Il devrait arriver dès demain soir à Rome, avec une délégation d’une dizaine de personnes et, bien sûr, son épouse, avec laquelle il logera au palais Farnèse, siège de l’ambassade de France en Italie.

Et c’est le lendemain matin, mardi, qu’aura lieu l’entretien qui fait la Une, cette semaine, de LA VIE : Emmanuel Macron va rencontrer le Pape

Ils sont en photo tous les deux et le titre, d’emblée, attise la curiosité : « ce qu’ils vont se dire ». On imagine alors que le journal a eu accès à des confidences exclusives, confidences du président de la République ou même du souverain pontife. Dès lors, on est un peu déçu quand on lit, sous la plume de Pascale Tournier : « En fait, nul ne sait vraiment ce qu’ils se diront. Et cela, malgré la préparation minutieuse des corps diplomatiques de l’Etat français et du Saint-Siège. » « La conversation peut se transformer en simple discussion spirituelle », dit-on d’ailleurs à l’Elysée. Mais une chose est sûre, estime l’évêque de Nanterre Matthieu Rougé : « Emmanuel Macron sera impressionné, car une rencontre avec le pape n’est jamais anodine. » « Ce sera un grand moment de son existence, abonde un autre représentant ecclésial. _Le pape va lui dire des choses simplissimes qui vont toucher son cœur_. » Mais alors quoi ? C’est toute la question. 

Sachant qu’entre les deux hommes, ça avait plutôt assez mal commencé. Même très mal commencé, nous rappelle LE PARISIEN. Printemps 2017 : l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. On questionne le pape François sur le sujet : lequel des deux finaliste a-t-il sa préférence ? « Je sais que l’une représente la droite forte, lâche-t-il, mais l’autre, je ne sais d’où il vient. » Il refuse de choisir. Stupeur dans le camp Macron, où l’on dit aujourd’hui qu’il s’agit donc avant tout de faire connaissance. Mais l’Elysée évoque déjà « des«convergences entre leurs visions du monde ». Quand le pape parle d’espérance, « l’équivalent laïc, c’est l’optimisme de la volonté de Macron », pousse l’un de ses conseillers. « Ils ont pris l’un et l’autre la tête d’une institution et d’un pays fatigués. Ils se ressemblent », assure un autre, tandis que le porte-parole de la présidence explique que le chef de l’Etat est, je cite, « un agnostique spiritualiste » et que, chez lui, « la question de Dieu est ouverte ». Ouverte, certes, mais en avril, lors de son discours au Collège des Bernardins, il avait multiplié les signes conciliants à l’adresse des catholiques, lançant aux évêques de France qu’il souhaitait « réparer le lien abîmé entre l’Eglise et l’Etat » - un lien qui se serait abîmé lors des débats sur le mariage pour tous. Et, dès lors, selon LE PARISIEN, l’objectif de cette visite officielle est bien de conquérir l’électorat catholique.

Les cathos seraient un cœur à prendre. Longtemps séduits par la droite, ils seraient aujourd’hui un peu déboussolés, comme le résume un proche du chef de l’Etat : « Laurent Wauquiez, dit-il, est en pleine dérive, et même s’il faisait un pèlerinage Paris-Lourdes à genoux, ça ne prendrait plus, les catholiques ne sont plus dupes ! » Confirmation du politologue Jérôme Fourquet : « Dans son projet d’élargir sa majorité en fracturant la droite, arracher les catholiques modérés à l’emprise des Républicains est clairement un objectif stratégique du président. » D’où le dessin de Rançon… Macron s’adresse au pape : « Et si je remplaçais les aides sociales qui nous coûtent un pognon de dingue par la charité chrétienne, est-ce que ça m’attirerait les voix des catholiques ? » Le Pape ne répond pas… 

Alors donc, que se diront-ils ? LA VIE dresse la liste des sujets qui, sans doute, seront abordés. Premier sujet : les migrants. Sujet qui, ce matin, fait la Une du JOURNAL DU DIMANCHE, avec une photo prise à bord de L’Aquarius. Des hommes sur le ponton, certains sont enveloppés dans une couverture. Il en est qui regardent la mer, et d’autres qui lèvent la tête vers le ciel. « Migrants, ce que l’Europe peut faire », titre l’hebdomadaire. Aujourd’hui, à Bruxelles, les dirigeants de seize pays européens vont tenter d’apaiser les tensions dans l’Union à propos de ce qu’on nomme, au choix, « le défi migratoire » ou « la crise des réfugiés ». Cette réunion doit  préparer le Conseil européen de jeudi et vendredi, mais « aucun consensus n’est à portée de main », prédit le journal, précisant que depuis le début de l’année, seules 40.000 personnes sont arrivées en Europe par la mer, contre plus de 200.000 en 2014… Un nombre d’arrivée en forte baisse : le sujet ne serait donc pas tant migratoire que politique… Reportage à Valence, avec les rescapés de L’Aquarius. Pour l’heure, 290 des 630 passagers ont fait savoir qu’ils voulaient rejoindre la France. Rencontre avec un jeune Ghanéen de 20 ans. Il se soucie peu de l’endroit où il vivra plus tard. « Peu importe. _Quand on est passé par la Libye, on a connu l’enfer, alors rien que le fait d’être en vie, c’est déjà merveilleux. »LA VIE nous rappelle que le pape François a toujours été favorable à l’accueil des réfugiés, invitant à les voir comme « une richesse » plus que « comme une menace pour notre confort »_. L’échange sur le sujet ne devrait pas manquer d’intérêt.

Tous les deux devraient aussi parler des questions éthiques. Et, en tête de celles-ci : la procréation médicalement assistée. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : autoriser la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes. A ce propos, lisez dans LE MONDE la passionnante enquête de François Rousseau : « Être femme et lesbienne, c’est la double peine ». Cinq ans après le mariage pour tous, et alors que les gays ont gagné en visibilité – ils s’assument de plus en plus ouvertement, les femmes homosexuelles manquent encore de reconnaissance. Certaines se racontent dans les pages du journal, elles racontent pourquoi elles continuent de vivre cachées, choisissant souvent de taire leur orientation sexuelle à leurs collègues ou même à leur famille. Une loi du silence qui serait liée à une lesbophobie très ancrée dans la société. 

Ce matin, les journaux saluent le parcours d’Amélie Mauresmo, qui vient d’être nommée capitaine de l’équipe de France masculine de tennis. « Mauresmo au pouvoir », commente L’EQUIPE. « Mauresmo, première femme à diriger les Bleus », se réjouit LE TELEGRAMME. Elle est l’une des rares sportives à avoir dit ouvertement qu’elle était homosexuelle.  D’autres n’y arrivent pas. Je ne sais pas si le pape et Emmanuel Macron parleront d’Amélie Mauresmo.

Peu probable également qu’ils évoquent le sujet de la piscine, la future piscine du fort de Brégançon ! Des détails dans le JDD : elle sera démontable, profonde d’1 mètre 20, longue de 10 mètres sur 4 et coûtera, selon l’Elysée, 34.000 euros. La présidence assure que cet aménagement permettra d’économiser 60.000 euros, « soit le coût de deux embarcations de la gendarmerie d’ordinaire dévolues au sauvetage en mer, et qui sont mobilisées l’été pour la protection du président ». En revanche, aucune rénovation pour le terrain de tennis de la résidence de la Lanterne, dont Emmanuel Macron déplore régulièrement l’état. Etant donné la polémique sur la piscine de Brégançon, « je crois qu’on ne va pas y toucher », lâche un ami du chef de l’Etat… Autre info pseudo-politique – c’est toujours dans le JDD : dans la revue CHARLES, qui sort la semaine prochaine, Marine Le Pen se confie sur sa passion pour les chats. « C’est absolument ridicule, dit-elle, mais je suis consciente et lucide sur ma situation de dépendance. » Posséder un élevage fait partie de ses futurs projets. « Quand j’aurai un tout petit peu de temps à moi. » Marine Le Pen future éleveuse de chats, c’est une information.

Pour le reste, allez lire sur LES JOURS, la nouvelle série d’Aimée Thirion. La vie du pays racontée à travers les mains courantes déposées dans les commissariats. Des menaces, des embrouilles, des doléances, le quotidien des Français, et LES JOURS ont besoins de nouveaux lecteurs pour continuer d’exister. De nouveaux abonnements. Surtout, n’hésitez pas… Dans LE PARISIEN, j’ai relevé cette info média : « Gilbert Montagné veut gagner ‘le Meilleur Pâtissier’ ». Le chanteur non-voyant mettra la main à la pâte dans la prochaine saison de l’émission de télé, actuellement en tournage. Enfin, saluons l’arrivée d’une nouvelle revue, L’ÂME DES LIEUX – les lieux qui font le monde… On nous emmène voir des volcans en Islande, on nous emmène nous balader sur les toits de Paris, on nous emmène dans les recoins secrets de Venise : « des endroits qui nous rendent heureux », nous dit-on… On pourrait également nous emmener à Rome.

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