Il est parfois difficile de se faire entendre lors d’une réunion. Difficile de parler, dérouler sa pensée sans se faire interrompre. Partant de ce constat, une sénatrice américaine a proposé, l’hiver dernier, de ressusciter un objet ancestral pour discuter pendant trois jours du budget au Congrès : le bâton de parole.

Comme on le lit dans le magazine PSYCHOLOGIES, c’est une technique utilisée dans les conseils tribaux amérindiens. Seul celui qui tient le bâton dans ses mains est autorisé à parler – nul n’a le droit de l’interrompre, puis il fait circuler le bâton dans la salle. Et lors du Congrès américain, la technique a fonctionné : les élus se sont écoutés, tous ont pu s’exprimer, avec des temps de parole plus longs que d’habitude et des contenus bien plus précis. 

Or, si l’on en croit le mensuel, c’est l’illustration d’une tendance qui gagnerait du terrain : aux Etats-Unis, de plus de plus de managers utilisent un bâton de parole dans les réunions d’entreprise. Les résultats sont positifs.

Moins de stress, moins d’agitation, moins d’agressivité

Le bâton de parole est « un outil de paix », estime un juriste qui a écrit un livre sur le sujet. 

Le bâton de parole permet de renforcer et approfondir nos liens avec les autres. 

Et, dès lors, on se dit qu’en France, on serait sans doute bien inspiré de l’utiliser aussi. Notamment pour tenter de rétablir le dialogue entre des communautés qui, désormais, ne se parlent plus. Le sujet fait la Une de L’EXPRESS cette semaine. 

La fin du "vivre-ensemble"

Drôle d’expression que ce « vivre-ensemble », note d’emblée Anne Rosencher qui signe l’analyse de ce très bon dossier. Une expression apparue il y a 35 ans, en 1983, lors de la célèbre élection municipale de Dreux. La maire socialiste en avait fait, en vain, son slogan de campagne face à l’offensive du Front national.

Le « vivre-ensemble », c’est un projet spécifique à la France ; celui – autre formule –, du « citoyen sans étiquette » (la formule est de Régis Debray), un citoyen qui se mêle et se fond dans un quotidien collectif sans frontières culturelles ou religieuses. Un modèle, incompris partout ailleurs, où l’on mettait un point d’honneur à vivre dans les mêmes immeubles, fréquenter le même bistrot, la même école…

Mais ce modèle s’est aujourd’hui abîmé, et il a complètement disparu en certains endroits… Ici et là, on ne se mélange plus. On coexiste, et encore : souvent on s’évite. En l’absence de bâton de parole, on ne sait plus comment dialoguer. Ce que décrit ici L’EXPRESS, c’est une France des communautés, ou plutôt une France des communautarismes ; on vit désormais séparé et on se craint les uns les autres.

Dans certains quartiers populaires, les Français juifs sont menacés

Menacés par l’activisme d’une minorité islamiste qui veut imposer sa norme à la majorité. Et l’hebdomadaire souligne que les pouvoirs publics paraissent avoir capitulé. Fatalistes, ils organisent eux-mêmes le séparatisme pour « éviter le pire »… 

C’est l’histoire de Bernard Ravet, un proviseur des quartiers Nord de Marseille, qui refuse à contrecœur l’inscription d’un élève juif dans son établissement public faute de pouvoir assurer sa sécurité. C’est aussi l’histoire de cette famille de Saint-Denis, à qui les policiers conseillent de déménager après qu’elle est venue porter plainte une deuxième fois pour des graffitis antisémites sur ses murs. 

Ils vous ont repérés ! Fuyez ! Changez de quartier ! 

Progressivement, le « vivre-ensemble » s’est donc transformé en « vivre-séparé ». On ne sait plus se parler.

« Le bâton de parole », il serait utile aussi pour faire dialoguer les partisans de la viande et leurs adversaires. C’est à lire ce matin dans LA DÉPÊCHE DU MIDI : des boucheries taguées, un abattoir incendié, et la pression des militants végans qui montent… Les professionnels du secteur s’inquiètent et en appellent désormais au président de la République, lequel est actuellement en déplacement aux Antilles, sans bâton de parole, mais avec la volonté de rompre avec son image d’arrogance et son côté « déconnecté »

« En Martinique et en Guadeloupe, Emmanuel Macron joue le contact humain »

C'est le titre du PARISIEN. Pour évoquer le scandale environnemental du chlordécone, il a notamment rencontré les agriculteurs d’une ferme maraîchère. 

D’autres métiers dans LA PROVENCE. « Sauvons les petits commerces » lance le journal à la Une. Selon un sondage BVA, les Français plébiscitent les magasins de proximité, et regrettent leur disparition progressive… Il est urgent d’agir, estime le quotidien. Urgent de changer nos habitudes de consommation. 

Et quels sont les commerces préférés des Français ? Retour à l’enquête BVA, cette fois dans LE COURRIER DE L’OUEST : ce sont les boulangeries qui arrivent en tête. Les croissants, les pains au chocolat, les baguettes… 

A propos de baguette, cette histoire dans LE PARISIEN: le récit d’un braquage dans une supérette du quinzième arrondissement de PARIS.  Deux malfrats qui ont tenté de s’emparer de la caisse, sans présumer de la résistance des commerçants.Tout est dit dans le titre.  

Les épiciers mettent en fuite les braqueurs… à coups de baguettes

Ils se sont servis des baguettes de pain comme de bâtons.

On parle aussi d’argent dans la presse ce matin. 

Photo d’une nouvelle fiche de paie à la Une du PARISIEN : « Qui va gagner plus ? » La suppression de certaines cotisations salariales va se traduire, pour certain, par un gain de salaire à partir du mois d’octobre. Mais deux catégories de Français n’en profiteront pas : les 17 millions de retraités et les 5 millions et demi de fonctionnaires. La nouvelle fiche de paie concerne uniquement les 19 millions de Français qui travaillent dans le secteur privé.

De son côté, LE FIGARO évoque l’inquiétude de l’Europe autour des dettes publiques, inquiétude provoquée par l’annonce d’un budget moins rigoureux que prévu en Italie. Tensions sur les marchés ; la Bourse de Milan a fortement reculé... Même sujet à la Une de LIBERATION. 

L’Italie fait sa forte dette 

Et le journal précise que désormais, dans les instances de l’Union Européenne, on redoute pour l’Italie un scénario à la grecque. Il faudrait sans doute un bâton de parole pour rétablir le dialogue entre Bruxelles et Rome.

Et puis, pour finir, une belle histoire que racontent ce matin, MIDI LIBRE et INDÉPENDANT. 

Il retrouve sa sœur enlevée à Perpignan il y a 59 ans

C’est l’histoire d’André, qui recherchait Michèle, laquelle avait été enlevée par leur père à la fin des années 50. Elle avait à l’époque six ans. Son père l’avait alors emmenée en Algérie… Puis, de retour en France, Michèle a vécu dans des foyers de la Ddass, oubliant jusqu’à l’existence de sa mère et de son frère… André l'a donc recherchée pendant près de soixante ans, et ils se sont revus le weekend dernier. André raconte dans L’INDÉPENDANT. 

C'est bizarre, c'est comme si on s'était quitté une semaine plus tôt. On a fait un repas de famille avec les quatre filles de Michèle. On a beaucoup parlé...

Parlons-nous. C'est important.

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