Dans la presse, ce samedi, il est question d'hommes et de femmes qui nous montrent qu'on ne connaît jamais vraiment les gens... On parle aussi des "Gilets jaunes" blessés par les forces de l'ordre lors des manifestations. Après les lanceurs de balles de défense, ce sont les grenades GLI-F4 qui sont mises en accusation.

On ne connaît jamais réellement les gens ; ceux qui nous entourent, ceux qu’on croise… Parfois, on catalogue : on les met dans des cases. Et, parfois, on s’inquiète de ne pas en savoir davantage… Une copine rencontre un jeune homme dans un bar, on lui dit : « Attention, tu ne sais pas grand-chose de lui ! » Un nouveau patron débarque dans l’entreprise : « T’en penses quoi ? Moi, j’ai les boules… Il a mauvaise réputation. Il parait que c’est un tueur. J’en dors pas depuis dix jours… »

Non, on ne connaît jamais réellement les gens, et il peut arriver qu’on ne sache rien du tout d’eux, et qu’eux-mêmes n’en sachent finalement pas davantage. C’est l’histoire que raconte L’EXPRESS cette semaine. 

Mais qui est donc "Monsieur 13 août" ?

Un homme dont personne ne connaît l’identité. Personne, ni lui-même, car il est amnésique… Ce n’est pas la première fois qu’on lit ce genre d’histoire, mais celle-ci est exceptionnelle par sa durée… Cela fait maintenant dix-huit mois que les pompiers ont retrouvé cet homme dans une rue de Marseille – c’était le 13 août 2017, il faisait une crise de nerf à un arrêt de bus… 

Aucun papier sur lui, pas d’effets personnels et il est incapable de prononcer le moindre mot. On l’a alors conduit à l’hôpital psychiatrique et, depuis, malgré un appel à témoins, personne n’est en mesure d’apporter une information fiable. 

Personne ne le réclame et il ne figure sur aucun fichier de la police.

La seule chose qu’on peut dire, c’est qu’il est âgé d’environ 37 ans – conclusion d’une radiographie osseuse… 37 ans, mais il a des comportements d’enfant : il rit quand on imite le miaulement d’un chat… On peut dire aussi qu’il a le type asiatique – il pourrait être originaire du Laos ou du Vietnam. Une hypothèse a émergé : celle d’un enfant qui aurait été adopté au début des années 80, puis qui aurait grandi en France et serait retrouvé tout seul, suite à la mort de son dernier parent adoptif… Mais ce n’est qu’une hypothèse… Cet homme reste une énigme et après dix-huit mois d’enquête, on continue donc de l’appeler « Monsieur 13 août »… 

Dans L’EQUIPE, c’est un autre homme qu’on découvre… 

Un footballeur qui met à mal tous les stéréotypes.

1 mètre 78 pour 83 kilos… Il est milieu de terrain dans l’équipe d’Amiens, aujourd’hui 17ème du classement de la Ligue 1… Lui, on connaît son nom ; il s’appelle Thomas Monconduit… Et l’interview qu’il donne au quotidien sportif ne manque pas d’intérêt, tant elle va à l’encontre de tous les poncifs… Souvent, on entend dire que les footballeurs sont des décérébrés qui ne jurent que par le fric et les berlines de luxe, des sportifs surpayés qui vivent dans un monde parallèle… Or là, les clichés tombent à chaque phrase prononcée par le joueur amiénois…

Je ne pense pas être coupé du monde… Je vis dans un appartement situé au centre-ville, je fais mes courses au Biocoop et je roule en Peugeot 106… Je ne vois pas l’intérêt d’acheter une grosse voiture alors que j’habite à 800 mètres du centre d’entraînement… 

On l’interroge sur son obsession de vivre comme monsieur Tout-le-monde. « Ça vient de ma grand-mère, dit-il… Elle compte beaucoup pour moi. »Sa grand-mère, c’est Muguette Jacquaint, ancienne député du parti communiste, qui a toujours vécu dans une cité de la Courneuve.

Avec elle, je suis parti en vacances dans des maisons de campagne un peu miteuses, mais on ne manquait de rien… Elle m’a prouvé qu’on pouvait bien gagner sa vie tout en restant dans la vraie vie…

Thomas Monconduit explique son refus de rejoindre un plus grand club.

Aucune envie d’être trop médiatisé, il tient à sa tranquillité… Il évoque son soutien à la campagne de François Ruffin il y a deux ans ; « un des seuls députés qui donne vraiment l’impression de représenter le peuple », estime-t-il… Il explique également qu’à ses yeux, l’urgence de l’époque, c’est l’écologie, mais il trouve légitime le combat des Gilets Jaunes. 

Les Gilets jaunes, je les soutiens.

Ne jamais, jamais cataloguer les gens… On ne les connaît pas réellement.  

Onzième journée de mobilisation des Gilets jaunes. 

Avec çà et là des rassemblements nocturnes… LA PROVENCE revient sur la condamnation d’un manifestant à deux ans de prison ferme. Il avait été interpellé au péage de la Ciotat et, sur lui, il portait une arme à feu chargée… 

De son côté, LA DÉPÊCHE DU MIDI nous explique comment les casseurs s’infiltrent dans les manifestations… 

Quant au PARISIEN, il nous apprend que certaines mutuelles refusent de prendre en charge les plus graves des blessures… 

Main arrachée par une grenade ; sa mutuelle refuse de le couvrir.

C’est l’histoire de Gabriel, jeune apprenti-charbonnier de 21 ans qui, le 24 novembre, en marge de la manifestation des Gilets jaunes à Paris, a eu la main arrachée par une grenade GLI-F4… Après une greffe de peau et douze opérations, pour lui, la double peine : il a appris que sa complémentaire santé ne lui rembourserait pas ses frais médicaux. Raison invoquée : "ses blessures se sont produites pendant des émeutes ou un mouvement social"… Alors, pour limiter les frais, Gabriel a choisi de rentrer chez parents entre chaque intervention, au lieu de rester à l’hôpital… Contactée par le journal, la mutuelle a plaidé "une erreur d’interprétation" commise par un conseiller. Les frais médicaux seront "intégralement remboursés", assure-t-on.

Ce matin, les grenades GLI-F4 sont d'ailleurs mises en accusation dans LIBÉRATION

Des armes de mutilations massives.

Ces grenades GLI-F4 sont  essentiellement composées de TNT, et elles ont fait beaucoup de dégâts lors des rassemblements… Beaucoup de blessés, en l'occurrence. Or le quotidien nous apprend, après avoir pu consulter un rapport de la gendarmerie, que la dangerosité de ces grenades est désormais connue après avoir été longtemps sous-estimée. Dès lors, le ministère de l’Intérieur n’en commande plus, ce qui n’empêche pourtant pas les forces de l’ordre de continuer à s’en servir jusqu’à épuisement du stock…

Les journaux reviennent par ailleurs sur le grand débat national, et puis sur l’émission de télé que la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a fait hier soir pour l'occasion aux côtés de l'animateur Cyril Hanouna… Le récit le plus complet, et le plus savoureux, est à lire sur le site LES JOURS… C’est même, par moments, assez drôle. Bien plus drôle que la désolante nouvelle qu'on a apprise il y a une demi-heure ; la mort du génial compositeur Michel Legrand auquel France Inter rendra hommage toute la journée.

Le portrait d'une journaliste musicienne... 

Pour finir, quelques mots d'une jeune femme qui, sans doute, pourrait parler des heures de Michel Legrand... Jeune consœur dont TELERAMA nous dresse le portrait à sa rubrique « Tête d’affiche » : Anna Sigalevitch, en face de moi dans le studio… 35 ans, journaliste, mais uniquement… Née dans une famille de musiciens russes, Anna pratique aussi le piano, compose et joue la comédie… "Éclectique", dit l’article, elle interprète du Schubert devant la caméra de Mickael Haneke, et elle est la nouvelle voix française de Lara Croft ! Anna est Lara Croft ! Pour moi, c'est une découverte. Décidément, on ne connaît jamais réellement les gens... 

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