Silvio Berlusconi : c’est fini !

Mais c’est une fin un peu en catimini. Il n’y a pas beaucoup de commentaires ni d’éditoriaux ce matin qui lui sont consacrés, même si son revirement de dernière minute, se résignant à voter la confiance au gouvernement, recouvre toutes les premières pages sur place. Peut-être les grandes plumes ont-elles déjà tout dit. Il y a surtout le visage, parfois en larmes, du Cavallieri, qui n’est pas à une humiliation près car il risque d’être démis de son statut de sénateur à la fin de cette semaine .

La presse non italienne le voit « Ridiculed » par exemple dans The Independent à Londres.

Pour Le Temps en Suisse,Berlusconi « capitule sans conditions » .

Quelques vagues tentatives de métaphores dans la presse allemande. Pour le Tagezeitung, les porteurs de bagages se sont rebellés et ne suivent plus le voyage du grand égotiste. Pour le Süddeustche Zeitung, le marionnettiste a perdu les fils entre ses doigts.

A Milan, Il Corriere della Sera, en revanche, n’ose pas trop y croire, et rappelle que l’ancien président du Conseil a neuf vies, et nous en sommes à la huitième. « Saurait-il lancer une ultime offensive de charme auprès des sénateurs, et provoquer un énième revirement de dernière minute ? » demande le journal qui n’a pas l’air de se réjouir de cette éventualité.

La presse européenne parle aussi des ennuis de Barack Obama

« Exasperado » : le président américain a l’air en effet plus remonté quand c’est en espagnol, comme dans ABC.

The Economist, à Londres, a aussi lu les journaux européens et constate que ceux-ci sont remplis de comptes-rendus méprisants à l’égard du dysfonctionnement à l’américaine. Il nous est pourtant familier. C’est une forme de « cohabitation », comme diraient les Français, en permanence, avec un système à deux partis. L’éditorialiste se demande s’il ne faut pas suivre -pour une fois !- l’exemple européen et avoir recours à des élections anticipées, même au Etats-Unis, pays du mandat à terme fixe.

Sinon, les Unes sont nettement plus nationales

Des choses diverses et variées –prenons les belges. De Standaardconstate que 100.000 Belges ont été flashés au radar pour excès de vitesse cet été en France, un record : « La France avait prévenu qu'elle punirait les automobilistes étrangers. Nos voisins du Sud ont tenu parole et n’ont eu aucune pitié ».

Toujours en Belgique, Le Soirde Bruxelles n’aime pas du tout les rumeurs selon lesquelles Vladimir Poutine serait « en route » pour le Prix Nobel de la Paix. Une initiative a été lancée en Russie pour présenter la candidature du président russe en raison de son rôle dans la crise syrienne. Obama l’a bien reçu, l’Union européenne aussi, alors, pourquoi pas lui ? Le journal belge n’est visiblement pas fan du Lider maximus de la Russie post-soviétique, « l’homme derrière le carnage tchétchène, celui qui ne tolère ni les homosexuels ni les Femen dans son pays, l’allié de Bachar al-Assad qui continue de lui envoyer des armes et empêche toute décision au Conseil de Sécurité de l’ONU ? Ce Poutine-là ? »

Pour finir, un nouveau manuel destiné aux touristes chinois qui se rendent en Europe

The Daily Mail en Grande Bretagne l’a lu, et traduit surtout quelques extraits plutôt sympathiques . Il s’agit d’un manuel de 64 pages à destination des touristes chinois qui ont une très mauvaise réputation dans le Vieux Continent. Ce manuel donne les clefs donc pour être mieux aperçus, avec beaucoup d’illustrations à l’appui.

Par exemple, il ne faut pas rester trop longtemps dans les WC et ne pas laisser des marques de bottes sur les sièges.

A éviter à tout pris, parce que cela énerve les Européens, uriner dans leurs piscines publiques.

Il ne faut pas se curer le nez dans la rue et, chose plus bizarre, voler les gilets de sauvetages dans les avions.

Le manuel a des consignes plus particulières, et plus étonnantes, par pays. En Allemagne le fait de claquer les doigts est réservé aux chiens, pas à d’autres humains.

Les femmes, en Espagne, doivent toujours porter des boucles d’oreille en public, sans quoi elles sont considérées comme « nues ».

Et parmi les choses à ne surtout pas faire, ne pas offrir un mouchoir en Italie car cela porte malheur, et surtout ne pas demander à des Britanniques (c’est nouveau pour moi qui en suis), s’ils ont mangé à leur faim.

Pour finir sur les conseils dans les restaurants, il convient d’éviter de boire sa soupe directement dans le bol et de faire quelque chose que je ne saurais dire en français, et encore moins en VO pour les quelques touristes chinois égarés sur notre antenne ce matin –je reprends le verbe anglais du Daily mail : « to slurp », quand on boit sa soupe.

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