Quelques frissons ce matin

L’été est officiellement terminé, The Express britannique jette un froid ce matin sur sa première page avec la photo dramatique d’un phare quelque part au large des côtes britanniques, bombardées par la houle sous le titre « des pluies torrentielles vont nous déverser la moitié d’un mois de flotte en quelques heures ».

Conseil du journal, le même que l’on entend dans les compagnies low-cost : « Brace, brace ! ».

Les couleurs du ciel, ou à défaut celles qui figurent à l’horizon font la Une aussi du journal le plus lu en Allemagne, Bild. A Hannovre la maison de rêve vire au cauchemar. Le propriétaire doit démonter son toit. Pourquoi ? Parce que celui-ci est gris. Seules les couleurs rouge ou marron sont autorisées, lui ont indiqué les autorités. « Ca va me coûter 20.000 euros », se plaint Nils Meyer que l’on voit dégoûté, lettre administrative à l’appui et proposant de repeindre la partie supérieure de sa maison soit vert poison, soit jaune criard. Et l’on sent toute sa morve dans le choix des couleurs allemandes « giftgrün ou quietschgelb ! ».

Bild est loin de décrocher la palme de la première page la plus bizarre ce matin

The winner is The Daily Mail . Depuis quelques semaines, le journal britannique propose les Unes de loin les plus inattendues, toutes catégories confondues. Souvenez-vous, la semaine dernière les téléphériques dangereux qui transportent les mineurs géorgiens.

Aujourd’hui, les clichés en effet impressionnants et spectraux de prostituées pendant la deuxième guerre à Montréal, qui fut apparemment un lieu de débauche . On vient de trouver ces visages dans les archives de la ville. Il y avait de sacrés personnages, comme Fleurette Dubois, nonchalante, ou Ruby Taylor, la seule qui sourit à l’appareil photo de la police. « Son air de connivence », suggère le journal, « est dû au fait qu’elle semblait bien connaître certains des officiers qui l’avaient arrêtée ».

Tout ceci sur les premières pages, parce qu’il n’y a pas de vraies polémiques ?

Il y en a, mais pas là où on les attendait. Plusieurs journaux indiquent la colère des Britanniques déclenchée par l’affiche pour le film « Dian »a posée près du tunnel de l’Alma à Paris , là où elle est morte, affiche retirée apparemment. C’est une polémique, en revanche, dont je n’ai pas vraiment trouvé trace dans la presse britannique.

LA dispute du jour c’est entre le leader de l’opposition travailliste Ed Milliband etThe Daily Maillequel, il y a quelques jours, a publié un article disant que le père de celui-ci, un Juif belge réfugié en Grande Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, « détestait notre pays ».

Le leader de l’opposition a décidé de réagir dans les termes les plus forts, soutenu d’ailleurs hier à la télévision par le premier ministre David Cameron, qui a récemment perdu son père et qui « comprend ».

The Guardian est outré ; cela va à l’encontre du fairplay à la britannique. Même les lecteurs du Daily mail , même eux, doivent admirer quelqu’un qui défend le nom de son père. The Daily Mail refuse crânement de s’excuser. « We won’t apologize ! » On ne s’excusera pas . « This man DID hate Britain ». Il a bel et bien détesté le pays qui l’a accueilli, c’était l’un des premiers marxistes de sa génération, passant sa vie à prêcher l’un des dogmes les plus néfastes de l’histoire de l’humanité.

A propos de marxisme, vous allez me demander si la presse européenne évoque le Obamacare et ses dégâts aux Etats-Unis, mais je n’ai trouvé aucun journal, même parmi les plus conservateurs, pour défendre voire comprendre l’attitude des républicains.

La plupart de la presse est bouche-bée ce matin devant ce qui se passe outre-Atlantique. Deux visages souriants pour conclure : le roi espagnol qui est de « mucho mejor aspecto » – qui a l’air d’aller beaucoup mieux selonEl Mundo , sortant de son séjour à l’hôpital.

Puis, celui de Napoléon, à la Une de nombreux journaux, dont un portrait, vieux de deux cents ans, vient d’être retrouvé à New York. Heureusement que cette toile n’est pas dans un musée, car personne ne pourrait aller lui dire bonjour.

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