« Que s’est-il passé dans ce petit pavillon de la résidence des Terrasses de Pont-Rémy dans la Somme ? » C’est par cette question que commence l’article du COURRIER PICARD.

Muriel Robin en appelle au chef de l’Etat, pour que les femmes battues ne meurent plus écrit-elle « dans l’indifférence générale »
Muriel Robin en appelle au chef de l’Etat, pour que les femmes battues ne meurent plus écrit-elle « dans l’indifférence générale » © Getty

« Un homme d’une cinquantaine d’années a été retrouvé mort ce samedi 22 septembre, vers 21 heures, par le GIGN. Probablement un suicide par arme à feu. L’enquête devra le confirmer. » 

L’homme s’était retranché dans son domicile après avoir poignardé sa compagne, dans l’après-midi vers 15 heures.

« Celle-ci, âgée d’environ 45 ans, avait pu s’enfuir et trouver refuge chez des voisins, qui ont alerté les secours. Transportée au centre hospitalier d’Amiens dans un état jugé sérieux, son pronostic vital était hier soir réservé. » Le quotidien nous donne l’identité de l’homme, pas celle de la femme, et selon ses informations, tous les deux étaient salariés du conseil régional.

« Le couple n’avait jamais fait parler de lui. Il n’avait aucun antécédent judiciaire », précise LE COURRIER PICARD, qui conclut par cette phrase : « Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes d’un drame qui prend peu à peu les atours d’un drame conjugal », et l’on retrouve le terme dans le titre du papier : « Une femme poignardée dans un drame conjugal à Pont-Rémy ». On relit la formule. On tique de nouveau.

Non, ce n’est pas un « drame conjugal », c’est une tentative de meurtre.

Selon les statistiques, tous les trois jours, en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou d’un ancien conjoint, et le sujet fait la Une du JOURNAL DU DIMANCHE. « Violences conjugales : les chiffres qu’on ne veut pas voir »… Un titre en lettres rouges sur un fond noir, et la photo des mains d’une femme qui protège son visage… Malgré une panoplie de politiques publiques, « le malaise demeure », note l’hebdomadaire, en évoquant, je cite, « une hécatombe intolérable »

Certains parlent de « féminicide ». Le mot n’apparaît pas ici. D’ailleurs, il ne figure pas non plus dans le Code pénal, mais on le trouve dans Le Petit Robert, qui le définit comme « le meurtre d’une femme ou d’une fille en raison de se sexe ». Un crime reconnu par plusieurs pays d’Amérique latine, mais pas encore en France, où des associations féministes réclament depuis des années son inscription dans la loi.

Dans 20% des cas, ces homicides se déroulent le dimanche.

Ce sont les chiffres du ministère de l’Intérieur. Des meurtres à la maison, souvent sous le regard des enfants. LE JOURNAL DU DIMANCHE fait le récit de six histoires rapportées par la presse régionale.

L’histoire de Ninon. Elle vivait à Nîmes et elle avait 20 ans. Son compagnon était jaloux. Il craignait qu’elle le trompe. Il l’a battue à mort un dimanche de 2016. 

L’histoire de Marie-France, poignardée par son conjoint un dimanche de 2015, dans leur appartement du 16ème arrondissement de Paris. Elle était hôtesse de l’air, ils avaient quatre enfants. L’homme s’est ensuite jeté du 8ème étage.

Un dimanche de 2017 : une femme abattue avec deux de ses enfants sur le quai d’une gare dans l’Oise. Son époux n’avait pas supporté qu’elle le quitte… Une autre torturée pendant des heures à Mantes-la-Jolie. C’était en 2012. Là encore, un dimanche. Elle avait 24 ans. Son mari dix de plus. Il a été condamné à perpétuité. 

Alors, fait-on assez pour protéger les femmes ? Les dispositifs, en France, sont-ils suffisants ? Pour certains, la réponse est non, ainsi qu'ils en font part dans une tribune. 

Un appel en faveur des victimes de violences conjugales

L'initiative vient de la comédienne Muriel Robin qui, après s’être battue, avec d’autres, pour obtenir la grâce de Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari violent, interprète aujourd’hui son rôle dans un téléfilm. Son histoire l’a touchée, indignée, révoltée, et avec 87 personnalités, issues pour l’essentiel du monde de la culture, Muriel Robin en appelle au chef de l’Etat, pour que les femmes battues ne meurent plus, je cite, « dans l’indifférence générale ». La tribune invite à un rassemblement le 6 octobre, devant le Palais de Justice de Paris, et elle se conclut par cette phrase :

Sauvons celles qui sont encore vivantes. 

Il est question d’autres tribunes sur le HUFFINGTON POST.

Une bataille de pétitions entre la chroniqueuse de C8 Hapsatou Sy et le polémiste préféré de l’extrême-droite Eric Zemmour.

Ce dernier avait estimé que le prénom de la première était « une insulte à la France ». Exigeant des excuses, Hapsatou Sy a lancé jeudi une pétition visant à « interdire de médias les personnes portant des messages d’incitation à la haine ». Celle-ci a déjà recueilli plus de 200.000 signatures. En réponse, une autre pétition a vu le jour : pétition de soutien pour qu’Eric Zemmour puisse continuer à s’exprimer librement… Celle-là, pour l’heure, n’a atteint que 10.000 signatures. 

Sur MEDIAPART, Antoine Perraud analyse le dernier ouvrage de Zemmour, Destin Français qui, paraît-il, se vend comme des petits pains. Il le juge « nauséeux ».

Sous couvert d’une réflexion sur l’histoire, c’est un livre de guerre civile : un appel à l’expulsion de l’islam de France, et le pendant antimusulman de La France juive de Drumont… 

A ce propos, on parvient néanmoins à sourire devant le dessin de Terreur Graphique dans LIBERATION. C’est un petit bonhomme attablé avec ses parents.

Papa, maman, je veux changer de nom ! Il est pourri, le mien… Tout le monde se fout de ma gueule à l’école… Je voudrais qu’on m’appelle Mohamed !

Sa mère est effrayée. 

Franchement, t’as pas une tête à t’appeler Mohamed, Eric !

Puis son père, défait : « Moi, j’ai toujours rêvé de m’appeler Glwadys… »

D’autres sourires à la lecture de la presse du Nord ; LA VOIX DU NORD, NORD LITTORAL, qui saluent l’initiative de jeunes habitants de Calais.  Ils viennent de lancer une boutique singulière. 

Une boutique en ligne parodiant celle de l’Elysée

Le nom du site, c'est « Enlysée », site qui, tout comme l’Elysée, vend donc des objets dérivés. Mais là, les messages ne font pas l’apologie du président de la République. Pour dix euros, on peut s’offrir un mug avec l’inscription « Travaille pour te payer un costard » et un autre avec l’inscription « Traverser la rue » - eh oui, déjà... Pour vingt euros, on peut s’acheter un maillot floqué du mot « Fainéant » ou bien de la phrase « Je coûte un pognon de dingue » ou encore d’un portrait d’Alexandre Benalla… L’intégralité des bénéfices sera reversée à deux associations d’aide aux migrants. 

Pour le reste, dans le JDD, vous lirez une longue enquête sur l’ancien évêque Monseigneur di Falco, « L’évêque qui flambait trop »… En quittant son diocèse de Gap l’an dernier, il a laissé un trou de plusieurs millions d’euros.

Autre enquête dans LE PARISIEN. Cette fois, il s'agit de Gérard Depardieu… Aperçu il y a quelques jours en Corée du Nord aux célébrations du régime dictatorial, il demande désormais la nationalité turque… Long portrait d’un homme sans limite et sans tabou. 

Enfin, dans LE FIGARO, les pages du « carnet du jour », quelques mots d’un anniversaire.

Rosemarie Albach-Retty, dite Romy Schneider, aurait 80 ans ce dimanche 23 septembre.

Que ceux celles qui l’ont aimée et l’aiment encore aient une pensée pour elle. Merci.

Le message est signé « Alain Delon ». 

Toutes les femmes devraient pouvoir vivre au moins jusqu’à 80 ans.

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