questions, il convient de répondre par l’affirmative. Effectivement : aucune image. Effectivement : monstrueuse banalité… La police brésilienne est l’une des plus violentes du monde : en 2019, elle a tué 6 000 personnes. Dans trois quarts des cas, il s’agit d’hommes noirs, le plus souvent jeunes et issus de quartiers défavorisés.   

Les violences policières en France. Un autre visage ce matin.

Steve Maïa Caniço

C’était il y a un an, dans la nuit du 21 au 22 juin. Nuit de la fête de la musique. Un jeune homme se noyait lors d’une intervention musclée des forces de l’ordre à Nantes pour interrompre une free party. Steve Maïa Caniço avait 24 ans. Presse Océan, Ouest France et Le Télégramme font le point sur l’enquête. 

Seront bientôt rendus publics les résultats des expertises téléphoniques.

Et puis, dans la presse, on parle également d’autres morts. Ce n’est pas Plus belle la vie, là, c’est Plus gore la mort… Et c’est le dossier à la une de Libération, très riche ce samedi.

« Le scandale des morts, la colère des vivants »

Dossier sur le scandale révélé fin novembre par la journaliste Anne Jouan dans L’Express : véritable « charnier » découvert au centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes, centre dédié aux dépouilles léguées à la science, lesquelles dépouilles étaient conservées dans des conditions épouvantables. Le journal a pu consulter des photos, et les détails sont insoutenables : des cadavres entassés sur des chariots, le bras d’un homme sur la cuisse d’un autre, des têtes fourrées pêle-mêle dans la chambre froide ou sur des étagères, des morceaux de membres moisis, certains rongés par les souris, un carrelage maculé de sang...

L’intérêt de ce dossier de Julie Brafman est qu’elle redonne leur existence à ces dépouilles. Elle a rencontré les familles des défunts, familles qui sont nombreuses à avoir porté plainte. Dominique Leblond évoque ainsi le souvenir de ses parents : Louise, costumière de théâtre, et Jacques, acteur puis cadre supérieur. En choisissant de céder leur corps à la science, Louise et Jacques se disaient "fiers de contribuer à la formation de futurs médecins". Idem pour Marie-France, ancienne secrétaire, très croyante, qui voulait "aider la médecine à progresser"… 

Et puis, dans ce groupe d’une soixantaine de famille qui s’est créé, on trouve également la fille de la comédienne Micheline Dax, qui avait choisi de léguer son corps à la science parce que, disait-elle, elle détestait les enterrements. On trouve aussi le fils de notre cher José Arthur, qui "ne voulait pas finir six pieds sous terre, ni dans un columbarium", et considérait que "se faire tripoter par des étudiantes" était un sort post-mortem plus enviable. 

On a vu le résultat. Aujourd'hui, les proches de ces défunts attendent davantage que de simples excuses.

Enfin, plus léger... 

Un air de vacance flotte en couverture de plusieurs journaux

Alors que, selon un sondage, 90% des Français ont prévu de rester dans l’Hexagone cet été, La Provence vante les atouts de sa région : les grands espaces des Alpes du Sud et, bien sûr, les rives de la Méditerranée. "Tout pour plaire", en somme – c’est le titre à la une. 

Autre invitation dans Le Petit Bleu d’Agen : "Cet été, misez sur le n°47 !" Le 47, c'est le département du Lot-et-Garonne. "Cet été dans la Nièvre ?" interroge pour sa part Le Journal du Centre… La Nièvre, c'est le 58. 

Quant à savoir si Irina a dit "oui" au policier Boher dans Plus Belle La Vie, vous aurez la réponse le 29 juin ! Mais, sur certains sites, on trouve déjà la réponse. Sans tout dévoiler, je peux vous confier qu'elle n'a pas forcément dit "oui"...

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