La question des réfugiés et des immigrés commence à prendre de plus en plus de place sur les premières pages de la presse européenne

A commencer par l’image la plus dramatique, à la Une de tous les journaux italiens ce matin, de 13 cadavres sous des draps blancs étendus sur la plage de Raguse, en Sicile . Après 6 jours de voyage, « des immigrants désespérés », La Repubblica écrit, « presque tous des Érythréens et des Somaliens », qui étaient à bord d'un bateau en bois se sont jetés dans la mer à quelques centaines de mètres de la terre promise.

« Ils ont crié au secours, ne sachant pas nager, mais les passeurs, soucieux d’échapper à la police, n'ont pas eu pitié. Ils ont été battus, fouettés avec des cordes et menacés avec des couteaux avant d’être obligés de sauter dans la mer ».La photo montre l'aspect humain, souvent caché derrière des titres et des Unes.

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La polémique sur les Roms en France a des répercussions aux Pays-Bas

Après le démantèlement du campement à Roubaix, le ministre néerlandais de la Sécurité et de la Justice avait exprimé des craintes que les Roms ne viennent au Pays-Bas.

« Désolé M. le Ministre », s’insurge le Volskrant ce matin, « ils sont déjà là » et depuis longtemps !

« Les Roms obéissent à leur propres loi », continue le journal, « parce qu’on les a mis au ban de la société, ou est-ce l’inverse ? »

Après avoir rappelé que de nombreux Roms vivent toujours dans une pauvreté inimaginable dans les pays corrompus, « comme la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie ». Le Volkskrantne voit guère d’autre solution qu’une politique européenne. Après des centaines d’années, il est temps de sortir de l'impasse et de trouver des solutions.

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La Suède est aussi secouée par un scandale concernant le fichage illégal des Roms par la police

Le Aftonbladet, à Stockholm, révèle ce matin que des agents du Conseil suédois de Sécurité de Contrôle pour l'Intégrité, ont inspecté hier les locaux de la police suédoise, pour en savoir plus sur l'inscription de milliers de Roms.

Il y a beaucoup d’articles en ce moment dans la presse suédoise, plutôt choquée par ces pratiques qui mettent en doute le modèle d’intégration à la suédoise.

Le Dagens Nyheter rappelle que le fichier contient les noms de nombreuses personnes qui n’ont jamais été coupables d’aucun délit. « Il est difficile d’imaginer une explication vraisemblable au fichage d’enfants de 2 ans », affirme le journal.

Le ton est différent dans la presse britannique

La ministre de l’Intérieur, Theresa May, fut très applaudie hier devant le congrès annuel du parti conservateur, surtout lorsqu’elle a fait part de sa détermination de sortir le Royaume Uni de ses obligations à l’égard de la Convention européenne des droits de l’Homme, surtout en ce qui concerne le droit des immigrés.

C’est largement salué dans la presse de droite ; à gauche,The Guardian est l’une des rares voix contre ce matin : « cela oublie une réalité complexe. Lorsqu’on réduit les complexités de la vie humaine à un exercice de faire passer tous à la même enseigne, c’est un premier pas vers la suppression totale des droits de l’Homme ».

Les réfugiés toujours à la Une de la presse belge

Le Standard titre ce matin surl’autorisation accordée par l’Université Libre de Belgique à des demandeurs d’asile Afghans, de rester trois nuits dans son gymnase . Ils étaient jusque-là dans une église, avant d’être expulsés par la police.

En Belgique toujours, Le Soir met sur sa première page le sort d’un plombier afghan, dont la septième demande de régularisation vient d’être rejetée. Un cas très médiatisé sur place –Navid Sharifi sera transféré à l’aéroport de Zaventem ce matin où il prendra un vol vers l’Afghanistan.

A contre-courant, le Berliner Zeitung titre ce matin sur le fait que Berlin ouvre son cœur aux réfugiés – avec un sondage révélant que 38% des Berlinois approuvent l’acceptation de davantage de réfugiés dans la ville, une moyenne nettement plus élevée que le reste de l’Allemagne et surtout du reste de l’Europe.

Puis, un titre plus bizarre aujourd’hui, toujours sur ce même dossier, dans The Irish Times. Les Irlandais se demandent si leur pays ne va pas devenir un aimant pour les réfugiés du climat. Avec le réchauffement planétaire, des habitants de pays comme le Bangladesh, transformés en « réfugiés climatiques », pourraient être attirés par notre pays et ses températures clémentes.

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