Une semaine plus calme en perspective dans la presse européenne

La Syrie disparaît des Unes, et les journaux reviennent sur des sujets plus nationaux, à commencer par les élections allemandes du 22 septembre prochain

Sur place, les journalistes étaient rivés devant leur poste de télévision pour le seul et unique duel hier soir, entre la chancelière Angela Merkel et son challenger de gauche, Peer Steinbrück.

J’ai glané les réactions ce matin, et si vous ne conanissez pas les tendances des journaux politiques allemands, c'est un bon jour pour jouer aux devinettes. Le [Frankfurter Allgemeine Zeitung ](Frankfurter Allgemeine Zeitung) affirme que Merkel était partie pour disperser le vent dans les voiles de son rival, mais il n’y avait nul besoin, car Steinbrück était à la dérive, sans vent en poupe.

Dans la même ville en revanche, le Frankfurter Rundschau est persuadé que c’est Steinbruck qui a maîtrisé les débats. Plus nuancé, le Berliner Morgenpost voit un débat où chacun se regardaient dans les yeux. Le débat était de bon ton, sans descendre dans le marasme politique. Puis le Berliner Zeitung souligne que les plus grandes divergences concernaient l’Europe, contrairement au relatif consensus sur la Syrie.

Bild se préoccupe de la tenue de la chancelière, habillée en noir avec une chaîne composée d’éléments rouge, dorés et noires, aux couleurs nationales, donc. Les responsables politiques du journal populaire devaient s’ennuyer, car ils ont eu le temps de pointer le fait que Merkel a dit « äh » c’est comme cela qu’on hésite en allemand, 86 fois, contre Steinbrück 31 fois. Merkel a toussé une fois, Steinbrück 3. Quant aux sourires : 14 fois par la chancelière, et por son adversaire 23. Si les journaux s’amusent avec ce genre de détail, c’est sans doute que les choses sont plus ou moins bouclés, Steinbrück étant à 28% des intentions de vote contre 54% pour la chancelière dans le dernier sondage publié parDie Welt .

Tribune intéressante dans Le Temps en Suisse ce matin, oùMikhaïl Gorbatchevtire la sonnette d’alarme sur les problèmes de l’eau

"Allons-nous attendre d’avoir soif pour mesurer la valeur de l’eau ?" demande l’ancien président russe, devenu président de Green Cross International . Si nous continuons à ne pas prendre soin de l’eau, elle ne prendra pas soin de nous non plus, car la vraie mauvaise nouvelle, c’est que la consommation d’eau au XXème siècle a crû deux fois plus vite que la population.

Par conséquent, aujourd’hui un tiers de la population mondiale vit dans des pays en situation de stress hydrolique. D’ici à 2025, on estime que cette proportion passera aux deux tiers. En plus de notre consommation non durable de l’eau, nous polluons nos lacs, rivières et cours d’eau jusqu’à leur épuisement.

L’alarme retentit dans les oreilles des sourds depuis trop longtemps, conclut Gorbatchev. Il est temps de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard, avant que les puits du monde ne soient à sec.

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Dans la presse anglophone, deux décès, ce week-end, très largement commentés

A commencer avec les Irlandais qui ont perdu peut-être leur plus grand poète, Seamus Heaney, qui avait reçu le prix Nobel de littérature en 1995.

The Irish Times étaient présent hier à l’église du sacré cœur de Dublin et cite le prêtre, "l’ermite et le poète ont beaucoup de choses en commun: ce besoin de solitude, la connaissance profonde des choses et cette discipline de passer des heures à les observer".

The IrishIndependent parle d’un génie humble qui a fait rimer l’espoir et l’Histoire (il faut dire qu’ils ne riment pas en anglais, donc c’est davantage un compliment !). C’était un prophète dans son propre pays, "sa célébration des choses ordinaires résultait de sa capacité à voir le côté universel des choses les plus simples".

La mort hier à 74 ans de l’un des plus grands journalistes de télévision britannique et américaine, David Frost.

Connu peut-être pour deux choses : c’était le premier journaliste vraiment satirique des années 60 – c’est lui qui a donné sa première chance à John Cleese par exemple. Surtout, il était connu pour ses interviews internationales, la plus célèbre était celle de Richard Nixon où, à force d’insister il à poussé celui-ci à s’excuser pour Watergate pour la première fois.

Selon The Guardian ce matin, c’était le premier superstar de la télévision anglaise, journaliste, animateur et businessman en même temps. Contrairement aux journalistes d’aujourd’hui, dans l’éditorial, "il avait l’habitude d’écouter, et cela désarmait particulièrement ses interlocuteurs, lesquels étaient plus détendus et avaient donc tendance à sortir des choses qu’ils n’avaient pas prévues de dire".

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