Si les Français coincés à Wuhan semblent sereins, des témoignages font état d’hôpitaux débordés. Dans L’Express, les curieux voyages en jet de Carlos Ghosn. A la Une du Télégramme, « ces enfants du pays qui ont basculé », après le coup de filet anti-terroriste dans le Finistère.

Le virus respiratoire est à la Une du Parisien et de Sud-Ouest,  car c'est à Bordeaux que le premier patient français a été diagnostiqué, un homme de 48 ans rentré cette semaine d'un voyage en Chine. Deux autres patients sont soignés à Paris. Le Parisien a pu joindre des Français coincés à Wuhan, la grande métropole du centre, en quarantaine depuis jeudi. Amélie y vit depuis quatre ans pour ses études, désormais elle passe ses journées chez elle à regarder des films et ne sort que pour se ravitailler, du riz et des pâtes, on ne trouve plus de produits frais. Laetitia a fait des provisions pour deux semaines. Son mari travaille dans l'automobile. PSA, Renault et des sous-traitants français ont des usines à Wuhan. L'aéroport fermé, la famille reste cloitrée chez elle.  "C'est certainement le lieu le plus sûr" se console cette Française.  Hier le ministère français des affaires étrangères annonçait toutefois qu'il envisageait de mettre en place des autobus pour permettre aux Français de quitter la ville. Le South China Morning Post, le quotidien anglophone de référence de Hong-Kong, a recueilli des témoignages moins sereins. Une courte vidéo montre des dizaines de personnes qui se pressent dans le hall d'un hôpital de Wuhan, où les soignants sont débordés et où des corps seraient abandonnés dans un couloir, sous des linceuls. Une femme raconte que son mari malade n'a pas pu être pris en charge, faute de place. 

Le Figaro revient sur "les confidences d'Emmanuel Macron" dans l'avion qui le ramenait de Jérusalem, et une partie de l'interview hérisse les magistrats. Faisant fi de la séparation des pouvoirs le président s'exprime une nouvelle fois sur l'affaire Sarah Halimi, tranchée par la cour d'appel de Paris et soumise à la cour de cassation. Or pour Emmanuel Macron "on ne peut pas s'en remettre uniquement à la justice". Le président tente un "en même temps" : "je ne suis pas pour qu'on aille dans une judiciarisation de la folie" dit-il d’un côté (l'homme  soupçonné d'avoir tué cette vieille dame juive a été déclaré pénalement irresponsable), mais le rapport de l'expert ne devrait pas empêcher un procès, dont la "scénarisation" est « essentielle pour que les choses s'apaisent ».

Carlos Ghosn prenait aussi beaucoup l'avion, et ces billets payés par Renault-Nissan cachaient-ils des voyages privés? Question posée à la lecture de L'Express qui révèle une partie de l'audit secret commandé par l'alliance automobile. On sait que 11 millions d'euros piochés dans une caisse noire aux Pays-Bas ont pu servir à des dépenses personnelles. On apprend que le cabinet Mazars a comparé les déplacements de Carlos Ghosn  avec son agenda professionnel et les publications de ses proches sur Instagram. Résultat:  le jet de la présidence se pose souvent là où mouille le yacht du patron, dans des lieux chics et exotiques, au Liban pays où l'alliance a une activité "limitée" notent pudiquement les auditeurs, et souvent ces déplacements coïncident avec des événements familiaux: vacances au ski ou à la mer, mariage de sa fille ou diplôme de son fils.

Un autre patron est sur un siège éjectable nous dit L'Obs, ou plutôt une patronne, la seule femme qui dirige une entreprise du CAC40. Cela n'a pas l'air simple pour Isabelle Kocher chez Engie, et c’est aussi difficile de faire la part des choses à la lecture de l'article. On apprend qu'elle a beaucoup transformé le groupe issu de la fusion entre GDF et Suez, qu'elle veut en faire le leader mondial de la transition énergétique : elle a vendu des centrales à charbon aux Etats-Unis pour racheter des barrages hydro-électriques au Portugal notamment. Mais sa stratégie n'est pas toujours bien comprise, l'action stagne en bourse, et les relations avec le conseil d'administration sont houleuses. Ses partisans dénoncent du machisme.

A la Une du Télégramme : « Ces enfants du pays qui ont basculé ». Sept hommes ont été interpellés lundi dans le Finistère et devaient être mis en examen la nuit dernière pour des faits de terrorisme, soupçonnés d'avoir voulu commettre une action violente, très floue à ce stade. Le quotidien breton s'intéresse à trois trentenaires convertis.  Il y a Christopher 31 ans, au chômage, qui depuis trois ans se laisse pousser barbe et cheveux, et refuse de faire la bise à ses tantes catholiques. Il y a un mois, il revient vers ses parents, qui le trouvent assagi. En réalité, et malgré la chute du pseudo califat de l'Etat islamique, il aurait voulu partir en Syrie, et serait donc venu faire la paix avec ses proches. Erwan, maçon, se serait plongé dans l'islam pour sortir "de ses conneries", à savoir l'alcool, les pétard et de petites embrouilles. Il y a encore Marwan un plombier de 32 ans,  franco-marocain issu d'une famille laïque, ses parents sont militants syndicaux. Le Figaro nous parle d'un autre protagoniste de l'affaire, au profil bien différent : un réfugié syrien arrivé en France en 2015 et soupçonné d'avoir appartenu au groupe Etat islamique.

Dans l’Express, nos enfants soumis aux tests de QI. C’est très à la mode, surtout dans les milieux aisés, et l’hebdomadaire s’interroge : « combien de parents s'auto-persuadent d'avoir donné naissance à l'un de ces petits êtres qualifiés au choix de "surdoués", "précoces" d'individus « à haut potentiel » ou encore de "zèbres", le quotient intellectuel élevé tenant lieu de rayures ? Il suffit de tendre l'oreille à la sortie des écoles. Un enfant peut être présumé précoce parce qu’il est bon en classe ou au contraire, parce qu’il a des difficultés… Attention à la perte d’estime de soi si le test ne confirme pas cette analyse. Attention aussi aux spécialistes douteux et aux quizz rapides qu’on trouve sur internet, et aux dérives que l’on observe déjà aux Etats-Unis : on y vend des manuels pour préparer les enfants à ces tests, et certaines écoles exigent à l'entrée un QI minimum. 

Je termine avec un petit animal très intelligent et qui fait beaucoup d'enfants. Le Rat, premier des 12 animaux du zodiaque chinois est aussi symbole de richesse lit-on dans la version française en ligne du très officiel Quotidien du Peuple. S'il est très utilisé en laboratoire le pauvre c'est qu'il partage 80% de son patrimoine génétique avec les humains. Vous connaissez le dicton "les rats quittent le navire" : il sent venir les tempêtes et les catastrophes, et donne l'alerte quand il s'échappe, c'est pourquoi le Rat dans la Chine antique était aussi une divinité vénérée dans les mines. Alors même si les festivités du Nouvel An sont annulées en Chine pour cause d’épidémie, je vous souhaite une très belle année du Rat, elle commence aujourd’hui!

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