Le premier rapport de la Commission Européenne sur la corruption en Europe fait la Une partout

« Breathtaking » : à vous couper le souffle , plusieurs journaux reprennentle mot employé hier par la commissaire chargée du rapport, Cécilia Malmström . Aucun d’entre eux, en revanche, n’accepte la perche tendue par son nom de famille pour faire le jeu de mots qui s’impose. Du coup je le fais, car il s’agit d’un véritable maelstrom de pots-de-vin, de commissions occultes, d’emplois fictifs, de détournement de fonds et de financements délictueux en tous genres, qui coûteraient 120 milliards d’euros.

Un Européen sur douze déclare avoir fait l’objet ou avoir été témoin d’un acte de graissage de patte en 2013.

L’Italie est responsable de la moitié de la somme, mais La Repubblica commente un peu mollement que « maintenant que notre premier ministre n’est plus un magnat de la presse multi-milliardaire, la lutte sera plus facile ». __

Diario de Noticias au Portugal constate que ce rapport n’apporte, hélas, « rien de nouveau chez nous, où rien n’est jamais fait, avec à peine 10% des procès pour corruption qui aboutissent » .

« La Belgique peut mieux faire », titre La Dernière Heure , avec 67% des Belges pensant que la corruption est un phénomène répandu dans le pays.

Même dans les pays plus vertueux comme laFinlande , le Helsingin Sanomat regrette que l'ardoise ne soit pas complètement propre , les Finlandais étant particulièrement "en proie aux réseaux de vieux garçons" (???), paraît-il.

Quelques cas précis de corruption au quotidien, en Allemagne

A la Une des journaux berlinois, le retrait du secrétaire d’état à la culture de Berlin, qui n’aurait pas payé ses impôts, tout comme une figure de proue du féminisme allemand, Alice Schwarzer , à la Une partout ailleurs en Allemagne, et qui n’aurait pas payé ses impôts non plus, la même qui avait déclaré récemment que « le moteur de tout ce que je fais dans ma vie, c’est la probité. »

« Manque de pot », commente sèchement le Süddeutsche Zeitung , l’Etat apprécie davantage les sous que la probité.

A la Une de la presse espagnole ce matin, les énièmes rebondissements dans une affaire de favoritisme dans l’octroi des marchés publics entre le Parti Populaire et un entrepreneur Francisco Correa . L’affaire est connue sur place comme l’affaire Gürtel, d’après la version allemande de son nom de famille qui signifie « courroie de transmission ». Les dessous de cette affaire sont hélas encore plus impénétrables que les raisons de cette traduction.

En Grande-Bretagne, la presse commente aussi

Même si la Grande-Bretagne n’est nullement épargnée dans le rapport, la presse britannique commente le tout comme s’il s’agissait d’une affaire purement « on the continent », et en dehors des Unes.

The Express, par exemple, semble encore plus buté que jamais à donner des infarctus à son lectorat , plutôt âgé, en leur annonçant ce matin queles rats pourraient un jour devenir plus grands que les moutons . Quelques unes de ces « créatures horrifiantes » nous regardent, l’air affamé, depuis la Une du journal, pendant qu’un géologue nous explique que « les rongeurs prennent la forme qu’il faut pour survivre et se reproduire. » Dr. Jan Zalasiewicz fournit ainsi, et sans doute à son insu, un joli commentaire sur tout ce que j’ai cité ci-dessus.

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