Ce dimanche, il est bien sûr question des élections européennes, mais on parle aussi d'amour : celui de Françoise d'Ormesson pour son défunt mari, celui que Roger Federer voue à son épouse. Dans L'OBS, un passionnant dossier sur le succès en librairie des correspondances d'écrivains. Écrivent-ils toujours des lettres ?

C’est la Mona Lisa du tennis. Tout le monde la voit derrière sa vitrine, mais personne n’entend jamais le son de sa voix...  

La phrase est signée d’un journaliste suisse, qui s’exprime dans LE PARISIEN. Mais alors, de qui parle-t-il ? Qui est-elle, cette « Mona Lisa du tennis » ? Eh bien, il s’agit de Miroslava Vavrinec ! Son surnom, c’est Mirka, née le 1er avril 1978 dans une ville de l’ex-Tchécoslovaquie… Mais alors, qui est, cette Mirka ? Si ce nom ne vous dit rien, c'est parce qu’on la présente souvent sous son nom d’épouse : Miroslava Vavrinec, c’est madame Federer.

Roger Federer de retour à Roland-Garros (avec sa femme)

Le n°3 mondial foulera de nouveau, ce dimanche, la terre battue parisienne, après quatre ans d’absence… « Retour inespéré », commente ce matin L’EQUIPE, qui le qualifie de « rock star » et d’« artiste phénoménal »… Le quotidien sportif vante, je cite, « sa faculté à écourter l’échange et agresser ses adversaires », faculté qui devrait lui « dégager un horizon vers la deuxième semaine, dont son grand âge ne saurait le priver… » Son "grand âge" : 37 ans. 

La vieillesse, c’est toujours une question de point de vue. 

La dernière fois qu’il était venu concourir au tournoi de la porte d'Auteuil, il avait été battu en quart de finale… Federer, « c’est un peu comme un vieil ami perdu de vue mais jamais oublié », lit-on dans LE JDD… Et, pour l’occasion, c’est LE PARISIEN DIMANCHE qui nous parle de sa femme. Deux pages, donc, sur Miroslava Vavrinec, « l’élément clé de la fabuleuse carrière de son tennisman de mari »… Quatre ans de plus que lui. Elle-même a été joueuse et c’est aux JO de Sydney qu’ils se sont rencontrés… C’était en 2000, quinze jours au milieu des athlètes de la délégation suisse. Avant de quitter l’Australie, Roger, 19 ans, s’est lancé. Il l’a embrassée. Elle lui a dit alors.

Tu es si jeune, tu es un bébé…

La jeunesse, c’est toujours une question de point de vue.

Et ce que nous raconte l’article, c’est donc l’influence positive de cette épouse discrète et silencieuse… Elle joue pour lui le rôle d’agent, de confidente, d’attachée de presse… Elle gère les déplacements et les finances, l’éducation des quatre enfants… « Mirka, c’est 50% de la réussite de Roger », assure l’ancien joueur helvète Marc Rosset. Et d’ailleurs, Federer le reconnaît lui-même. 

Sans elle, rien de tout ce que j’ai réalisé n’aurait été possible… Si elle n’était pas toujours avec moi, j’aurais déjà mis un terme à ma carrière... 

Certains rappelleront cet adage : il y a toujours une femme derrière un grand homme. C’est ce qu’on se dit aussi à la lecture d’un très bel, oui, très bel entretien paru dans LE JOURNAL DU DIMANCHE. 

« Françoise d'Ormesson, sa seule histoire »

Dans sa belle maison de Neuilly, Marie-Laure Delorme est allée rencontrer Françoise d’Ormesson, qui raconte les 55 ans passés aux côtés de son épatant mari… L’académicien est mort le 5 décembre 2017 dans ses bras et, depuis, peut-on lire, « Françoise d’Ormesson a bien du mal à trouver le sommeil la nuit, et le bonheur le jour… »

Jean était la joie de vivre et la bonne humeur mêmes. Tout n’a pas été un chemin de rose durant notre mariage – tous les deux ont eu de nombreuses liaisons extra-conjugales – mais il avait décidé que rien n’était tragique… Combien de fois l’ai-je entendu dire : tout cela est ridicule, aucune importance, changeons de sujet ! A chaque repas, il avait quelque chose d’amusant à me raconter. La vie, avec lui, était un rire continu… 

Mais sans lui, la vie a donc cessé d’être légère et, malgré la présence de sa fille et de sa petite-fille, Françoise d’Ormesson assure qu’elle serait aujourd’hui « enchantée de disparaître »… Lisez cet entretien, le récit d’une tendre et puissante histoire d’amour… Petite flamme de poésie, en cette journée de bataille électorale.  

Les élections européennes à la Une de tous les journaux

« L’Europe joue son avenir », titre ainsi L’ARDENNAIS… « Européennes : le jour du choix », confirme LA VOIX DU NORD, tandis que LA PROVENCE et L’EST ÉCLAIR s’interrogent : « Quel visage pour l’Europe ? Qui sera le champion d’Europe ? » En France, 34 listes sont en lice pour ce scrutin dont l’issue, de l’avis général, s’annonce très incertaine… LE PARISIEN DIMANCHE, comme le JDD, détaillent les enjeux de l’élection pour chacun des partis, et l’injonction portée par la presse est très clair… _« Aux urnes, citoyens ! »lance à sa Une LA DÉPÊCHE… Ce qui donne, à la Une de MIDI LIBRE : « Votez ! »

Tous les journaux reviennent également sur l’enquête menée sur le colis piégé qui a explosé avant-hier dans le centre de Lyon… Le suspect est toujours en fuite… La police le traque. Partout, on retrouve l’expression « chasse à l’homme »

Il est par ailleurs question d’une autre affaire : l’ouverture, demain, du procès du meurtrier présumé de Sophie Toscan du Plantier, assassinée il y a plus de 22 ans en Irlande… Ce sera aux Assises de Paris ; « procès exceptionnel », souligne LE PARISIEN, notamment car le box des accusés sera vide… Ian Bailey, l’homme que tout accuse, y compris lui-même quand il est ivre, n’a jamais été inculpé Outre-Manche, et l’Irlande a, pour l’heure, toujours refusé de l’extrader.

Des sujets d'inquiétude dans la presse régionale

A la Une de INDÉPENDANT, « le SOS de la cité des Oiseaux »… Les habitants de ce quartier gangrené par la drogue exigent une action de l’Etat… 

A la Une du JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE, les vols de chiens du côté de Chalon. Le quotidien évoque « un inquiétant business »... 

A la Une de PARIS NORMANDIE, sujet éducation : « Des profs au rabais »... Face à la pénurie d’enseignants dans les collèges et les lycées, les contractuels sont de plus en plus nombreux à se retrouver face à une classe du jour au lendemain… Or, ils sont à la fois formés et payés au rabais, souligne le journal. 

Payés au rabais… C’est une situation que connaissent également les assistants d’artistes… Formidable enquête à lire dans la revue MOUVEMENT : « Rencontre avec les petites mains derrière la grande signature ». Des petites mains, au service, donc des grands noms de l’art contemporain. Une profession aux contours très flous, et où l’espoir de reconnaissance future se mêle souvent à la frustration et la précarité… Témoignage de l’un de ses assistants d’artiste. 

Quand une œuvre est vendue 80 000 euros, et que je suis payé 800 euros par mois pour l’avoir conçue de bout en bout, je me dis que ce n’est pas normal…

On se le dit aussi.

Enfin, j’en termine avec une autre enquête également formidable – cette fois, c’est à lire dans L’OBS… 

« Lettres : et bientôt le néant ? ».

Enquête sur le succès des recueils de correspondances : de vrais cartons en librairie. 80 000 exemplaires pour les lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot, et 55000 pour les lettres échangées entre Albert Camus et Maria Casares… Les correspondances d’écrivains plaisent aussi énormément : il en paraît quasiment chaque semaine, presqu'un genre littéraire en soi… Mais l’hebdo s’interroge : ce genre est-il voué à disparaître ? Et l’on découvre que les auteurs d'aujourd'hui, à de rares exceptions, n’écrivent plus de lettres… Avec leurs amis écrivains, ils échangent plutôt des mails et des textos. 

Les hommes et les femmes... de lettre n'échappent pas l'époque. Ce qui, bien sûr, n'empêche pas d'écrire et d'envoyer des mails ou des textos d'amour.

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