On part à la chasse aux trolls sur les réseaux sociaux avec une jeune chercheuse française rencontrée par Society, et on se projette sur les semaines à venir : le Brexit, le procès Fillon et avant, le festival d’Angoulême.

Elle s'appelle Camille François, elle a 30 ans, elle est installée à New York et sa spécialité elle le raconte à Society c'est d'étudier les faux comptes facebook, twitter ou instagram qui cherchent à nous influencer. Ils incarnent sur les réseaux sociaux des Français lambda, qui animent le débat public, alors qu'ils sont nés à Saint-Pétersbourg, dans l'officine d'un proche de Vladimir Poutine, ce qu'on appelle aujourd'hui "une ferme à trolls". C'est devenu un enjeu majeur dans nos démocraties, surtout en période d'élection, et dans le monde entier. Si à l'époque des Printemps arabes les réseaux sociaux étaient les outils des opprimés, aujourd'hui ils sont souvent le lieu de manipulations des régimes autoritaires que Camille François s'attache à identifier. Alors au début du mouvement des gilets jaunes, ses collègues américains méfiants lui ont posé la question. Même s'il "suffisait d'ouvrir la fenêtre" pour voir que c'était un vrai mouvement, "je me suis amusée à cartographier les discussions" explique la chercheuse. Résultat: pas de fausses organisations russes, non, de « vrais Français pas contents sur internet ». 

Le journal du dimanche poursuit son duel avec Mediapart autour du possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Depuis 2012 Mediapart accumule les révélations et même si ce financement n'est pas établi, l'ancien président a été mis en examen. Hervé Gattegno du JDD s'est lancé dans une contre-enquête. Coup de projecteur ce dimanche sur « l'avocat de François Hollande qui conseillait Takieddine ». Un des anciens avocats du président socialiste doit-on préciser, Gilles Berès, qui est mort le mois dernier. L'intermédiaire Ziad Takieddine l'avait sollicité, sans doute parce qu'il se sentait lâché par la droite. Le JDD soupçonne aussi Takieddine d'être à l'origine du document publié par Mediapart en 2012, et supposé provenir du régime de Kadhafi. L'ancien concurrent de Takkiedine en dira-t-il plus à la justice française ? L'homme d'affaires Alexandre Djouhri, arrêté à Londres il y a deux ans, devrait être transféré en France en fin de semaine nous dit le JDD.

Dans Mediapart ce week-end pas de financement libyen, mais une savoureuse histoire corse. Suite d'une série d'Hélène Constanty sur les dérives de l'agriculture et les aides européennes.  Où l'on apprend que le président de la chambre d'agriculture de Corse occupe sans autorisation 400 hectares dans le massif de l'Agriate, qui lui ont permis de toucher 140 000 euros de subventions. Or ces terres arides appartiennent au Conservatoire du Littoral. "La parcelle à l'écart de toute route carrossable, n'est pas clôturée, quelques vaches s'y promènent" constate Mediapart, sans pouvoir vérifier qu'y paissent la centaine de vaches et les 170 brebis déclarées.  Jean-François Sammarcelli se défend de toute fraude. 

Ce matin la presse se projette sur les semaines à venir. A la Une du Journal du Dimanche : "ce que le Brexit va changer (ou pas)". Difficile exercice de prospective car si dans cinq jours c’est officiel le Royaume-Uni quitte l'Europe, une nouvelle période transition s'ouvre jusqu'à la fin de l'année pour renégocier les relations entre les deux rives de la Manche. Les enjeux commerciaux et juridiques sont énormes. Cela concerne par exemple les pêcheurs bretons qui font dans les eaux britanniques la moitié de leurs prises, mais aussi un demi-million de Britanniques installés en Europe et les 3 millions et demi d'Européens qui vivent au Royaume-Uni… comme ce chef en colère dans le Parisien. Claude Bosi, deux étoiles au Michelin, a ouvert son premier restaurant à Londres en 2000. Il a longtemps cru que le Brexit n’arriverait pas, puis il a entamé les démarches administratives pour rester en Angleterre,  et il a bien du mal à obtenir le statut de résident. 

« On travaillera jour et nuit s'il le faut » promet le négociateur en chef de Bruxelles, Michel Barnier qui n’est pas au bout de ses peines. Il pose des principes clairs dans une longue interview au JDD. "L'enjeu est de ne pas avoir à nos portes un voisin qui deviendrait un champion de la concurrence réglementaire à tous les niveaux, fiscal, social, environnemental ». Cela veut dire « pas de poulet chloré » en Europe, pas de course à la dérégulation financière avec la City pour attirer les investisseurs. Le JDD souligne d’ailleurs que c’est bel et bien à Paris que plusieurs banques américaines sont en train de s’installer. Michel Barnier observe encore que le Brexit a plutôt ressoudé les 27. Il reste dit-il que "le Brexit a exprimé une colère sociale, un sentiment d'abandon, un besoin de protection face à certaines conséquences de la mondialisation […] qu'on retrouve dans beaucoup de régions européennes », et là-dessus aussi « il y a urgence » à apporter des réponses.

François Fillon se prépare à son procès, et à affronter de nouveau "le tribunal médiatique". Il a choisi de prendre les devants dans l'émission politique de France 2 jeudi prochain avec les journalistes Léa Salamé et Thomas Sotto. L'Express raconte comment depuis deux ans et demi François Fillon tente de faire son deuil. Il travaille dans une société de gestion et d'investissement, où l'on se félicite de son carnet d'adresse. "Quand vous allez voir le patron d'un fonds de pension, ça facilite les choses si vous venez de la part d'un premier ministre" parait-il. Parfois François Fillon constate avec soulagement que l'opprobre semble derrière lui, comme dans cette auberge au cours d'une randonnée à moto. "Eh, y a Fillon dans le resto », s'écrie quelqu’un. Sueur froide. Puis des clients viennent demander un  selfie. Mais l’ancien candidat à la présidentielle n’en n’a pas fini avec le Pénelopegate, il s'expliquera à partir du 24 février devant le tribunal correctionnel de Paris.

La semaine prochaine, les regards se tournent vers Angoulême. Au festival de la BD on retrouve des personnages mythiques, le cowboy Blueberry, à la Une de Ouest-France. Des jeunes stars de l’édition française, comme Bastien Vivès dans le Point, l’auteur du manga Lastman, qui avait fait parler de lui à la sortie de Petit Paul, et ses aventures sexuelles débridées. Le très beau supplément du magazine Society met à l’honneur Ugo Bienvenu, qui cartonne avec Préférence système,  ou Laurent Maffre, qui illustre la vie des immigrés dans les bidonvilles et cités de transit des années 60. Society rappelle aussi cette tradition immuable des amateurs de BD : lire par terre dans les rayons de la Fnac. L’enseigne reste la plus tolérante, elle en avait fait un argument publicitaire, et si ce n’est pas au gout des autres libraires, pour le client interrogé comme pour moi, c’est une partie de notre adolescence.

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