Jeudi 31 octobre. Saint-Mandrier-sur-Mer dans le Var. Une jeune femme de 24 ans se retrouve suspendue dans le vide, au niveau du 4ème étage d’un immeuble. Elle tente d’échapper à son ex-compagnon.

Son calvaire a commencé la veille au soir. Elle était dans le parking de sa résidence à Toulon, lorsque l’homme, aidé d’un complice, la kidnappe. Ils lui scotchent les jambes et la bouche, l’emmènent dans un appartement. Pendant des heures, elle subit insultes et menaces. L’homme fait mine de la poignarder avec un couteau. Profitant d’une minute d’inattention des kidnappeurs, la jeune femme se précipite sur le balcon et l’enjambe. Son ex la rattrape par les mains à travers les barreaux. Une voisine prévient les forces de l’ordre. L’homme est placé en détention provisoire.

Vendredi 1er novembre à Périgueux

Une jeune femme de 26 ans sort de l’appartement de son compagnon. Elle est dans la rue, pieds nus et en larmes. L’homme la suit, l’insulte et la frappe. Des riverains appellent le commissariat. Les policiers raccompagnent la jeune femme chez elle. Quelques minutes plus tard, son compagnon tente de forcer sa porte. Il est interpellé. En 2016, il avait déjà été condamné à une lourde peine pour violences répétées sur une ancienne compagne.

Mardi 5 novembre, à Ferrières-en-Bray en Seine-Maritime

Une famille a fini de dîner. La femme fait une remarque à son conjoint. Il n’a pas lavé la vaisselle. L’homme l’attrape par le cou, tente de l’étrangler, puis de l’enfermer dans un congélateur coffre. Elle parvient à se barricader dans la chambre avec leurs trois enfants, appelle les gendarmes. Quand ils arrivent, le conjoint a quitté les lieux. Ils repartent, mais une heure après, l’homme revient et met sa compagne dehors. Après quoi, il s’enferme à la cave, avec les trois enfants, menace de les tuer et de se suicider. Il est interpellé, placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’approcher le domicile.

Ces récits, on les doit à Titiou Lecoq qui, sur SLATE, raconte trois semaines de violences conjugales en France. Treize histoires. Article simple et remarquable. Description clinique des faits. En 2017, Titiou Lecoq recensait déjà les féminicides conjugaux pour LIBÉRATION. Chaque jour, aux six coins de l’Hexagone, des femmes sont menacées, battues et tuées par leur compagnon ou leur ex. Déjà 137 mortes depuis janvier. 

Et c’est pour elles, et pour toutes celles qui endurent ces violences, que des marches auront lieu ce samedi, notamment à Paris. Des marches contre les violences sexistes et sexuelles, organisées par le collectif Nous toutes. 

Violences faites aux femmes : comment en finir ? 

C'est la question que pose à sa Une LE PARISIEN. Le gouvernement doit annoncer lundi de nouvelles mesures.  "Violences conjugales : tous pour nous toutes", titre LIBÉRATION, en pointant l’urgence à agir face à ce qu’on ne doit pas qualifier de « fléau », car c'est un terme qui renvoie aux plaies d’Egypte, et donc à un phénomène inéluctable. Ce n’est pas un fléau. C’est un scandale. Tous, nous pouvons agir. Nous sommes tous et toutes concernés.

Des scandales, on en trouve d’ailleurs d’autres dans les journaux. Par exemple dans LE PROGRÈS : "Des objets dérobés sur la tombe de Maëlys". Maëlys, fillette tuée en 2017 par Nordhal Lelandais, alors qu’elle avait à peine 8 ans et demi. Sur sa tombe, dans le cimetière de la Tour-du-Pin en Isère, on a notamment dérobé la statuette d’un ange déposée par sa mère. Une plainte a été déposée. Certains voleurs sont des salauds. Il n’y a pas d’autre mot.  

Mais on trouve également "de belles personnes" dans les journaux.

Carnets d'infirmiers de campagne

Rencontre avec deux infirmiers de campagne dans LA CROIX L’HEBDO. L’un s’appelle Max, 28 ans. L’autre, c’est Ludo, 38 ans. Ludovic et Maxime, infirmiers libéraux dans les Landes… et Dieu qu’ils sont touchants, ces hommes-là ! Fanny Cheyrou les a suivis durant toute une semaine, à Saint-Perdon, le village où elle-même a grandi. Et c’est une immersion à la croisée des vies, des espoirs et des souffrances du monde rural. Des soins de proximité dans un coin du pays qui, comme tant d’autres, se transforme en désert médical. Les tournées sont longues, mais les routes sont belles et les interventions variées. Des patients réguliers et d’autres qui s’ajoutent au cours de la journée. Un enfant qui se brûle, un vaccin à faire, une piqûre d’insuline… Avec un côté parfois très artisanal. On accroche des perfusions à des cintres, on maintient une cheville luxée avec deux bâtons. Maxime s'en explique.

Faute de moyens, c’est la créativité qui prime dans l’urgence.

Chaque matin, il s’occupe de la toilette de Madeleine, 94 ans. Tant bien que mal, elle se tient debout dans sa douche. Elle formule un regret. 

J’avais de si jolies fesses. Comment sont-elles, dis-moi, est-ce qu’elles sont toujours belles ont sont-elles devenues flasques ? 

L'infirmier, en jean, baskets et gros pull, se fait rassurant. 

Elles sont toujours belles, Madeleine, mais plus toutes jeunes !

Elle l’enlace au moment de sortir de la douche. Chaque mouvement, pour elle, est lent et douloureux. Il s’accroupit, et l’aide à enfiler sa culotte. 

Le deuxième pied, allez Madeleine ! 

Ensuite, direction la balance.

64, c’est bien ! Vous avez pris un kilo. Vous pouvez descendre, Madeleine… 

La nonagénaire questionne.

Je descends jusqu’où ?

Réponse de Maxime.

Ben jusqu’au sol, déjà ! En dessous du sol, pas tout de suite…

On se prend d’affection pour Maxime et Madeleine. 

C'est d'ailleurs le même sentiment qui nous gagne à la lecture de LIBÉRATION.

Des portraits de profs innovants

Des enseignants qui redonnent du sens à leur métier, tentant par tous les moyens d’intéresser leurs élèves. En Seine-Maritime, c’est l’initiative de Philippe Nicolas. Pour sensibiliser les collégiens au réchauffement climatique, il a organisé un voyage au Groenland. Ce sera dans quelques mois. Une grosse aventure : 21 profs, 19 chercheurs et pas moins de 450 élèves issus de 9 établissements différents. 

A Amiens, c’est l’initiative d’une prof d’histoire-géo. Une prof découragée par ses élèves qui piquent du nez quand aborde la guerre de 14-18. Elle en parle au petit-déj à son mari. Commentaire du monsieur.

Ils ont du mal à s’identifier. 

Elle lui répond alors. 

Pour comprendre, il faudrait qu’ils vivent comme les poilus… 

Et bim, elle embarque sa classe dormir une nuit dans une tranchée ! Sans sac de couchage… Les gosses s’en rappelleront toute leur vie. 

D’autres gamins sont en photo à la Une de L’ÉCLAIR : "Des migrants mineurs au chevet des seniors". Ça se passe à Arzacq, village au nord de Pau. Cinq ados africains qu’on forme à l’accompagnement des personnes âgées. On leur apprend donc un métier. Tout en répondant à un besoin de recrutement. 

Enfin, dans VAR MATIN, c’est le projet d’une femme de 79 ans. 

Elle s’appelle Jacqueline Llorens ; on la surnomme « Mamie bonnet »

Elle vit à Hyères, près de Toulon et, il y a quelques semaines, elle a posé des affichettes sur les vitrines des magasins. Un appel aux dons. Jacqueline avait besoin de pelotes de laine. Et les pelotes sont arrivées. Et puis la presqu’octogénaire a commencé à tricoter des tours de cou et des bonnets. Des bonnets de toutes les couleurs qu’elle agrémente de pompons et qu’elle offre à des associations qui viennent en aide aux sans-abris. Pour elle, double satisfaction. 

D’un côté, ça me distrait. Ça m’empêche de rester oisive. Et, de l’autre, ça me rend fière d’apporter un peu de chaleur à ceux qui vivent dans la rue… 

Du tricot solidaire, en somme. 

200 000 personnes vivent et dorment dehors en France, selon les estimations de la Fondation Abbé Pierre. Chaque année, ils sont plusieurs centaines à en mourir. 566 morts de la rue l’an dernier, d'après le collectif qui s’emploie à les recenser. 

Là encore, ce n’est pas un fléau. Là encore, c’est un scandale. Là encore, nous pouvons agir, et nous sommes tous concernés.

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