Dans les journaux de ce dimanche, on s'inquiète pour la planète, à la veille d'un sommet de l'ONU consacré au climat. Il est aussi question de la violence du monde ; l'insécurité au Burkina Faso, l'esclavage contemporain, l'ivresse au volant qui provoque des drames. Et puis, dans le JDD : le retour en grâce du tricot !

Homme tricotant
Homme tricotant © Getty / Westend61

Ici même, la semaine dernière, nous évoquions l’initiative d’une école américaine qui, pour développer les capacités cognitives de ses élèves de CP, a choisi de leur donner des cours de tricot. Le tricot plutôt que les écrans ; ça forgerait mieux l’esprit aux mathématiques… Certains en avaient souri, parce que pour eux, le tricot, c’est un truc de mémé. Pourtant, de plus en plus de gens s’y mettent, notamment des hommes, ainsi que nous l’explique LE JOURNAL DU DIMANCHE. Reportage dans un café parisien qui, trois mardis par mois, accueille des ateliers de tricot pour tous les niveaux. Rencontre avec Nicolas, 43 ans.

Ma femme venait déjà, je me suis dit : "Pourquoi pas moi ?" 

Et Nicolas n’est pas peu fier en montrant sa première écharpe. Une experte, qui tient un blog spécialisé, se réjouit d'un tel engouement. 

Un homme qui tricote est un homme qui pense à son plaisir avant de penser au regard des autres. C’est donc très positif.

Du reste, le phénomène ne se limite pas aux grandes villes, ni même aux adultes. Régine Boudard anime un atelier tricot à Quévert dans les Côtes-d’Armor et elle assure qu’elle a désormais dans ses cours de nombreux garçons de 12 à 14 ans. Cette nouvelle passion masculine pour la maille se retrouve également sur les réseaux sociaux. Un père de quatre enfants, mi-portugais, mi-norvégien, poste régulièrement des photos de ses créations sur Instagram.

Je m’y suis mis à 38 ans, d’abord parce que je voulais faire des choses de mes propres mains pour mes gosses… Désormais, ma mission est de faire en sorte que les hommes tricotent de nouveau. 

Il dit « de nouveau », car à une époque, ce sont les hommes qui tricotaient. 

Pendant très longtemps, le tricot était une affaire d’hommes

C'est ce que rappelle le propriétaire d’une mercerie. 

Au Moyen Âge, il y avait même une école prestigieuse, la Guilde de Saint-Fiacre, interdite aux femmes. Ce n’est devenu une activité essentiellement féminine qu’au XVIIIe siècle, quand elle a cessé d’être rémunératrice…

Tiens donc, "quand elle a cessé d'être rémunératrice"... Depuis, c’est donc un passe-temps, auquel se sont également mis des acteurs : Antonio Banderas, Russel Crowe comme Ryan Gosling… Le journal nous apprend qu'ils tricotent, qu'ils ne s'en cachent pas et trouvent cette activité particulièrement relaxante. C'est aussi l'avis d'un jeune prof de couture habitant à Montmartre, un jeune prof qui intervient dans des collèges de banlieue, afin de sensibiliser les jeunes aux bienfaits de la « tricothérapie ». Les ados, au début, rigolent. Le tricot, un truc de mémé… Mais ensuite, arrive le plaisir ; confectionner avec ses mains. Le jeune prof est persuadé d'une chose. 

Le tricot est une arme contre la violence.

Le monde est violent. La presse nous le dit tous les jours et, ce matin, LA PROVENCE en est l’illustration. 

« Samedi tragique à Marseille »

Deux faits divers à la Une. D’abord, hier après-midi, un garçon de 15 ans mortellement blessé d’un coup de couteau à la cuisse dans une cité HLM du dixième arrondissement… Le meurtrier est toujours recherché par la police… Et puis, près de la Rose, dans la nuit de samedi à dimanche, un homme ivre qui provoque un terrible accident. Une fillette de 9 ans est décédée, sa sœur et sa mère ont été gravement blessées. Le conducteur est en garde à vue. Ses passagers ont pris la fuite. Autre accident à Montpellier. C’est à la Une de MIDI LIBRE. Une femme de 23 ans, enceinte, tuée par un chauffard. Et il ne s’est pas arrêté. Il a incendié sa voiture, avant de se présenter finalement au commissariat.

Dans LE PARISIEN, c’est le témoignage d’un père de famille. Martin Chassang est médecin urgentiste et le 1er septembre, lors d’une soirée, son fils Louis, 21 ans, s’est effondré après avoir consommé de l’ecstasy. Il allait entrer en deuxième année de droit. N’était ni alcoolique, ni toxico. Il faisait simplement la fête un samedi soir avec trois copains. Il est mort après deux arrêts cardiaques, 5 heures de réanimation. Et, depuis, son père, pour tenter de surmonter sa douleur, et tenter de donner un sens à cette tragédie, alerte sur le danger de l'ecstasy, en rappelant qu’une seule dose suffit pour briser une vie.

Le monde est violent, disions-nous… Et, bien sûr, pas seulement en France. 

« Ouagadougou, une citadelle aux esprits assiégés » 

C’est à lire dans LE JDD. Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pays vit au rythme des attaques djihadistes. Au moins 500 morts depuis 2015. En début de semaine, près de 2000 personnes se sont réunies pour dénoncer "la mauvaise gouvernance" du président Kaboré. A leurs yeux, le pouvoir aurait démissionné face à la montée du terrorisme. 

Dans les pages du MONDE, une cartographie sur l’esclavage contemporain. On compterait aujourd’hui 40 millions d’esclaves à travers la planète. Travail forcé, mariage forcé, exploitation sexuelle. Ce sont les femmes et les enfants qui payent le plus lourd tribut. 

LE MONDE s'intéresse également à la Chine, où désormais les journalistes bossant pour les médias d’Etat chinois devront prouver qu’ils « pensent bien » pour conserver leur carte de presse. Que veut dire « penser bien » ? Eh bien, cela signifie : penser du bien du pouvoir et de l’autocrate XI Jinping. Dès le mois prochain, 10 000 d’entre devront passer des tests, permettant de vérifier leur fidélité au Parti communiste et à son dirigeant.  

Il est aussi question du dirigeant français dans la presse. 

« Pécresse accuse Macron »

C’est le titre à la Une JOURNAL DU DIMANCHE. Pour la présidente de la région Île-de-France, le président de la République jouerait "un double-jeu" sur les questions d’immigration. Ferme en parole, mais laxiste dans les actes. Et, « droite dans ses escarpins » - ce sont les termes de l’hebdomadaire, elle égrène quelques propositions « musclées » - là encore, c’est le mot de l’hebdo : la mise en place de quotas par métier pour l’accueil des étrangers, moins d’aides aux clandestins, lesquels seraient, dit-elle, attirés en France par la générosité de notre politique sociale… Valérie Pécresse, vraiment droite, très à droite. 

Le chef de l’Etat, lui, sera demain à New York, pour un sommet consacré à la défense du climat, organisé par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui supplie les chefs d’Etat et de gouvernement d’aller plus vite en la matière car, dit-il, « nous sommes en train de perdre la course ». Ce matin, LE PARISIEN s’interroge à sa Une.

« Réchauffement climatique : doit-on redouter un scénario noir ? »

Si rien n’est fait, précise le quotidien, les scientifiques estiment que le réchauffement pourrait atteindre 7 degrés d’ici la fin du siècle. Ce qui aurait alors des conséquences très concrètes, notamment en France : la Garonne totalement à sec, le marais poitevin envahi par la mer, des épisodes caniculaires plus intenses encore dans le Nord, une désertification du pourtour méditerranéen, la disparition des glaciers dans les Alpes... 

Le journal rappelle qu’il y a trente ans, on considérait que les travaux des experts étaient alarmistes, pessimistes, anxiogènes... Pourtant, ils disaient juste. Sans doute ne faut-il pas, dès lors, prendre leurs inquiétudes actuelles à la légère.

Il y a, malgré tout, du léger dans la presse dominicale. Tous les journaux applaudissent la victoire des rugbymen français, hier, lors de leur premier match de la Coupe du Monde au Japon. Victoire 23-21 face à l'Argentine, après avoir pourtant été malmenés jusqu'aux dernières minutes. Pour eux, la voie s'ouvre vers les quarts de finale. « Première marche », titre L'EQUIPE.  On dira que ces grands gaillards ont finalement bien tricoté. 

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