Ce dimanche, les journaux donnent la parole à deux membres du gouvernement. Agnès Buzyn explique le projet de réforme sur la bioéthique, et Marlène Schiappa s'engage à améliorer les conditions de travail des femmes de chambre. Par ailleurs, on découvre les raisons qui font que les chansons sont plus courtes qu'avant...

Pourquoi la terre est ronde ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi la pluie, ça mouille ? Pourquoi les chats, ça miaule ? Pourquoi tu veux que je dorme alors que je suis pas fatigué ? Les enfants posent souvent des questions auxquelles on a du mal à répondre… Et les adultes aussi peuvent être confrontés à des interrogations d’ordre existentiel… Pourquoi n’y a-t-il pas de synonyme au mot synonyme ? Pourquoi Eric Zemmour ? Pourquoi les chiens sont-ils aussi débordants d’affection chaque fois qu’ils viennent de patauger dans la boue ? Et pourquoi les chansons sont-elles plus courtes qu’avant ? Mais ici, on a la réponse. Dans LE JOURNAL DU DIMANCHE.

Ce n’est donc pas une impression. C’est une réalité. 

Il y a vingt ans, les chansons avaient une durée moyenne de 4 minutes 30. Désormais, la moyenne est de 3 minutes 42 secondes.

Près d’une minute perdue. Mais que s’est-il passé ? Eh bien, le phénomène s’explique par le changement des conditions de rémunération des interprètes et musiciens. Avec les CD, ils étaient payés à chaque vente de support physique – à chaque vente de CD. Mais avec le Streaming – l’écoute de la musique sur des plateformes numériques, un nouveau mode de calcul est apparu : l’artiste n’est payé qu’au bout de 30 secondes d’écoute, et le morceau aura beau s’étirer, la rétribution sera la même.

Ces derniers temps, le Streaming ne cesse de progresser, tandis que s’effondrent les ventes de CD, et les compositeurs se sont donc adaptés, multipliant les morceaux courts : plus de matière à écouter, donc plus de revenus potentiel… Les longues introductions ont même été abandonnées, et les refrains arrivent plus tôt. Objectif : accrocher l’auditeur dès le début, pour s’assurer qu’il restera au moins jusqu’à la barre fatidique des 30 secondes. 

Pourquoi les chansons sont plus courtes ? Parce que ça rapporte davantage. Dorénavant, même les artistes ne peuvent plus prendre leur temps. On dira que c'est l’époque. Tout va plus vite aujourd’hui. C’est vrai, mais on peut aussi résister à l’époque : choisir, donc, de prendre son temps… En se plongeant, par exemple, dans des revues qui offrent des récits au long court.

Le numéro d'été de LA REVUE DESSINÉE : passionnant, comme toujours

Notamment le reportage de Catherine Le Gall et Thierry Chavant, qui se sont rendus au Guilvinec, le premier port de pêche français dont les travailleurs sont soumis, nous dit-on, à « une équation aussi inextricable qu’un nœud marin : tenter de préserver la biodiversité tout en continuant à vivre de son métier »… Le sort des 20 000 marins-pêcheurs français ressemble à s’y méprendre à celui des agriculteurs. Comme eux, ils ont vu leur profession s’industrialiser… Comme eux, ils sont pris dans les mailles d’un filet tissé sur mesure par la grande distribution qui casse les prix… Comme eux, ils se sentent les boucs émissaires d’une crise écologique qu’ils subissent de plein fouet.

On peut également s’immerger dans une autre lecture.

Le deuxième numéro de la revue ZADIG : un hymne à la nature

Des écrivains nous y racontent leurs territoires et leurs chemins intimes : la terre du Médoc avec Catherine Poulain, Nice, la ville de son enfance, sous la plume de Véronique Olmi. Quant à Lola Lafon, elle nous brosse le portrait de sa famille, immigrée à Paris… Et puis il y a la Bretagne, l’Auvergne, le Queyras et les sommets alpins, les régions qui ont marqué la vie de Michel Serres, mort au début du moins…

En haute mer, c’est l’eau et le vent qui commandent… En haute montagne, vous apprenez l’humilité. 

Voilà notamment ce que nous dit le philosophe dans cette longue et douce conversation avec Eric Fottorino. La douceur, parfois, tient au temps passé à converser...  Prenez le vôtre pour lire cette conversation.

Deux membres du gouvernement s'expriment par ailleurs dans la presse dominicale. Là, bien sûr, c’est un autre rythme, mais en politique également, il faut parfois savoir donner du temps au temps…

Agnès Buzyn explique le projet de réforme sur la bioéthique

C’est dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, cette interview de la ministre de la Santé, à propos de ce que l’hebdomadaire appelle « la loi qui va révolutionner la famille »… Le JDD dévoile le texte en cours d’examen au Conseil d’Etat, ce projet de réforme sur la bioéthique, qui étend la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, et autorise la congélation des ovocytes… La ministre souhaite notamment « lever le voile sur la filiation » pour les enfants nés grâce à un donneur, afin qu’ils accèdent à des informations sur celui-ci à leur majorité. Elle indique par ailleurs que la PMA serait remboursée pour tous, et estime qu’aujourd’hui, « la société est prête » pour ces évolutions. 

De nombreuses études scientifiques montrent que les enfants élevés par des couples homoparentaux sont aussi heureux que les autres…

Lire aussi, à ce propos, la revue SCIENCES HUMAINES : _« Couples, parents, tribus : que devient la famille ? »Dans son édito, Jean-François Dortier nous invite à nous souvenir de ceux qu’on nommait « les enfants du divorce » il y a cinquante ans… Ils passaient, à l'époque, pour « des enfants à risque, autant dire des graines de drogués et de délinquants »_… Fausse idée, on l'a constaté rapidement. 

Le bouleversement actuel des familles nous pousse à repenser nos modèles. Mais l'histoire nous apprend que des modèles, il n'y en a peut-être jamais eu !

Dans LE PARISIEN DIMANCHE, c'est la Secrétaire d'Etat à l'Egalité femme-homme qui s'exprime. 

Marlène Schiappa veut améliorer les conditions de travail des femmes de chambre

Souvent décriée quand elle prend la parole – trop bavarde, trop médiatique, on trouve sa photo pleine page à la Une, avec cette citation : « Je veux défendre les femmes de chambre. » Améliorer les conditions de travail des employées qui assurent le nettoyage des hôtels comme des entreprises et des administrations… Employées souvent étrangères et souvent en contrats précaires, mais qui commencent à se faire entendre. Plusieurs mouvements de grève sont en cours dans le pays… Notamment à Marseille… « Femmes de chambre, femmes de ménage, mais surtout femmes de l’ombre », relève le quotidien. 

Dans le secteur de la propreté, majoritairement féminin, celles qui sont à la tâche pour changer les draps, vider les corbeilles à papiers ou nettoyer les sanitaires le font souvent loin des regards… Des horaires décalés, tard le soir, très tôt le matin… « Ces femmes ne doivent plus être invisibles », assure la secrétaire d’Etat, précisant que son arrière-grand-mère était elle-même femme de ménage et que ses conditions de travail, extrêmement difficiles, ne semblent pas très éloignées de celles qui existent aujourd’hui… Dans les prochaines semaines, elle recevra les fédérations d’entreprises de propreté et, en septembre, confiera une mission sur le sujet au Conseil supérieur de l’égalité professionnelle… 

« Ces femmes, les politiques les ont toujours négligées », note Frédéric Vézard dans l’édito du journal. Il conclut ainsi. 

Parce qu’elle veut réparer cet oubli, Marlène Schiappa mérite le respect. A condition, bien sûr, qu’elle réussisse à transformer ses généreuses intentions en changements réels. 

L’époque est aux changements : on le lit aussi dans LE MONDE. Avec, tout d’abord, une enquête sur « les névroses climatiques »… De plus en plus de Français développent une angoisse croissante face à une fin du monde qu’ils estiment inéluctable - et certains, ça les plonge dans une profonde dépression. Et puis, nettement plus léger... 

« T’as filmé la fête de l’école ? »

Enquête sur les kermesses, les fameuses fêtes dans les écoles – en ce moment, c’est la saison, avec les fameux spectacles de fin d’année… Les enfants dansent avec leur classe. Or, on constate que de nombreux parents passent tout le temps du spectacle à filmer leur progéniture… Ils filment avec leur smartphone pour pouvoir regarder ça de nouveau plus tard. Mais, dès lors, ils ne profitent pas vraiment du moment présent

Quant aux gosses, que voient-ils quand ils dansent ? Des rangées de smartphones. Prenons le temps de regarder nos enfants.

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