L’Ukraine domine les premières pages ce matin

Il fallait, au cours de la nuit, carrément décrocher un Oscar national pour déloger la situation en Crimée des unes. La La Grande Belleza, meilleur film étranger par exemple, sur celles de la presse italienne, dès que l’annonce était faite.

Sinon, le ton monte. « Panzer Poutinisme », « le poutinisme façon char », titre Der Standard à Vienne , la Russie montrant son vrai visage -autoritaire, totalitaire et nationaliste.

La Russie à bride abattue , pour Le Temps en Suisse : « s’il est une attitude dans laquelle les chefs du Kremlin ont souvent excellé, c’est celle du pompier pyromane. »

De Telegraaf aux Pays-Bas suit de près la page Facebook du premier ministre russe Medvedev qui craint un bain de sang.

Le journal populaire allemand Bild demande carrément à sa Une:Poutine risque-t-il la grande guerre en Europe ?Die Welt parle d’un retour, en tous cas, de la Guerre froide.

Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung,Vladimir Poutine dessine sa ligne rouge, à l’aide d’une baïonnette.

The Mail britannique regrette que Poutine joue aux échecs : « tandis que nous à l’Ouest, nous croyions jouer aux billes ». The Independent rappelle sombrement qu’un siècle après un coup de fusil en Bosnie qui a déclenché une guerre horrifiante, il est temps de reconnaître qu’un mauvais pas pourrait s’avérer désormais désastreux .

Il n’y a guère que la presse belge qui croit toujours en la voie diplomatique, La Libre Belgiqueannonçant que Poutine accepte d’entamer un dialogue.

Et puis d’autres ont leur propre analyse, Eleftherotypia à Athènes, par exemple, veut savoir à sa une pourquoi le FMI a toujours été bien plus indulgent avec l’Ukraine sur le remboursement de ses dettes qu’elle n’a été avec nous ici en Grèce.

Dans la presse à Kiev et à Moscou

Le Oukrainska Pravda annonce que les Russes ont déclaré la guerre contre l’Ukraine, samedi à 17h20, le moment où les sénateurs russes ont voté pour le déploiement de troupes russes en Crimée . Pour le Kievpost, il est clair que la Crimée n’est que la feuille de vigne qui permet à Poutine de s’accaparer du reste de l’Ukraine .

Evidemment, le son de cloche est tout autre à Moscou. Voici quelques réactions puisées dans les premières pages d’Izvestia ce matin, l’envoi de troupes en Ukraine a été décidé pour les besoin d’une « normalisation de la situation politique ».

La Russie n’est intervenue que pour « répondre à un appel à l’aide »: Izvestia évoque l’hystérie de l'Union Européenne enfermée dans une bulle de public relations, le tout en raison des prochaines élections européennes, où il s’agit pour les dirigeants occidentaux de se montrer forts pour reprendre des voix aux eurosceptiques.

D’ailleurs, Washington et Bruxelles devraient « s’imposer des sanctions mutuelles pour incitation à la guerre civile en Ukraine ».

Enfin, le commentaire le plus glaçant peut-être, car non dénué de raison: « en ce qui concerne le pétrole et le gaz, économiquement les pays de l’Union Européenne dépendent de nous, davantage que nous d’eux. »

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