Des masques, des attestations de sortie, des banderoles de soutien aux soignants : voilà quelques-uns des objets envoyés ces dernières semaines au Mucem, à Marseille. Il y a un mois, le Musée des Civilisations et de la Méditerranée a lancé un appel aux dons, afin de recueillir des objets symboliques du confinement.

Arc-en-ciel dessiné pendant le confinement
Arc-en-ciel dessiné pendant le confinement © Getty

Comme d’autres institutions à travers la planète, le Mucem s’est lancé dans la collecte de symboles pouvant documenter l’expérience de vie singulière qu’aura été le confinement des populations.  Un musée de Londres recueille ainsi les panonceaux et autres dessins d’arc-en-ciel qui ont fleuri en masse dans les vitrines outre-Manche. Un musée du Danemark recueille des photos. Un musée canadien recueille des témoignages filmés par les habitants. Et le Mucem a donc, lui, choisi les objets.

Comme on peut le lire dans Le Journal du Dimanche, plus de 350 personnes, des six coins de l’Hexagone, ont, pour l’heure, répondu à cet appel aux dons. 

Banderoles, masques, attestations sortie, mais aussi des casseroles, celles qui ont servi pour faire du bruit aux fenêtres le soir à 20 heures

Un Marseillais est venu déposer sa paire de chaussures de randonnée, usée dans les calanques, seulement une heure par jour, bien sûr, mais tous les jours. Autre étrangeté : une brouette confectionnée par un jeune papa, et munie d’un étonnant harnais abdominal, pour tirer ses enfants et se muscler en même temps. Des objets qui, dixit le musée, racontent la césure entre le dedans et le dehors, ou bien encore, tout simplement, le temps qui passe. 

La collecte se terminera le 31 mai. Les objets seront alors triés, puis des anthropologues, des sociologues, des chercheurs mèneront ensuite des enquêtes pour analyser la période. "Le confinement entre au musée", titre l’hebdomadaire.

D’autres objets racontent ce moment dont nous sortons à peine

Des objets qui, dès lors, mériteraient aussi leur place au musée.

A la Une de La République du Centre, on trouve la photo d'une balance. Un grand dossier sur le poids du confinement. A la Une de La Dépêche du Dimanche, on trouve la photo d'une télévision. Parce que, pendant le confinement, le petit écran est devenu, ou redevenu, le centre du quotidien de nombreux Français. 

De son côté, L’Express évoque l’explosion des ventes d’hygiaphones, qui avaient quasi disparu des administrations. Dans Nord Littoral, on nous dit que le virus a relancé les camping-cars : mobilité, indépendance, cette façon de voyager connaîtrait un nouvel essor. Dans La Montagne, c’est un dossier sur la barbe : durant le confinement, beaucoup d’homme ont choisi d’arrêter de se raser. Dans Elle, c’est un dossier sur le soutien-gorge : durant le confinement, beaucoup de femmes ont choisi d’arrêter d’en porter.

Et puis, La Croix L’Hebdo nous raconte le pain… Pas celui que certains se sont mis à faire chez eux, dans leur cuisine, mais celui qu’on a pu continuer d'acheter dans nos boulangeries, lesquelles, pendant le confinement, sont restées un repère, surtout en campagne. 

Lisez ce reportage, très beau reportage sur ce couple de boulangers de Dordogne, qui a su maintenir le lien avec des personnes isolées, en allant vendre ses baguettes, ses croissants, à bord d’un petit camion sur les routes du département.

Le flacon de gel hydroalcoolique

Cet objet-là, on le retrouve dans Le Canard Enchaîné. Un dessin de Bouzard qui nous montre un dîner d’amis. Un couple en reçoit un autre, tout le monde est masqué, et les invités arrivent avec un bouquet de fleurs, mais aussi un flacon pas destiné à être bu.

On vous a apporté une bouteille de gel hydroalcoolique ! 

Et les hôtes, ravis de cette délicate attention. 

Rôôô ! Il ne fallait pas !

Les flacons de désinfectants auraient bien leur place au musée.

Il est aussi question d’un humoriste ce matin. Un homme dont on ne soupçonnait pas l’importance politique.

Le coup de fil d'Emmanuel Macron à Jean-Marie Bigard

Jean-Marie Bigard, qui, pendant le confinement, a posté sur Instagram de nombreuses vidéos pour se plaindre de la gestion de la crise par le gouvernement.  

J’en ai marre de voir des guignols nous diriger ! 

Dans l’une de ces vidéos, il s’est adressé directement au chef de l’Etat, pour l’interpeller sur la situation des bistrots… Son mot d’ordre : il faut les rouvrir sans tarder ! 

Pourquoi on rouvre pas les bars ? On sait se tenir à un mètre. On peut quand même discuter le bout de gras ! Rouvre ! Y a 200 000 entreprises, entre les bistrots et les brasseries, qui sont en train de crever. Rouvre ! Rouvre !

Or, il semble que son appel au président de la République a été entendu. En tout cas, sa colère est arrivée jusqu’aux oreilles de l’intéressé, et, dans Le Monde, on apprend qu’Emmanuel Macron a appelé Jean-Marie Bigard il y a quelques jours, par l’intermédiaire de Patrick Sébastien. Et selon l’humoriste, soutien des Gilets jaunes, le chef de l’Etat lui aurait donné raison, en lui promettant pour très vite un échéancier sur la réouverture des bars. 

Macron qui appelle donc Bigard : le coup de fil mériterait sans doute lui aussi sa place dans un musée.

Il est également question de deux ministres ce matin. Tout d'abord celui de l'Intérieur dans Le Parisien

Municipales 2020 : élections, mode d'emploi

Christophe Castaner explique donc l’organisation de ce second tour qui se tiendra le 28 juin. D'abord, en justifiant la date. 

C’est une décision ferme, mais réversible en fonction de la situation sanitaire, comme toutes les décisions que nous prenons dans le cadre du déconfinement. 

Ensuite, il promet des masques à disposition des électeurs dans tous les bureaux de vote, refuse l’idée d’avoir recours au vote électronique, mais se dit prêt à réfléchir aux procurations : pas impossible que les électeurs puissent voter pour plusieurs personnes. 

Dans Le Journal du Dimanche, c’est le ministre des Comptes Public, Gérald Darmanin, réélu hier maire de Tourcoing, et qui a été autorisé à cumuler cette fonction avec son poste de ministre. Le titre à la Une, c'est : "L’offensive Darmanin". Lequel, dans une longue interview, réclame, je cite, "une politique pour le peuple", et préconise de généraliser la participation des salariés aux bénéfices des entreprises. "Il se pose en atout social de Macron", dixit l’hebdomadaire.

Pour finir, direction les Etats-Unis. 

La Une du New York Times

C’est la première fois, je crois, que le New York Times propose ce genre de Une : uniquement des noms, ce dimanche. Une liste de 1 000 noms, suivis chaque fois d’une petite phrase ou quelques mots de biographie, traduits par le Huffington Post

"Mike Fiels, 59 ans, parmi les premiers secours lors des attentats du 11 Septembre… " "Torrin Jamal Howard, 26 ans, doux géant, athlète et musicien… " "Clair Dunlap, 89 ans, pilote qui donnait encore des leçons de vol à 88 ans…" "Kimarlee Nguyen, 33 ans, écrivaine qui a inspiré les élèves de son lycée de Brooklyn..." "Bassey Offiong, 25 ans, qui, dans les pires moments de leur vie, parvenait toujours à faire ressortir le meilleur à ses amis…" 

Les 1000 personnes sur cette page représentent 1% du bilan, et elles étaient des nôtres.

1% des victimes, alors que les Etats-Unis vont franchir la barre des 100 000 décès du Covid-19. Comme le souligne le Huffington Post, les nécrologies viennent des quatre coins du pays, et cette couverture a déjà été partagée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux… Des réseaux sur lesquels de nombreux Américains se sont par ailleurs indignés de l’attitude de Donald Trump qui, hier, a passé une partie de journée à jouer au golf. 

La Une du New York Times mériterait évidement sa place au musée. 

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