Demain après-midi, pour le Quinté à Auteuil, LE PARISIEN nous propose ses pronostics. Il va falloir compter avec "Cafertiti" et "Cheb de Kervinou"… Tous les deux n’ont jamais déçu depuis le mois de septembre… Bien sûr, il ne faut pas "Dottore", qui vient de remporter trois victoires consécutives.

Parmi les surprises possibles, "It’s Jennifer" présente un profil très intéressant : elle a  de la fraîcheur, nous dit-on, en cette fin d’année. Mais le cheval qui a le plus de chance de l’emporter, c’est, paraît-il, un galopeur de six ans, un galopeur indifférent à l’état du terrain. Il s’appelle "Radiologue". Les chevaux ont toujours des noms intéressants… 

Si l'on veut jouer, le journal nous invite donc à parier sur "Radiologue", mais même si vous ne vous intéressez pas aux courses, même si vous n’avez que faire du prochain quinté à Auteuil, vous verrez, en feuilletant la presse, qu’il est beaucoup question de radiologie ce matin. Les journaux jouent les radiologues et proposent une radiographie de la France d’aujourd’hui… 

Les journaux auscultent les blessures du pays.

A commencer par celles que révèle le mouvement des gilets jaunes. Comme depuis maintenant dix jours, toute la presse est couleur canari ce matin, à l'occasion de la nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes… "Et maintenant, direction Paris", titre ainsi CENTRE PRESSE. "Cap sur la capitale", confirme L’YONNE RÉPUBLICAINE, tandis que LE COURRIER PICARD souligne qu’il s’agit d’une "journée capitale". Mais, dès lors, combien donc seront-ils à Paris ? Pour l’heure, impossible à savoir, mais "les gilets jaunes promettent un samedi noir", annonce à sa Une L’UNION.

Christophe Castaner s’inquiète.

Il l’explique dans les colonnes de MIDI LIBRE… Le ministre de l’Intérieur craint des débordements lors de la manif parisienne. Tout faire, donc, pour les éviter : c’est le premier objectif de l’exécutif, comme on le lit dans LE PARISIEN, qui évoque "la hantise de la bavure". Un conseiller de Matignon le confie.

Notre priorité, c’est d’éviter les morts et les centaines de blessés de la semaine dernière.

Sachant qu’avec un tel mouvement spontané, "les inconnues sont multiples", affirme un haut gradé spécialiste du maintien de l’ordre.

Il y a un seuil de désespérance tel qu’il y a des individus prêts à aller jusqu’au bout dans une logique de dégradation et de violences, malgré les discours de pacifisme.

La preuve dans LE COURRIER DE L’OUEST, qui revient sur ce qu’il nomme "_le geste fou d’un gilet jaune"_. Un homme armé d’explosifs qui s’est retranché hier dans une station de lavage d’Angers. Il exigeait que des représentants du mouvement soient reçus à l’Elysée. Le Raid et la police sont intervenus. L’homme s’est finalement rendu peu avant 23 heures. 

Les représentants du mouvement ne seront pas reçus à l’Elysée.

Non, contrairement aux rumeurs qui ont circulé ces derniers jours. Mardi, le chef de l’Etat doit recevoir les syndicats, des élus, des parlementaires et des ONG spécialisées dans l’Environnement. Et suite à cela, il précisera le cap de la transition écologique pour les prochaines années. Une transition qu’il souhaite désormais rendre "socialement acceptable" : voilà donc sa réponse au mouvement des gilets jaunes… 

Pas certain que cela suffise. Dans LIBÉRATION, Laurent Joffrin nous rappelle un mouvement d’il y 25 ans.

En 1992, le gouvernement socialiste fut en bute à la révolte des chauffeurs routiers opposés au permis à points… Après une phase de bras de fer – blocage des routes et appels au char pour débloquer, Pierre Bérégovoy accepta de recevoir un improbable négociateur nommé « Tarzan »… Il en sortit un compromis honorable, qui ramena le calme… Utile leçon d’histoire sociale.

Mais ici, quels leaders faudrait-il inviter ? LE FIGARO nous en présente quelques-uns… Un cadre à Toulouse, un père au foyer en Haute-Savoie, un chef d’entreprise de Vanne, un chauffeur routier de Haute-Loire, une vendeuse de Béziers, un dirigeant de société dans le Morbihan… Tous expliquent les raisons de leur colère : des classes moyennes qui s’enfoncent dans la précarité, des retraités étranglés et, bien sûr, le ras-le-bol des taxes… Une France qui n’arrive plus à boucler ses fins de mois, qui s’oppose à une autre, plus aisée, qui considère que la préservation de la planète est plus importante que le coût de l’essence… 

Il existe une cassure dans le pays.

Une cassure entre deux France. C'est l'analyse du politologue Jérôme Fourquet dans LE PARISIEN, le quotidien évoquant en Une "le risque de fracture"… On le disait, les journaux, ce matin, jouent les radiologues.

Et l’on retrouve le mot « fracture » dans LIBÉRATION. Un mot et une question : c’est "Qui va payer la fracture ?" Face au mouvement qui s’enracine et face à une majorité de plus en plus divisée, le gouvernement semble hésitant, et il s’agace du manque de zèle des parlementaires pour défendre ses mesures… Mais certains députés rappellent qu’ils avaient alerté sur le risque d’un ras-le-bol général, sans être réellement écoutés… 

La lutte contre les violences sexistes.

C'est l'autre grand sujet à la Une. Manifestation à Paris, et dans d’autres grandes villes de France… Vous en avez longuement parlé avec votre invitée… Harcèlement, injures, mépris au travail. Des visages de jeunes femmes à la Une de LA MARSEILLAISE, et ce titre "Respectez-nous !" "Mobilisons-nous" renchérit LA MONTAGNE, tandis que LIBÉRATION CHAMPAGNE rappelle que les violences faites aux femmes n’arrivent pas toujours qu’aux autres… On rêverait que les gilets jaunes se parent de foulards violets…

Une autre fracture à la une du LE FIGARO… Fracture entre le Royaume-Uni et les autres pays européens.

L’Europe donne son feu vert au Brexit. 

C’est demain, lors d’un conseil des chefs d’Etat à Bruxelles, que doit être ratifié le projet de traité actant le divorce entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne. Le projet sera ensuite soumis au Parlement britannique. Charge à Theresa May de le faire accepter… 

A ce propos, on découvre sur SLATE que l’Angleterre se prépare en Brexit en stockant des millions de litres de vin… Bien que les vignobles anglais existent, le Royaume-Uni importe 99% de ses bouteilles de vins, essentiellement d’Europe, France et Italie en tête… Peur de la pénurie si le pays perd tous ses avantages douaniers… Les marchands, du coup, font des stocks.

Mais c’est bien Paris qu'on boit le plus. 

Paris, capitale mondiale de consommation de vin.

Résultat d’une étude dont se fait l'écho LE FIGARO… Les Parisiens boivent semble-t-il bien plus que les Londoniens, les Milanais et même les habitants de la Ruhr… Ne pas trop boire quand même… Lorsqu'on boit trop, on chute, il y a risque de fracture… Et ensuite, on doit filer chez le radiologue.

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