Ce samedi, on parle des photographes dans les journaux. Avec l'épidémie de coronavirus, certains photographes de presse continuent de travailler et, avec leurs images, de raconter les soubresauts du pays et du monde. D'autres, à l'inverse, n'ont plus de boulot : ceux qui shootent les vedettes pour les magazines people.

« Et vous, vous faîtes quoi le 11 mai ? » Depuis plusieurs semaines, Mimi Marchand fait la tête. Mimi Marchand, c’est la patronne de l’agence Bestimage, "la reine des paparazzis", comme la surnomme Laurent Telo dans M, Le Magazine du Monde. Bestimage est une société qui vend des photos de célébrités aux magazines de la presse people. Or, à cause du confinement, il n’y a plus grand-chose à se mettre sous l’objectif… A tel point que l’hebdomadaire Voici a décidé de suspendre sa parution durant tout le mois d’avril. Mauvaise nouvelle pour les coiffeurs et les salles d’attentes des dentistes, et très mauvaise nouvelle pour Mimi Marchand. 

Une fois qu’on a fait un sujet sur les peoples qui pointent leur nez à la fenêtre avec un écriteau ‘Restez chez vous’, et des photos de Stéphane Plaza ou Arielle Dombasle arrivant à l’enregistrement des Grosses Têtes, qu’est-ce qu’il reste ? Je vous le demande ! Ah si, je viens de recevoir une série de photos prises à Los Angeles. Il y a du Chris Martin à VTT et du M. Pokora qui se balade avec son fils. Ça fait la farce en attendant… 

Faire la farce avec des chanteurs, car en l’absence de tapis rouge, de soirées, de tournages, les vedettes se cloîtrent chez elle, et les paparazzis se retrouvent au chômage technique. Photographe pour Paris Match, Pascal Rostain, comme les autres, attend donc avec impatience le déconfinement. On peut même dire qu’il s’en délecte par avance. 

Ça va être intéressant de voir comment les stars vont se lâcher cet été. A Saint-Trop' ou ailleurs, ça risque d’être la grosse fête !

Mais, à la lecture des journaux, on n’est pas sûr qu’il y ait réellement de grosses fêtes à Saint-Tropez cet été.

Merci aux photographes de presse

Malgré tout, certains photographes continuent de travailler, et un homme leur rend hommage dans son édito de Polka… C’est Alain Genestar, ancien directeur de la rédaction de Match, qui met en avant l'une des vertus du confinement : "Au moins aura-t-il servi à nous rendre aimable." Il évoque les remerciements du moment. 

On dit merci à tout bout de champ, ou de balcon, chaque soir à 20 heures pour saluer le courage des personnels soignants. Merci aux caissières des supérettes, merci aux enseignements, merci à tous ceux qui servent le public. 

Et il veut donc ajouter un autre remerciement, pour une catégorie professionnelle sans cesse sur le pont, mais, dit-il, "si peu gratifiée pour ce qu’elle apporte d’essentiel à la société, à l’actualité, voire parfois à l’Histoire" : les photographes. Notamment les indépendants qui, ces temps-ci, sont _"les chroniqueurs visuels de la pandémie et de la séquestration mondiale qui en découle. Ils sont, en photos, les Saint-Simon de ces jours incroyables"_. 

Parmi ces « Saint-Simon », ce matin : Mathias Depardon, qui n’a aucun lien de parenté avec Raymond, et dont on découvre les clichés dans les pages de Libération. C’est un voyage sur la mythique nationale 7, qui, comme le chantait Trénet, "conduit aux rivages du Midi"… 

« Sur la route de la vacance »

C'est le titre le quotidien… Sur le long de "l’ancienne route des vacances", de Paris à Menton, Mathias Depardon a rencontré "des êtres et des lieux suspendus", et c'est, dès lors, la traversée d’une France fantomatique. Un voyage dans un pays à l’arrêt, avec de très nombreux paysages sans humains. 

Le journal a, cela dit, questionné des humains, via un appel à témoignages. La question était la suivante : "Avec le confinement, de quoi avez-vous pris conscience ?" Certains ont découvert qu’ils aimaient la solitude. Certains ont découvert que leur amoureuse ne leur manquait pas. D’autres, à l’inverse, ont découvert qu’ils ne supportaient pas d’être seul, ni de manquer de bière. Certains ont appris à apprécier le temps. Le confinement permettrait donc d’en apprendre sur soi. 

Paroles de travailleurs

Ce matin, les journaux parlent également des travailleurs. Sur Les Jours, c’est le quotidien d’un ambulancier, qui ne comprend pas et ne digère pas de ne pas appartenir aux soignants qui toucheront une prime de 1 000 euros. Les ambulanciers ne sont pas considérés comme des "soignants". Dans Libération, on suit le quotidien d'une auxiliaire de vie. Dans Le Parisien, des médecins racontent être submergés de mails leur proposant d'acheter des masques dont on ne connaît pas toujours bien la provenance, ni la qualité. La Charente Libre rend hommage à un généraliste mort du Covid-19 après avoir passé un mois en réanimation. Il travaillait en Seine-Saint-Denis et ses patients estiment qu’il s’est sacrifié… 

D’autres victimes dans Le Courrier Picard : dix résidents sont décédés du coronavirus à l’Ehpad de Conty. De son côté, Le Courrier de l'Ouest se réjouit de la reprise des visites dans les établissements pour personnes âgées ; ça et là, on a organisé comme des parloirs derrières des vitres. Tristes retrouvailles, mais retrouvailles quand mêmes.

« Et vous, vous faîtes quoi le 11 mai ? » 

C’est La Provence qui pose cette question à la Une. Et le quotidien a fait réaliser un sondage pour savoir comment les Français, et les Provençaux, envisageaient cette première journée de déconfinement. Sans surprise, c’est le besoin de contacts sociaux, et en premier lieu, familiaux, qui apparaît dans les réponses : 45% des personnes interrogées ont l’intention de commencer par aller voir leur famille le 11 mai. Les amis arrivent loin derrière. 7% disent qu’elles iront se balader dans les parcs, 3% pensent faire du shopping, et une sur dix déclare qu’elle ne sait pas encore ce qu’elle fera ce jour-là. 

Des lecteurs du journal ont aussi répondu, et certains disent surtout leur grande impatience de reprendre le travail : retrouver une activité normale, des clients, des collègues… De son côté, un cuisinier de 40 ans vivant à Forcalquier ne rêve que d’une chose : la plage. 

Pour respirer l’iode, entendre le ressac reposant de la mer. 

"Quand pourra-t-on vraiment retourner à la plage ?" s’interroge La Presse de la Manche, ce qui donne dans Ouest France : "Les plages seront-elles ouvertes cet été ?" Question plus large à la Une du Figaro. 

Les vacances d'été auront-elles lieu ?

La Dépêche du Midi se demande comment les sauver, ces vacances auxquelles on tient tant. L’Indépendant s’inquiète d’un été meurtrier ; meurtrier pour les professionnels du tourisme car, même si les Français seront plus nombreux à rester dans l’Hexagone, les touristes étrangers manqueront à l’appel, et les réservations de dernière minute ne suffiront pas à compenser les annulations du printemps.

De son côté, Vosges Matin relève que le mois d’avril est exceptionnel au niveau de la météo… Petite provocation du ciel. Pour l'heure, restons confinés, mais tentons quand même de profiter du beau temps : on se met à la fenêtre et on prend des photos.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.