Le Parisien s'inquiète de la canicule annoncée cet été, et Slate nous apprend que les milliardaires américains ont augmenté leurs gains depuis le début de la pandémie. Mediapart s'intéresse au seuil d'immunité collective, revu largement à la baisse par des chercheurs, et dans Libération, on nous parle d'une gardienne.

L’affaire fait scandale en Colombie. C’est Anne Proenza qui la raconte dans Libération ce matin. L’histoire d’Edy Fonseca, une femme de 51 ans qui, avant la pandémie de Covid-19, était gardienne d’un immeuble bourgeois de Bogota. Avec deux collègues, elle travaillait par roulements de 12 heures, pour un salaire d’environ 300 euros par mois – un peu plus que le Smic local. Mais, quand le confinement a commencé, les deux collègues d’Edy ont été remerciés, et la copropriété lui a demandé de se débrouiller toute seule désormais. Autrement dit : de bosser 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7… 

On lui a dit de dormir sur un canapé installé au sous-sol, de se laver comme elle pouvait, et de se nourrir avec les 3 euros 50 que, généreusement, on lui a accordés comme prime quotidienne. Mais pas le droit de sortir, pas même pour aller voir sa famille, et pas même pour assister aux obsèques d’un neveu, de peur de ramener le coronavirus aux gentils habitants qui lui permettaient de conserver son travail en ces temps difficiles… 

Ça a duré un mois, jusqu’à ce que l’un des copropriétaires décide d’appeler les secours. Et, fin avril, enfin, son calvaire a pris fin. 

La quinquagénaire a finalement quitté l’immeuble en ambulance, le visage à moitié paralysé et en état de quasi-coma diabétique

Pendant quatre semaines, elle n’avait pas pu suivre son traitement correctement. L’histoire d’Edy Fonseca a donc déclenché l’indignation dans le pays, les journaux dénonçant une affaire d’esclavage moderne. Et la gardienne est devenue le symbole d’une certaine dérive « classiste » en Colombie »… Qu'est-ce que le « classime ». Un universitaire colombien nous donne sa définition. 

En Colombie, le "classisme", c'est une longue tradition de mépris permanent envers ceux qui semblent inférieurs, que ce soit pour leur condition sociale, leur genre, leur origine, leur penchant politique. 

Aujourd’hui, Edy Fonseca n’est pas encore totalement remise de ce mois maltraitée par les habitants de la copropriété. Elle souffre désormais de stress post-traumatique. A-t-on suffisamment parlé des gardiens et des gardiennes de nos immeubles pendant le confinement ?

En tout cas, il y en a qui ont su profiter de la crise sanitaire. Par exemple, les milliardaires américains, comme on le découvre sur Slate

Les milliardaires américains ont gagné 434 milliards de dollars, soit près de 400 milliards d’euro, entre le 18 mars et le 19 mai

Un bond de 15% en seulement deux mois, alors que, dans le même temps, des millions de personnes ont perdu leur emploi aux Etats-Unis. La valeur nette de la fortune de Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, a même augmenté de plus de 30% depuis le début de la pandémie, avoisinant maintenant les 148 milliards de dollars, à peine moins que le PIB de la Hongrie… 

Il est d’ailleurs question de la Hongrie dans Le Figaro. 

Une régression des droits des personnes transgenres en Hongrie 

Le Parlement hongrois vient d’adopter une loi qui rend légalement impossible de modifier son genre, et qui, donc, interdit le changement de sexe à l’état civil, alors qu’il était possible jusque-là. Et ce sont finalement les vies des personnes transgenres qu’on va rendre impossible. 

On lit le témoignage d’Ivett, une informaticienne de 39 ans, née dans un corps d’homme et devenue femme il y a 18 mois. Elle avait fait une demande de changement de sexe à l’état civil, et comme la nouvelle loi sera rétroactive, elle sait que sa demande sera refusée.

Cette loi bafoue nos droits les plus élémentaires, comme notre dignité, cela va conduire à des discriminations, et je suis incroyablement en colère.

Ivett songeait déjà à quitter la Hongrie. Trop de remarques agressives et de regards en coin. A cause de cette nouvelle régression sociale, elle va précipiter son départ vers l’Allemagne.

L'Allemagne, dont il est également question dans L’Equipe. Le quotidien sportif qui, chaque jour, doit se démener pour trouver des sujets, des angles intéressants, alors que les compétitions sont quasiment toutes à l’arrêt. Ce matin, l’angle du dossier est enthousiasmant. 

Le succès des footballeurs français dans la Bundesliga

26 joueurs tricolores évoluent cette saison dans le championnat allemand, une présence toujours plus appréciée outre-Rhin, notamment depuis le passage de Frank Ribéry au Bayern de Munich.  "Même les joueurs de Ligue 2 ont un fort potentiel", reconnaît d’ailleurs l’ex-entraîneur du Bayern, en louant la qualité des centres de formation français.

Un jeune Français de 20 ans fait déjà preuve d’une étonnante maturité. Il est déjà fort des deux pieds, techniquement au point et physiquement costaud !

Et voilà donc pourquoi, depuis quelques années, les clubs allemands ont pris l’habitude de venir recruter dans l’Hexagone. Quant aux joueurs recrutés, tous disent qu’ils sont très bien accueillis dans le pays. En plus, il y a plein de buts en Bundesliga, Une vraie volonté de marquer, que souligne Anthony Modeste, attaquant au FC Cologne. 

On voit très peu de 0-0 en Allemagne. Quand tu aimes le foot, tu aimes quand il y a de l’action, et dans la Bundesliga, ça ne manque pas. C’est assez kiffant.

« Kiffant », le dossier l’est aussi. Il y a des footballeurs français heureux d’avoir repris les matchs en Allemagne…  

Et puis on trouve aussi d’autres raisons de se réjouir ce matin. 

Au moins deux bonnes nouvelles à propos de la pandémie. D’abord, comme le titre Sud-Ouest, il n’y a "pas de seconde vague en vue… en tout cas pour l’instant". Et puis, sur Mediapart, des estimations rassurantes. 

Des chercheurs revoient nettement à la baisse le fameux seuil d’immunité collective

L’immunité collective, c’est l’idée qu’il existe une sorte de système immunitaire au sein d’une population. Pour l’heure, dans les articles et les publications scientifiques, d’un bout à l’autre de la planète, on nous disait ainsi que l’épidémie poursuivrait sa course morbide jusqu’à ce que 60 à 70% de la population soit immunisés. Mais pour fixer ce seuil, on s’appuyait sur une épidémie qui ressemblerait à la grippe. Or, en s’appuyant sur de nouveaux modèles, plus proches de ce qu’on observe avec le coronavirus, des chercheurs estiment que le seuil d’immunité se situerait plutôt entre 10 et 20%, bien au-dessous des estimations initiales. 

Le conditionnel s’impose, bien évidemment, mais le site en fait son sujet principal.

Alors, ces nouvelles projections auront-elles des effets dans notre quotidien ? Pour le tourisme, par exemple ? 

Avions cloués au sol, fermeture des frontières, des hôtels et des restaurants : les professionnels du tourisme s'inquiètent

Ils espèrent un assouplissement des mesures sanitaires pour limiter les effets d’une crise sans précédent. C’est le dossier à la Une de Libération : « Tourisme, l’été sera chaud ».

Et dans Le Parisien, c’est : « Météo, l’été sera chaud »… Chaud et sec, précise le journal, en rappelant que la France a enregistré cette semaine ses premières températures au-dessus de la normale. Dès lors, va-t-on revivre le même scénario que l’an dernier, voire pire ? Les prévisions pour les mois de juin, juillet, août, laissent présager de nouveaux épisodes de canicule. Les agriculteurs sont pessimistes pour les récoltes à venir. 

Autre conséquence, plus joyeuse, à lire dans Presse Océan : c’est « le rush sur les piscines ».Les professionnels sont débordés par l’afflux de demandes d’installations de piscines chez des particuliers qui en veulent une pour l’été. 

On peut les comprendre. Faire des plongeons dans l'eau, c'est toujours très... « kiffant ». 

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