La presse européenne se pose de plus en plus de questions sur la position de la France à l’égard de la Syrie

"François Hollande isolé dans le piège syrien" : c’est un exemple, sur la première page du Standard en Autriche. Tout d’un coup très seul, François Hollande tente d’échapper au verdict des sondages, commente le correspondant à Paris du journal autrichien, se présentant comme un grand chef de guerre (d’ailleurs la une est illustrée d’une photo du Président lors du défilé du 14 juillet dernier), mais cette attitude pourrait plutôt lui coûter des voix dans l’avenir.

D’autres journaux titrent aujourd’hui sur les « preuves françaises » – c’est la Une deEl Mundoen Espagne, de La Libre Belgique, du Soir de Bruxelles, preuve confirmant l'usage massif d'armes chimiques par le régime de Damas, et de nombreux titres à travers le continent traduisent ce matin à leur tour la mise en garde de Bachar el Assad contre la France publiée hier dans Le Figaro .

Le Handelsblad, aux Pays-Bas, publie une tribune qui regrette l’absence de vrai débat dans ce conflit – et pose la question : « La Guerre en Syrie, où sont passés les intellectuels ? ». Il fut un temps où les penseurs de tous les pays pouvaient se retrouver lorsque la situation dans le monde les y incitait.

"Cela se passait comme ça : deux penseurs ou davantage rédigeaient un appel à l’intention des Nations Unies ou d’autres hautes instances, diffusaient le texte au sein de leur propre cercle et faisaient ensuite publier l’appel dans le quotidien français Le Monde. Cette époque est révolue, en ce qui concerne la Syrie", regrette le journal néerlandais en tous cas.

On commence aussi à voir d’autres séquelles des différentes prises de position de ces derniers jours

Les Britanniques sont très inquiets, constatant déjà selon la Une du Times ce matin que les Américains leur montrent, selon l’expression anglaise, « the cold shoulder », l’épaule froide. Des chefs militaires britanniques ont été éjectés illico presto des réunions américaines sur la Syrie ces derniers jours, notamment au centre de commande de Tampa en Floride, où leur rôle a été nettement downgradé.

Une trentaine de représentants britanniques y travaillaient, selon le journal, à côté des Américains et des Français pour pointer une liste de cibles éventuelles pour les frappes militaires sur le sol syrien.

Puis en Italie, La Stampa a peur ce matin d’une guerre mondiale, rappelant que le Pape a annoncé pour samedi prochain une journée de jeûne et de prière pour la paix dans ce conflit.

Le grand Mufti de Syrie, responsable spirituel de l'Islam sunnite dans le pays, s'est dit profondément frappé par les paroles du Pape et a exprimé le désir d'être présent en personne place Saint-Pierre pour cette prière.

Selon l’organe officiel du Vatican, L’Osservatore romano aujourd’hui, le pape François est « profondément blessé » et « angoissé » par ce qui se passe en Syrie : « Sur nos actions – a-t-il affirmé d'un ton grave – il y a un jugement de Dieu et aussi un jugement de l’Histoire, auxquels on ne peut pas échapper! ».

Ces dires ont été repris dans trois tweets lancés dimanche et lundi à travers l'account @pontifex.

Ca va mal pour la famille royale en Espagne

Les Berlinois eux sont de plus en plus inquiets quant à l’hygiène alimentaire dans leur ville. Un restaurant sur trois présente des insuffisances aux contrôles, selon le Berliner Morgenpost. Et le quotidien n’est pas du tout satisfait non plus de ce qu’ils ont vu dans les rayons des supermarchés – les vendeuses (la féminisation est très claire dans le texte en VO) de saucisses doivent changer de gants plus souvent. Le journal les incite à changer de gants jetables après chaque contact avec de l’argent, c’est-à-dire plus ou moins après chaque client.

L’histoire la plus curieuse ce matin vient de la presse britannique

Sur la première page de plusieurs journaux ce matin, des photos du malheur inattendu d’un propriétaire de Jaguar, garée dans une rue de Londres hier et dont une partie de la carrosserie aurait été « endommagée par les reflets du soleil renvoyés par les ,ombreuses vitres du tout nouveau gratte-ciel londonien, The Walkie Talkie ».

Son design est très tendance, tout en verre, et sa forme est conclave, ce qui concentre les rayons du soleil, étonnamment chauds en ce début de septembre sur la capitale anglaise, produisant un effet de loupe. On voit le propriétaire courroucé à côté de sa superbe Jaguar en effet légèrement déformée. Le mot qui convient le mieux est peut-être en allemand, « schadenfreude, » une petite joie devant le malheur d’autrui.

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