On nous signale plusieurs disparitions en une ce matin !

Dans la ville où j'exerce depuis 40 ans nous sommes passés de 24 à 12 généralistes pour un tiers d'habitants en plus. L'hôpital voisin a fermé et la population  qui voit dans les séries à la télévision des services rutilants où on est pris en charge tout de suite se tourne donc logiquement vers les urgences dont la fréquentation est passée de 11 à 20 millions en moins de 15 ans. Ce constat accablant c'est Patrick Bouet qui le livre ce matin dans une longue interview au Journal du dimanche.

Patrick Bouet c'est le président du Conseil national de l'Ordre des médecins en fonction depuis 2013 ; et depuis cinq ans il arpente le pays pour recueillir les doléances des soignants. Il en a tiré un livre qui sortira mercredi et qui prédit, si rien n'est fait, si aucune réforme d'ampleur n'est lancée, une explosion programmée de notre système de santé et d'accuser : "bien sur les références aux valeurs des pères fondateurs de la Sécu émaillent les discours de nos décideurs mais il s'agit d'un double langage. Toutes les réformes nécessaires n'ont eu qu'un seul but : assurer l'équilibre budgétaire. L'économie de la santé a imposé sa dictature dans les cabinets ministériels et la haute administration au détriment de l'exigence de solidarité et d'innovation thérapeutique".

Des mots très forts assez inhabituels venant d'une institution peu habituée aux coups d'éclat mais qui réclame des investissements massifs pour sauver le système de santé. 

Des investissements, ou plutôt des dédommagements, c'est aussi ce qui est réclamé en une de La Provence ce matin. La proposition de la direction de la SNCF de rembourser à ses clients  la moitié de leur abonnement TER pour compenser les grèves n'est pas suffisante pour les usagers à qui La Provence donne la parole. Le Monde essaie pour sa part de jouer les conciliateurs, il fait le point sur les pistes possibles pour sortir de la crise. Par exemple une annonce claire sur la reprise de la dette, un geste même symbolique en direction des grévistes, ou encore amender la réforme au Sénat. De quoi calmer les syndicats à quelques jours d'une rencontre avec le premier ministre ; rencontre qui sera cruciale pour la suite du conflit.

Alors que nous apprend Le Parisien ce matin le syndicat des cadres supérieurs de la SNCF va envoyer une lettre au premier ministre pour défendre l'honneur des cadres supérieurs, eux qui ont le sentiment au fil des discours du gouvernement d'être traités comme des nuls qui ont mené l'entreprise au désastre.  "Il en va de notre conscience professionnelle", disent-ils, eux qui ne s'étaient pas exprimés publiquement depuis les grandes grèves de 1995.

La Croix nous raconte ce matin que l'eau et la solidarité viennent à manquer en Espagne. La sécheresse qui a failli provoquer une catastrophe dans la ville sud-africaine du Cap. Ce n'est qu'au prix d'un rationnement extrêmement sévère que l'approvisionnement en eau a pu être maintenu. La sécheresse qui assoiffe la ville de Bouaké, la deuxième de Côte d'Ivoire, et qui menace ces villages espagnols de Cantabrie et de Castille où les habitants fuient par centaines les zones menacées de désertification, comme le village de Sacedonn, pour remédier à la crise et abreuver les serres de Murcie considérées comme le potager de l'Espagne. Le gouvernement de Madrid opte pour des transferts d'eau de fleuve à fleuve du Tage vers la Segura par exemple.

Une goutte d'eau sur des terres desséchées qui provoque la colère de la mairie de Sacedonn justement qui en a assez de voir son or bleu pompé et reversé à des centaines de kilomètres de là. La région de Murcie en est réduite à demander la solidarité des autres régions. La seule solution, estiment de nombreux experts, c'est une politique d'Etat de l'eau, la seule qui puisse gérer la demande et pas seulement l'offre.

Les disparitions aussi dans le sillage de Nordahl Lelandais, le Journal du dimanche y revient ce matin en recensant les 20 disparitions. "Les 20 fantômes", c'est le titre, avec lesquels celui qui a avoué le meurtre d'une fillette et d'un soldat pourrait avoir un lien. L'Obs y consacre aussi un dossier spécial cette semaine "Sur les traces du minotaure" titre l'hebdo qui a pu pénétrer dans les locaux de la cellule Ariane, qui tente de tirer un fil entre toutes ces disparitions et le tueur aux multiples visages.

On parle également des deux têtes de l'exécutif ce matin. L'amour n'a pas disparu dans le couple Macron, au contraire nous raconte Le Parisien dimanche qui consacre sa une et un long reportage au rôle de Brigitte Macron à l'Elysée. On la décrit souvent comme une femme fragilisée par la différence d'âge avec son époux et qui vit dans la crainte de le perdre. Deux assertions qui provoquent des ricanements de la part de leurs proches qui témoignent sous couvert d'anonymat dans le quotidien. C'est tout le contraire, disent-ils, c'est lui qui la protège et qui a peur qu'on la lui vole, tellement il la trouve extraordinaire. C'est son arme de communication massive en témoignent ses deux seules sorties officielles aux côtés de son époux qui, coïncidences, était empêtré ces deux fois là  dans des chutes sondagières.

Brigitte Macron installée dans le premier cercle politique. Elle déjeune tous les lundis aux cotés de Christophe Castaner, de Gérard Collomb ou d’Édouard Philippe. "La fonction lui a donné une gravité supplémentaire", raconte un proche du couple interrogé par la journaliste Nathalie Schuck, une gravité qui tranche avec sa joie de vivre naturelle. Une vie contrainte qui a provoqué cette question  chez la principale intéressée "mais dans quoi il m'a foutue ?" 

Le Courrier Picard se demande ce matin où sont passés les oiseaux  Les hirondelles, les alouettes des champs, les perdrix grises. Un tiers d'entre elles ont disparu en quelques années en Picardie ; même tendance qu'au niveau national. C'est la faute de l'homme titre le journal d’Amiens qui cite la destruction des nids par des riverains excédés par les pépiements de leurs voisins à plumes, les pratiques agricoles intensives ou encore l'utilisation des insecticides qui anéantissent le garde manger des volatiles.

On peut peut-être faire un rapprochement aussi avec la une de Nord Littoral ce matin qui se demande si la liberté des 4x4 ne serait pas menacée. Un habitant de Calais, organisateur de randonnées à bord de ces bolides dans les bois, se plaint de la législation de plus en plus contraignante. Ou la une de l'Union et de l'Ardennais, les teufeurs sont de retour. Le 25ème teknival se tient ce week-end à Marigny ; plus de 10000 festivaliers de retour dans la Marne. Ils n'étaient plus venus depuis 2013. On lira d'ailleurs le soulagement un peu coupable des journaux de la région de Tours où on pensait les voir revenir pour la 3e année de suite. Marigny et l'agacement de ses habitants furieux de voir les amateurs de techno installer leur camping et leurs enceintes en pleine zone _Natura 2000 : "_on n’a même pas le droit d’aller y ramasser un champignon, ou un escargot", se plaint un habitant, "et eux y vivent trois jours et y font ce qu’ils veulent". Pas sûr que ce soit de nature à faire revenir les oiseaux !

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