L’histoire est à lire dans Le Parisien, et c’est celle d’une véritable enquête policière. Une enquête historique et archéologique également, menée par Aymeric Peniguet de Stoutz, l'administrateur de la chapelle Expiatoire, édifice religieux situé à deux pas des grands magasins dans le 8e arrondissement de la capitale.

Façade de la Chapelle expiatoire en août 2015 à Paris, France.
Façade de la Chapelle expiatoire en août 2015 à Paris, France. © Getty / Elise HARDY/Gamma-Rapho

Aymeric Peniguet de Stoutz s'est plongé dans les archives, les écrits de Louis XVIII et ceux de l’architecte de la chapelle, laquelle est dédiée, depuis 1826, à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette, guillotinés en 1793. Des centaines de membres de la noblesse française connurent le même sort, hommes et femmes condamnés par les tribunaux d'exception révolutionnaires, mais aussi des acteurs de la Révolution sous la Terreur. Parmi ces guillotinés : Madame du Barry, la dernière maîtresse de Louis XV, Olympe de Gouges, pionnière du féminisme, Charlotte Corday, qui a assassiné Marat, tout comme un certain Robespierre… 

Jusque-là, on pensait que les restes des guillotinés de la place de la Concorde, enterrés un temps dans l’ancien cimetière de la Madeleine transformé en fosse commune, avaient ensuite été déposés dans les catacombes

Mais, à l’initiative d’Aymeric Peniguet de Stoutz, des recherches viennent de confirmer l’intuition qu’il avait : non, les ossements des guillotinés de la Révolution ne sont pas dans les catacombes, mais ils sont enfermés entre les murs de la partie souterraine de la chapelle Expiatoire

Un archéologue, par ailleurs médecin légiste, a entrepris des fouilles : un examen fibroscopique, grâce auquel il a découvert, ici un bout de péroné et là, une phalange... Il évoque "quatre caisses de bois tendus de cuir et remplis d’ossements humains". Une découverte qui devrait passionner les historiens. Il faut savoir remettre en cause ce qu’on pensait être une vérité. 

D’ailleurs, les Français sont nombreux à s’intéresser à l’Histoire. On en a l’illustration dans la presse ce dimanche. 

Des passionnés d'Histoire

Dans L’Est Éclair, on nous présente Baptiste Garin. Un jeune Troyen passionné de photos anciennes. Il a collecté les images de l’un des pires massacres commis par les Allemands en juin 1940 : le massacre de plusieurs dizaines de tirailleurs d’Afrique de l’Ouest, dans la commune de Chasselay dans le Rhône. On les voit également, mains en l’air et casques sur la tête, en une de Libération Champagne.

Dans L’Alsace, c’est un autre historien amateur. Un Mulhousien, Christophe Agry, qui, il y a 10 ans, a entrepris de retrouver les noms des milliers de soldats engagés sur la ligne Maginot. Un travail colossal, qui lui a déjà permis de sortir de l’anonymat quelque 18 000 combattants. Son enquête tient de l’hommage. 

De son côté, le magazine Vanity Fair nous raconte l'histoire d'un bijou. 

La broche « Oiseau libéré »

Une broche imaginée par Jeanne Toussaint, directrice artistique de la maison Cartier, à la libération de Paris. Pendant l’Occupation, elle avait conçu une série de broches similaires, exposées dans les vitrines de la rue de la Paix, à quelques dizaines de mètres de l’état-major allemand installé au Ritz. 

Des broches-oiseaux symboles d’un esprit de résistance et de liberté. Les Allemands ne s’y trompèrent pas et confisquèrent les bijoux. Jeanne Toussaint passa trois jours dans les locaux de la Gestapo, avant de reprendre ses activités, dans une industrie où l’on ne pouvait plus acheter ni pierre ni métal, mais seulement faire avec les matériaux que venaient apporter les clients. Et l’article d’évoquer une fervente catholique qui fit fondre ses médailles religieuses afin d’arborer une étoile en or jaune

Quant à la broche « Oiseau libéré », ce n’est donc qu’en 1944 qu’elle put s’envoler… Se plonger dans l’Histoire, c’est aussi découvrir des héros méconnus, des héroïnes oubliées. 

On trouve d’autres portraits dans la presse ce matin : des hommes et des femmes qui racontent notre époque. 

Alexander Martinez, jeune footballeur mexicain 

C'est dans le magazine de L’Equipe. Il avait 16 ans, il était footballeur, il s’appelait Alexander Martinez, et il y a deux semaines, il "aurait" été abattu par un policier. Son tort : être allé chercher à la nuit tombée des sodas à la boutique d’une station essence et avoir croisé une patrouille, dans "l’un des coins du pays où l’on tire avant d’enquêter", écrit le quotidien El Pais dans son édition latino-américaine. Aujourd’hui, le jeune garçon est devenu une icône de la lutte contre l’impunité des forces de l’ordre.

Même sujet, autre icône, dans Le Parisien.

« Assa Traoré, la Combattante »

Portrait de la sœur d'Adama Traoré, à la tête du comité "la Vérité pour Adama", que le quotidien présente comme "la nouvelle figure de la lutte contre les violences policières et le racisme"… Christiane Taubira salue son engagement. 

Elle est ardente et volontariste, sa pensée est plurielle et contemporaine. [...] Ce qui a surgi le 2 juin dernier – un rassemblement de 20 000 personnes à Paris – aucun syndicat, aucun parti politique n’aurait pu le faire. 

Dans Le Point, on découvre d’autres jeunes femmes investies dans un combat similaire. D’autres sœurs de victimes, qui, pour certaines, se sont engagées dans cette bataille en y laissant parfois leur vie personnelle… Elles s’appellent Ramata Dieng, Amal Bentounsi ou Aurélie Garand, et l’hebdomadaire les présente comme de "nouvelles Antigone", des militantes radicales.

Nadia, Roman, Leslie

Dans le Journal Du Dimanche, on nous présente Nadia Lienhard, une institutrice de Charente qui fait classe à ciel ouvert. Une méthode "buissonnière", des cours en pleine nature, qui ferait de plus en plus d’adeptes à travers l'Hexagone. 

Dans Le Journal de Saône et Loire, on nous présente Roman Sangue, un ancien danseur de hip-hop qui, après avoir stoppé l’école à 16 ans, vient de devenir avocat. Trajectoire étonnante, incroyable énergie. On le félicite. 

Dans Le Parisien, on nous présente Leslie, une experte des promotions dans les magasins, qui nous donne ses conseils pour économiser : remises fidélité, sites de bons de réduction, applis de remboursements. Lisez, c’est intéressant. 

Ce matin, évidemment, il est aussi question de politique.

Le second tour des élections municipales

C’est "la fin d’un scrutin hors norme", nous dit Le Bien Public - un scrutin qui, initialement, devait avoir lieu le 22 mars. Et "l’abstention part favorite" annonce Le Courrier Picard, qui précise que les contraintes sanitaires font hésiter nombre des électeurs. 

Enfin, je vous conseille la lecture de la revue Kaizen, avec le formidable Edgar Morin en couverture et, en pages intérieures, une double-page sur le blaireau, petit plantigrade qui a si mauvaise réputation. 

On dit, par exemple, que le blaireau ne sent pas bon, comme on le dit du putois.* Eh bien, c'est faux. "Si son colocataire de terrier - le renard - peut effectivement "puer", le blaireau, lui, ne stocke pas de nourriture et fait ses crottes dans des pots creusés à l'extérieur, voire plus loin, afin de marquer son territoire. Sa réputation odorante vient de ce que ses glandes secrètent un musc qui imprègne ses crottes, et donc son territoire."

Contrairement au putois, le blaireau ne pue pas. Il faut toujours savoir remettre en cause ce qu’on pensait être une vérité. 

*A l'antenne, dans une formulation bien malheureuse, j'ai confondu le blaireau et le putois. Ainsi que me l'a rappelé un auditeur, "le blaireau (Meles meles) et le putois (Mustela putorius putorius) ne sont pas le même animal ; le putois n'est pas un plantigrade mais un mustélidé et il émet effectivement une odeur nauséabonde". Mea maxima culpa. 

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