Ce samedi-là, pourtant, rien n’annonçait le drame. C’était il y a un an, et le soleil brillait sur Azerailles, petit village de 800 âmes en Meurthe-et-Moselle. Ce samedi-là, se déroulait un festival champêtre : de la musique, des balades le long de la rivière, des ateliers pour découvrir les plantes sauvages…

Mais, vers 16 heures, la pluie se met à tomber dru. Tout le monde fonce sous la tente. Un énorme bruit retentit. Un enfant crie, un autre pleure et plusieurs personnes tombent à terre, inanimées. Un responsable pense qu’il s’agit d’un attentat. Au pied d’un aulne, la broussaille, subitement, prend feu. Un pompier du village téléphone à son supérieur.

Francis, c’est la guerre, on a plusieurs blessés ! 

Mais non, ce n’est pas la guerre, et pas non plus un attentat. C’est la foudre qui vient de tomber sur Azerailles. Et l’on compte une vingtaine de « fulgurés »… "Fulguré", c’est le terme qu’on emploie pour désigner une personne qui a survécu après avoir été frappé par la foudre.

Les foudroyés meurent, les fulgurés survivent

C'est ce que nous explique Dominique Perrin dans M, LE MAGAZINE DU MONDE. Elle raconte cet après-midi à Azerailles, en Meurthe-et-Moselle. Les secours qui arrivent et les blessés – 14, dont deux graves, que l’on transporte dans les hôpitaux de la région. Elle décrit les séquelles des victimes, et les conséquences parfois étranges de cette déflagration de plusieurs millions de volt venue du ciel… Jocelyne Chapelle, 66 ans, qui a cru que la foudre lui avait fait perdre l’usage de ses jambes: des mois durant, son corps a été comme secoué d’intenses décharges électriques. Dorénavant, elle a repris la randonnée… Raphaëlle Manceau, 46 ans, elle, est toujours en arrêt longue maladie. Professeur des écoles, son cerveau a été touché… Maux de crâne « insupportables » les premiers temps, mais aussi des capacités bizarrement augmentées. 

Elle s’est mise à faire de tête des multiplications de trois chiffres par trois

Chose qu’elle ne savait pas faire auparavant. Ses super pouvoirs n’ont duré que quelques semaines. Dans le même temps, elle a changé de comportement, abordant sans retenue des inconnus dans la rue pour un brin de causette. Elle se sentait, dit-elle, comme attirée par un aimant. Puis, au bout d’un mois et un jour, Raphaëlle a brusquement perdu la parole. Séances d’orthophonie : elle retrouve les mots et désormais, s’exprime quasiment parfaitement. Mais, nouvelle surprise, elle parle maintenant avec l’accent alsacien ! 

D’autres « fulgurés » disent la fatigue, les angoisses et les nuits sans sommeil, mais ce n’est sans doute pas ce qui nous émeut le plus dans ce reportage passionnant. Ce qui nous émeut, c’est d’abord que la science s’intéresse à eux. Pour la première fois, en France, on peut observer sur un large groupe les effets de l’électricité naturelle, des effets pour l’heure mal connus.  Ce qui nous émeut, ensuite, ce sont les liens qui unissent aujourd’hui ces rescapés de la foudre. Témoignage d’Herbert Herst – lui, il est journaliste.

S’il n’y a pas eu de macchabées, c’est parce que nous nous sommes partagés la décharge. Cette explication n’est peut-être pas vraie, mais je m’en fiche, c’est notre ciment ! Et quand on se retrouve, c’est difficile à expliquer, c’est comme faire un plein d’émotion… 

Car ils se retrouvent assez régulièrement et, la semaine dernière, c’était à l’endroit-même du drame il y a un an. « Liés en un éclair », c’est le titre du papier. Cela dit, c’est sur un autre sujet que le magazine fait sa Une.

Une enquête sur le blues des gynécologues

Là encore, c'est passionnant. Ils racontent l’évolution par moments désarmante de leur métier : la défiance des patientes depuis que la parole s’est libérées sur les violences obstétricales et puis, de plus en plus, les plus jeunes qui refusent la pilule…

D’autres métiers qui souffrent dans la presse régionale. 

Les pompiers de Reims qui se font agresser. C’est à lire dans L’UNION. Ils réclament davantage de protection policière. 

Le ras-le-bol des infirmiers et des infirmières. C'est à lire dans L’EST ECLAIR. Ils ont l’impression d’être les grands « oubliés » du plan « santé » présenté par le président de la République.

Dans OUEST FRANCE, l’histoire de migrants qu’on exploite

Des migrants exploités qui livrent à vélo… Sur internet ou dans la rue, à Nantes, certains individus, des individus sans scrupules, « louent » en quelque sorte leur numéro d’auto-entrepreneur à ceux qui n’ont pas les papiers leur permettant de devenir livreur à vélo. Les premiers exploités, ce sont les exilés, sans argent, sans droit au travail. Le quotidien voit là une forme d’esclavage moderne.

Autre forme d’esclavage dans LIBÉRATION. Un dossier de six pages sur un ouvrage qui paraît la semaine prochaine.

« Sexe, race et colonies »

Une centaine de chercheurs, des historiens pour l’essentiel, dévoilent un pan méconnu de six siècles de domination occidentale : la conquête des territoires passait également par la possession des corps. En l’occurrence, ceux des femmes, réduits à des objets sexuels. Les colons organisaient la prostitution. Des centaines de photos racontent cette histoire dans un livre qui n’est pas un exercice de repentance ou de flagellation, et nous aide à comprendre, dixit le journal, « les racines d’un racisme nommé désir »

Les journaux mettent des notes

« Mention ‘peut mieux faire’ » : titre à sa Une LE PARISIEN, qui dresse le bilan du système Parcoursup. La nouvelle procédure informatisée d’admission dans l’enseignement supérieur a clôturé hier. Bilan en demi-teinte. Pas fameux concernant la remise à niveau, le choix du lieu d’étude et, surtout, le calendrier, mais le dispositif a mis fin à la roulette russe qu’était le tirage au sort des étudiants. Dorénavant, ce n’est plus l’algorithme, mais les jeunes qui choisissent et, selon le quotidien, cela mérite d’être salué. LE PARISIEN accorde une note de 10 et demie sur 20 à Parcoursup.

De son côté, LE FIGARO fait le bilan des filières universitaires censées permettre aux imams de de se familiariser avec le contexte français et son cadre juridique. Or, ces formations sont en réalité peu fréquentées par les imams. De surcroît, les enseignants de ces filières tiennent parfois des discours qui, selon le journal, seraient plus favorables au salafisme qu’à la promotion des valeurs républicaines. Bref. Ce serait un fiasco. « Les échecs en série de la formation des imams » - c’est le titre à la Une. Ça sent le zéro pointé.

Enfin, sur SLATE, je vous conseille la lecture d’un papier scientifique qui, par moments, frise avec la poésie…

Ce que vous humez quand la pluie tombe

Quand les premières grosses gouttes d’une pluie d’été tombent sur le sol chaud et sec, n’avez-vous jamais reniflé une odeur particulière ? Si, bien sûr, et pourtant, la pluie en elle-même ne contient aucune odeur. Cette senteur qui imprègne l'air se nomme pétrichor, une combinaison de composés chimiques. Des micro-organismes, les actinobactéries, en constituent la base. Puis, l’orage passé, le parfum disparaît, et le sol commence à sécher. Les actinobactéries redeviennent inactives. On ne sent plus le pétrichor. Sachant que lorsque l’on survit à la pluie, on n’est pas fulguré, non : on est juste mouillé.

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