« Il n’existe que deux choses infinies… La première, c’est l’univers. La seconde, la bêtise humaine… Mais en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. » Célèbre citation. On la doit à Albert Einstein. Einstein, dont on sait qu’il ne disait pas que des bêtises…

On en a la preuve, ce matin, quand on lit la presse… En effet, la bêtise humaine est sans limite.  

J’ouvre LE MAGAZINE L’EQUIPE… Page 9 : histoire américaine. Nicolas Herbelot nous emmène dans le New-Jersey. 

Deux équipes de sport partageaient jusque-là le stade universitaire de la ville de Glassboro.

Les garçons de l’équipe de foot et les filles de l’équipe de cross… Les filles s’entraînaient sur la piste, pendant que les garçons jouaient sur le terrain… Mais il y a quelques semaines, les garçons se sont plaints d’être dérangés par les filles… Elles courent en shorts et en brassières. On leur voit les jambes et les bras, et les garçons, ça les perturbe parce que, comme ce sont des garçons, ils ne peuvent s’empêcher de zieuter les coureuses… Leur coache aurait pu dire : arrêtez de mater les filles, concentrez-vous sur le ballon… L’histoire se serait arrêtée là. Mais c’est une autre option qui a été choisie. 

On a demandé aux filles d’aller s’entraîner ailleurs…

Par exemple sur la piste du lycée voisin… Sinon, qu’elles changent d’horaire… L’affaire a, nous dit-on, enflammé les réseaux sociaux, et les grands médias nationaux américains s’en sont également fait l’écho… Pourquoi donc est-ce aux filles, et pas aux garçons de modifier leurs habitudes ? Parole d’une des coureuses.

Nous, on pourrait dire que les pantalons moulants des joueurs de foot sont aguicheurs, mais on ne le fait pas. Sur la piste, on s’entraîne dur et on ne les voit pas… 

Pour l’heure, les étudiantes n’ont pas encore pu réintégrer leur stade. Tout cela à cause de brassières qui dérangent… Tout cela à cause de la bêtise des garçons… 

Des filles privées de stade, des filles harcelées dans la rue, des femmes sous-payées et méprisées dans leur travail…

C’est pour dénoncer cela, les violences sexistes, que des dizaines de milliers de personnes – il y avait également des hommes, ont manifesté hier dans plusieurs villes en France… On retrouve leurs visages et leurs slogans dans LE TÉLÉGRAMME… _« Touche pas à mère, touche pas à ma fille ! »Autre pancarte dans NORD ÉCLAIR : « La rue est à nous toutes »… Dans LA PROVENCE, c’est la banderole en tête de manifestation… « Stop aux violences faites aux femmes… »_Avec, en titre, les paroles détournées d’une chanson.

Être une femme libérée, ce n’est pas être une femme facile.

Et l’on trouve un hommage sur LE BONDY BLOG.

Un hommage posthume à Marie de Barros, jeune femme de 28 ans.

Cette mère de cinq jeunes enfants a été poignardée à mort sur le palier de son immeuble HLM à Aubervilliers. C’était la semaine dernière. Jeudi, vers 23 heures… On soupçonne son ex-compagnon. La police le recherche et les voisins racontent qui était Marie sous la plume de Sarah Smaïl. Elle était caissière dans un supermarché, et elle élevait seule sa fille de huit ans, son garçon de quatre ans et ses triplés âgés de seulement quelques mois. 

Marie était gentille, accueillante, généreuse, toujours disponible pour rendre service.

Un habitant de la tour raconte qu’il a entendu des cris le soir du drame, mais il pensait que c’était lié aux enfants… Ce dimanche, à 15 heures, la mairie d’Aubervilliers organise une marche blanche en mémoire de Marie, et pour dénoncer ce qu’il convient d’appeler ici un « féminicide »… Ce dimanche, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Des violences faites par des hommes… 

D’autres violences font la Une du PARISIEN… Photo pleine pages des émeutes, hier, sur les Champs-Elysées.

« Gilets jaunes : quand la violence l’emporte… »

Cette nouvelle journée de mobilisation s’est globalement passée dans le calme çà et là en France… Çà et là, mais pas à Paris, où le rassemblement a donc tourné au chaos… Et ce sont les images du chaos qu’on découvre en Une des journaux…« Grosse tension au cœur de Paris », titre ainsi LE COURRIER PICARD… « Incidents sur les champs », titre INDÉPENDANT… « Colère sur les Champs », renchérit LE TÉLÉGRAMME, tandis que LA VOIX DU NORD précise que les Gilets jaunes ont été « trahis par les casseurs »…   

La bêtise des casseurs… Et la plus belle avenue du monde se retrouve aussi sous le feu des projecteurs des médias étrangers… Dans LE GUARDIAN, nos voisins britanniques mettent en avant les barricades enflammés, l’Arc de Triomphe en arrière-plan… Idem dans LA STAMPA, quotidien italien. Quant à l’hebdomadaire allemand DER SPIEGEL, il s’inquiète, lui, pour « la magnifique avenue des Champs-Elysées », où « des policiers ont tenté de disperser les manifestants avec des gaz lacrymogènes et un canon à eau »

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, ils étaient un peu plus de 100.000 à travers le pays.

« Une mobilisation en baisse », relève L’EST ÉCLAIR… Et hier soir, comme on peut le lire dans LE PARISIEN, malgré les violences, on était plutôt soulagé au sommet de l’Etat… Un conseiller de l'exécutif se confie au journal.

Peu de blocages en province… La coagulation qu’on craignait n’a pas eu lieu.

Cela étant, tout le monde convient qu’il est temps d’agir… D’où le titre à la Une du JOURNAL DU DIMANCHE : « Macron va bouger »… Selon le journal, il serait prêt à différer certaines mesures écologiques. Différer, donc lâcher du lest, mais sans rien céder sur le fond : on ne baissera les taxes sur les carburants… Mais il est question de créer une nouvelle instance : un Haut Conseil pour le climat, qui pourra, dit-on, intervenir sur toutes les politiques publiques… Et le chef de l’Etat voudrait par ailleurs engager un vaste débat national, sur le modèle du porte-à-porte qu’il avait imaginé pour sa campagne… On devrait en savoir davantage dans les prochains jours.

Enfin je vous conseille ce matin la lecture du MONDE.

Une grande interview d’Isabelle Autissier. 

Écrivaine, navigatrice, navigatrice, écrivaine… femme de radio, aussi. Elle raconte notamment son amour de la mer et elle dit sa grande inquiétude au sujet de l’état de la terre… La faute aux hommes, en premier lieu… Elle raconte les amas de plastiques sur les océans, et les animaux morts d’en avoir ingéré… Elle raconte les Inuits qui, l’hiver, ne se rendent plus sur la banquise car elle n’est plus assez solide… Elle raconte avoir vu bouillir les mers du Grand Nord… Des bulles de méthane qui remontent… 

La planète n’en a rien à faire de nous… Elle peut devenir un gros caillou chauve… Mais quelle sera alors la vie des êtres humains ? 

La planète n’est pas infinie, contrairement à la bêtise des hommes.

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