Deux sujets dominent dans la presse. D'un côté, la mort de George Floyd, homme noir tué par un policier blanc aux Etats-Unis. De l'autre, la réouverture des cafés et des restaurants en France mardi prochain. Et puis, dans L'Equipe, c'est un témoignage qui fait la une : le coming out du patineur Guillaume Cizeron.

‘T’es une fille ou t’es un garçon ?’ me demandaient mes camarades de classe lorsque j’étais enfant. Suivaient généralement des rires et moqueries des autres élèves. Etais-je une fille ou un garçon ? La question ne me semblait pas si incongrue. J’avais le sentiment d’être différent. Différent des autres garçons. J’étais terrifié à l’idée d’être né dans le mauvais corps. Pendant longtemps, je ne savais pas qu’être gay était une possibilité. Je pensais simplement que quelque chose n’allait pas chez moi.

Voilà comment commence la lettre de Guillaume Cizeron, que publie L’Equipe ce matin. Il a 25 ans, il est quadruple champion du monde de danse sur glace, et dans cette lettre, il explique donc la prise de conscience de son homosexualité. Il décrit sa solitude à l’école primaire, lorsque les filles voulaient rester entre filles et qu’il ne voulait pas jouer au foot avec les garçons. Il décrit sa solitude au collège

Un quotidien rythmé par les petites humiliations et les insultes : pédé, tapette, tantouze 

On s’habitue à la violence, elle devient normale. Et, bien souvent, on finit par croire qu’on la mérite. 

Alors, pourquoi raconter de tout cela ? Le patineur pose lui-même la question. Et il apporte sa réponse. 

« J’ai réalisé que si mes paroles avaient le pouvoir d’aider ne serait-ce qu’une personne à mieux s’aimer et s’accepter, ça vaudrait la peine de parler. Car, malgré de grandes avancées sur le chemin de la tolérance, le combat n’est pas fini. 

Sous-entendu, le combat contre l’homophobie. C’est pour cette raison que L’Equipe, ce matin, a choisi de faire sa une avec ce témoignage et cette phrase de Guillaume Cizeron : "Je ne veux pas seulement dire ‘JE SUIS GAY’, mais aussi contribuer à éduquer." Le quotidien propose un dossier de trois pages sur le sujet. "Trois pages qui ne devraient pas exister", reconnaît Alexandre Roos, qui signe l’édito. 

Qu’un athlète évoque son orientation sexuelle ne devrait pas être un ‘événement’ à la une d’un journal. Même si certains avaient brisé le silence avant lui, la parole des homosexuels reste rare dans le sport, encore plus chez les hommes, et Guillaume Cizeron est désormais le seul champion masculin de ce niveau en activité à avoir fait son coming out en France.

Un coming out pour libérer la parole des autres et pour, enfin, qu’on considère l’homophobie comme un poison qui ne prospère pas uniquement chez les supporters. Non, le combat n’est pas fini. 

A la Une de Libération, on découvre un autre geste de combat. 

Le combat contre les violences raciales aux Etats-Unis

Un homme noir lève le bras et le poing gauche. Dans la main droite, il porte le portrait d’un autre homme noir, tristement célèbre aujourd’hui : George Floyd, qui lundi dernier à Minneapolis, a été asphyxié par un policier blanc. Les images ont fait le tour du monde, et depuis, la ville a été le théâtre de manifestations et d’émeutes. Des rassemblements ont eu lieu aussi devant la Maison Blanche, à New York, à Dallas ou encore à Houston, ville d’origine de la victime. A Atlanta, on a incendié des voitures de patrouille de la police. 

"La mort de George Floyd enflamme l’Amérique" titre Libération. Ce qui donne, dans Le Dauphiné : "La mort d’un homme noire ravive les plaies raciales." Le policier qui a tué George Floyd a été inculpé pour « homicide involontaire ». Un chef d’accusation qui, bien évidemment, n’incite pas à l’apaisement… 

Dans la presse, on parle également des nouvelles mesures de déconfinement, avec, ce samedi, l’ouverture des parcs à Paris. Un petit peu de nature pour décompresser. La nature, qui peut agir comme un merveilleux antidépresseur, peut-on lire dans Slate : sérénité, joie de vivre. Et, en plus, ça permet de dégonfler l’égo.

La nature est un antidépresseur et elle dégonflerait l'égo

C'est un article de CNN, qui recense les principales raisons pour lesquelles on a intérêt à faire corps avec la nature. Où on lit ainsi que les espaces naturels, en émerveillant le regard, auraient la vertu de rendre leur humilité à des humains emplis d’un sentiment de toute-puissance. 

Le coronavirus a eu cette vertu là aussi, si l’on croit le moine bouddhiste Matthieu Ricard. Il le dit dans Ouest France : l’homme pensait avoir maîtrisé la nature, et "c’était d’une arrogance considérable"

Cette arrogance a été réduite en miettes par un petit organisme qui fait un dix millième de millimètres, un morceau d’ADN enveloppé dans des lipides.

Lui, a vécu la période du confinement en Inde, puis au Népal dans un petit ermitage où il va chaque hiver en face de l’Himalaya. "_Un confinement bienheureux et volontaire"_, précise-t-il. Depuis deux semaines, il est en Dordogne, auprès de sa mère, qui a maintenant 97 ans.

Dans L’Alsace, on découvre le récit d’un rescapé du Covid-19 : le député du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer, qui a été le premier parlementaire contaminé. A deux reprises, son pronostic vital a été engagé, et il a passé quatre semaines dans le coma.

Je ne voulais pas mourir, j’ai encore plein de choses à faire. 

Lentement, Jean-Luc Reitzer reprend goût à la vie.  

Une enquête sur les intérimaires distributeurs de gel hydroalcoolique

C'est à lire sur Bastamag. Un reportage de Nassira El Moaddem sur ces hommes et ces femmes vêtus de bleu qui, depuis deux semaines, arpentent les entrées du métro pour proposer du gel désinfectant aux usagers. Dans les médias, comme sur les réseaux sociaux, les images ont fait l'objet de nombreux commentaires enjoués. Mais, derrière "ce coup de communication", écrit ma consœur, on trouve "des conditions de travail difficiles" pour ceux qu'elle surnomme "les nouveaux charbonneurs du monde d'après"

Il y a d'abord le sac : un sac à dos de 12 kilos, une pénibilité réelle. Certains disent souffrir du dos. D'autant qu'ils restent six heures debout tous les jours : de 7 à 10 heures, puis de 16 à 19 heures, c'est à dire aux heures de pointe. Il n'y a pas d'endroit pour faire des pauses. Du coup, quand ils s'arrêtent, en fait, ils continuent toujours : même s'ils sont en pause, ils ne vont pas refuser de servir ceux qui leur demandent du gel désinfectant. Et c'est pareil le soir, quand ils rentrent chez eux en métro ou en RER. Il n'y a pas d'endroit pour laisser les sacs à dos sur place, donc ils doivent repartir avec... 10% de ces "nouveaux charbonneurs" auraient déjà jeté l'éponge. 

La réouverture des bars et des restaurants

Dans toute la presse, il est aussi question de la prochaine réouverture des cafés et des restaurants. La Charente Libre évoque "la course contre la montre" pour être prêt mardi prochain. Et, dans Le Parisien, c’est "la guerre des terrasses"… En Île-de-France, seules les terrasses pourront accueillir les clients à partir du 2 juin. Dans la capitale, 15 000 cafés et restaurants en possède une, mais 8 000 n’en ont pas et, bien sûr, leurs propriétaires se sentent lésés.  

Alors, aux terrasses, aura-t-on droit à l’invention de brasseur que Le Maine Libre nous présente ce matin. Il s’appelle Jérôme Barreau, et il vient d’inventer une nouvelle bière : une bière blonde… aux rillettes. Plutôt à boire à l’apéritif, nous dit-on. Elle porte un nom prédestiné : « Copain comme cochon ». J’ai soif.  

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