Ce matin, Frédéric Pommier nous raconte la presse à travers les couleurs ; du rose, du vert, du jaune du bleu... La revue L’ÉLÉPHANT consacre un dossier à cette couleur, qui n'est devenue populaire qu'au Moyen-Âge... Mais avec la défaite des footballeuses françaises hier, le bleu est devenu la couleur de la désolation.

Vous, quelle est donc votre couleur préférée ? 

Si c’est le vert, sachez que c’est aussi ce que répondent 14% des gens, d’après l’étude dont se fait l’écho la revue L'ÉLÉPHANT… 8% des personnes interrogées répondent qu’elles préfèrent le rouge, et 42% des sondés répondent que leur couleur préférée, c’est le bleu… Le bleu est donc très largement majoritaire, et c’est l’histoire de cette couleur que l’on découvre dans cette heureuse publication dédiée à la culture générale. Si vous ne connaissez pas, L'ÉLÉPHANT, c’est toujours très intéressant.

« L’histoire du bleu en Occident »

C’est le titre de ce dossier, inspiré notamment par les travaux du formidable Michel Pastoureau. Et l’on apprend que le bleu a longtemps été associé à des valeurs négatives. Chez les Grecs et chez les Romains, le bleu était la couleur des Barbares. Il a fallu attendre le Moyen-Âge pour qu'il accède à la popularité. A la Renaissance, il est devenu la couleur de la raison, puis, au XVIIIème siècle, la couleur du romantisme… Dans Les Souffrances du jeune Werther, de Goethe, le héros porte une longue veste bleu-nuit… Et c’est à cette époque que fut créé le bleu de Prusse. 

Mais, ce matin, le bleu est plutôt la couleur de la déception.

La déception des footballeuses françaises, éliminées de la Coupe du monde

Elles ont été battues 2 buts à 1, hier soir, par les Américaines. Pour elles, ç’en est donc fini du Mondial et leurs visages défaits s’affichent à la Une de nombreux journaux… « Clap de fin », se désolent LES DERNIÈRES NOUVELLES D’ALSACE, tandis qu’une bonne partie de la presse régionale évoque « le rêve brisé des Bleues »« La gueule de bois », titre de son côté L’EQUIPE… « Dépassées en première période, magnifiques ensuite mais battues, les Bleues n’iront donc, ni en demi-finale, ni aux Jeux Olympiques. » Et le quotidien de pointer une main américaine non sifflée par l’arbitre, une main dans la surface de réparation qui aurait pu mériter un pénalty… Corinne Diacre, la sélectionneuse de l’équipe de France, commente dans les colonnes du journal.

Il ne faut pas se le cacher, c’est un échec sportif… On est loin de notre objectif… Maintenant, j’espère qu’on a gagné autre chose : le cœur des gens.

Confirmation dans LE PARISIEN, qui estime que l’engouement du public, dans les stades, sur les canapés, comme chez les adolescentes, ne va pas s’arrêter là… LE PARISIEN qui, ce matin, rend hommages aux joueuses. Deux mots à la Une, c’est « Merci mesdames ».

Le bleu, on le retrouve également sur les photos… Des ciels bleus, çà et là ; des dossiers sur la canicule.

Record de chaleur battu en France : 45,9°C

Le chiffre s’affiche à la Une de MIDI LIBRE. Dès lors, LA MARSEILLAISE propose différents "plans" pour trouver la fraîcheur, tandis que LA VOIX DU NORD fait la promotion de la robe chemise… « A la plage ou en ville, la robe-chemise est la star de l’été »… Cela dit, on trouve aussi d’autres couleurs dans les journaux. 

Par exemple du blanc. Le blanc d’une tasse isotherme. Celle dont se servait hier soir Vladimir Poutine au dîner clôturant la première journée du G20 à Osaka… Une tasse frappée des armoiries de la Russie. Les autres chefs d’Etat, eux, buvaient dans des verres, se classiques verres à pieds et, comme le relève le HUFFINGTON POST, cette étrangeté a suscité quantité d’interrogations sur les réseaux sociaux. Poutine aurait-il peur de faire empoisonner ? Que nenni, a cru bon de répondre le Kremlin… « Que niet, que niet, que niet ! » 

Pour désamorcer ce début de polémique, son porte-parole a donné la raison de la tasse isotherme : c’est parce que Poutine boit en permanence du thé.

Le G20 qu’on nous raconte aussi dans LE PARISIEN… Dossier à l’occasion de l’entrevue qui s’est déroulée ce matin entre Donald Trump et Xi Jinping, le leader chinois. Deux hommes « que tout oppose », nous dit le journal. Mais ils ont finalement convenu de relancer les relations commerciales entre leur deux pays… Et puis, Trump, on le retrouve par ailleurs à la Une du FIGARO.

« Comment Donald Trump peut être réélu en 2020 »

Plusieurs facteurs sont ici mis en avant : la fidélité de son électorat, le soutien de son parti, mais également l’argent ! Son comité de campagne a déjà levé plus de 150 millions de dollars, dont 25 millions dans les 24 heures qui ont suivi le lancement de sa nouvelle campagne. Grande photo du bonhomme en pages intérieures. Cravate rouge et cheveux… jaunes.   

Et le jaune, on le retrouve dans la revue XXI, dont, vraiment, je vous conseille la lecture… Y compris l’édito, qui évoque le questionnaire récemment envoyé aux abonnés de la revue… La question était : « Pourquoi nous lisez-vous ? » Les réponses disent tout : « parce que XXI s’intéresse aux gens ordinaires », « parce que XXI raconte des histoires hors des sentiers battus »… Et c’est encore le cas avec ce numéro d’été. La revue nous emmène dans une réserve Sioux, mais aussi en Syrie, aux côtés des Occidentaux qui ont pris les armes pour lutter contre le groupe Etat islamique. Elle nous raconte « la mafia du sable » en Inde, où des criminels pillent le lit des rivières… Et puis, donc, une enquête sur les Gilets jaunes… Non pas ceux qui les portent, mais ceux qui les fabriquent, ceux qui les distribuent et s’enrichissent avec. 

Gilet jaune : l'objet mondialisé par excellence

On découvre que ce vêtement en polyester, devenu le symbole de la contestation sociale, est l'objet mondialisé par excellence. Quand on remonte sa trace, on se retrouve en Pologne, en Turquie, en Chine, au Pérou… Et l’on se retrouve face à une cascade de holdings et même de paradis fiscaux… D’un côté, des milliardaires. De l’autre, une main d’œuvre exploitée. 

C’est finalement le jaune de la trahison sociale qui nous est raconté ici.

On trouve également du rose dans les journaux. Ou plutôt du rosé… C’est à lire dans M, LE MAGAZINE DU MONDE : le rosé connaît un succès sans précédent… Notamment grâce aux jeunes consommateurs, qui le boivent en toutes circonstances et photographient même les bouteilles pour les poster sur Instagram… 

On trouve aussi du vert. Un dossier sur l’écologie dans les pages de SOCIETY et, plus précisément, sur la difficulté d’assumer au quotidien le souci de l’environnement… C’est entendu, la planète est en danger, et si nous ne faisons rien, nous courrons tous à notre perte, mais toutes les actions individuelles de bonne conduite ne semblent se résumer qu’à des gouttes d’eau dans l’océan… De quoi faire naître, nous explique le quinzomadaire, une frustration qui, désormais, porte un nom. 

L'éco-culpabilité

Une "éco-culpabilité" que nous renvoient parfois nos proches… On leur visite en voiture : « Eh ben, dis-donc, c’est pas vraiment écolo ! » A la sortie de l’école, on apporte une banane pour le goûter du petit… La mère d’un autre s’époumone : _« Vous mangez encore des bananes ? »_Virginie, 50 ans, témoigne dans le magazine.

A Pâques, ma sœur nous a annoncé qu’elle refusait qu’on prépare un gigot-flageolets. Parce que le mouton est trop vorace en herbe et en eau, et que son empreinte carbone est catastrophique. Ça a créé des tensions… 

Tu m’étonnes… 

D’autres couleurs pour finir : celles de l’arc-en-ciel… Ce matin, LIBÉRATION s’intéresse à la gay pride, la marche des Fiertés qui aura lieu ce samedi à New York comme à Paris. 500 000 personnes attendues dans les rues de la capitale… L’occasion d’un très intéressant dossier. 

« Luttes LGBT, 50 ans de fiertés »

Retour sur les émeutes de Stonewall, aux Etats-Unis : une descente de police dans un bar gay new-yorkais, il y a exactement un quart de siècle. Un événement considéré comme la genèse du mouvement LGBT+… Dans L’EXPRESS, vous lirez comment la communauté gay résiste face au pouvoir autoritaire de Jair Bolsonaro, lequel a lancé un jour une phrase épouvantable. 

Je préférerais avoir un fils mort dans un accident de voiture qu’en couple avec un moustachu… 

Le combat a donc toujours du sens. Et moi, je vous souhaite une journée toute en couleurs. 

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