La situation en Ukraine est à la une

Tous les journaux européens titrent sur les manifestations à Kiev hier. L’opposition continue d’occuper le centre de la ville, pour protester contre le volte-face de Viktor Ianoukovitch qui a suspendu la semaine dernière les accords d’association avec l’Union Européenne. Quelques unes : c’est « l’Etat d’urgence » pour Der Standard à Vienne, La Tribune de Genève parle à la sienne de « gigantesque bras de fer », Elefetherotypia à Athènes titre sur cette « révolte contre l'autoritarisme ».

Le Soir de Bruxelles publie par exemple la photo de Femen urinant contre le portrait du président ukrainien. Les éditoriaux condamnent évidemment pour la plupart l’attitude du président, mais on trouve d’autres avis là on ne les attendait pas forcément.

The Guardian britannique par exemple publie la tribune de Marina Lewycka dont le roman - Une brève histoire du tracteur en Ukraine a vendu plus d’un million et demi d’exemplaires en Grande Bretagne et qui s’étonne de voir tous ces jeunes ukrainiens pleins d’optimisme lorgnant l’Europe. « Je leur souhaite bonne chance », dit-elle ! « Les manifestants à Kiev qui veulent se libérer d’un passé étouffant et de la puissance russe pourront trouver la politique européenne pas si différente que ce qu’ils ont connu par le passé ».

Du côté de__ la presse ukrainienne…

Rien que l’accumulation de titres dramatiques sur la première page de Den , journal progressiste, montre la situation confuse hier à Kiev, le journal évoque la peur panique dans le métro et autour du parc Shevchenko, et cite même le chef du ministère de l'Intérieur qui a présenté ses excuses pour l'usage excessif de la force. Le journal compare ce qui se passe actuellement sur place au Printemps de Prague et au mouvement Solidarité en Pologne.

Le commentaire le plus fort que j’ai trouvé est dans le Kievpost Yaryna Klyuchkovska témoigne de ce qu’elle a vu hier, à savoir la brutalité de la violence pure contre les manifestants paisibles place de l’indépendance. C’est « l’Ukraine du pire », dit-elle, « heureusement, chaque fois que j’ai vu des atteintes à notre humanité commune, j’ai vu d’innombrables victoires dans l’autre sens, comme ces centaines de milliers de mes compatriotes défilant paisiblement dans la rue Khreshchatyk, avec sur chaque visage l’optimisme, la courtoisie, le respect. J’ai vu un jeune acclamé par la foule lorsqu’il brandissait fièrement le drapeau de notre beau pays en haut d’une grue. J’ai vu un demi-million de personnes prier ensemble. Cela me brise le cœur de penser au prix fort en termes de sang et de souffrance que l’Ukraine va devoir payer pour ce réveil, mais maintenant que nous sommes debout, nous sommes devenus l’Ukraine du meilleur ! »

Puis, juste à côté, les Russes observent : Izvestia ce matin constate que la police était perdue hier, notamment autour de la statue de Lénine, avec une vingtaine d’officiels non armés responsables de l'application de la loi protégeant le monument du leader bolchevique de la foule, et « dont le regard était bien loin des idéaux communistes ».

Puis la Nezavisimaya Gazeta affirme que l'Ukraine est « hors de contrôle » avant de préciser plus sombrement que le président ukrainien est en visite d'Etat en Russie cette semaine, ceci « pour obtenir un soutien financier et politique pour calmer le public ».

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