Le ton monte à propos de l’Ukraine

Sur place, le Kievpost cite Napoléon en 1805 : « Quand l’ennemi fait un faux pas, il faut bien veiller à ne pas l’interrompre ». Poutine commet une grande erreur en envahissant la Crimée, croyant à la réversibilité du démantèlement de l’Union Soviétique. Plus la Russie avance dans cette stratégie revanchiste, plus elle aura des ennuis.

La Ukraïnska Pravda demande "pourquoi Poutine fait chanter l’Ouest en jouant avec notre pays ? ". Réponse : il cherche l’amour – (Lioubof, le mot est bien celui employé dans l’éditorial). Il a commencé à perdre l’amour des Russes, il n'a pas trouvé l'amour du monde pendant les Jeux Olympiques... Il est le mâle alpha, et cherche désormais à gagner l'amour en Crimée.

Dans la presse occidentale, le ton monte nettement.__

Gazeta Wyborcska à Varosvie a peur d’un conflit mondial « à nos portes » et cite le premier ministre polonais Donald Tusk qui craint que la Crimée ne soit juste une « étape ».

En Allemagne, Der Spiegel voit le fantôme de la Guerre Froide rôder en Crimée , rappelant que c’est ici, à Yalta, que Staline et l’Ouest se sont partagés le monde.

Tous les yeux sont sur Merkel, Der Spiegel n’est pas seul à voir la chancelière allemande comme principal intermédiaire.

« Il faut parler avec les Russes, pas les punir », avertit du coup le Tageszeitung . Les journaux espagnols et britanniques sont d’accord sur les retombées économiques. Même Une dans The Telegraph et El Mundo , ce dernier citant le premier ministre espagnol Mariano Rajoy: « nous venions de franchir le Cap Horn de la crise, voilà que l’escalade belliqueuse menace la reprise ».

Plusieurs journaux britanniques, comme The Express , titrent ce matin sur une fuite intéressante. Un fonctionnaire sans cravate, portant un simple pull, je cite, est rentré hier discrètement dans Dix Downing Street, un document sous les bras. Document dûment photographié avec les grands objectifs de la presse, puis grandi dans les rédactions et où l’on peut lire que la Grande Bretagne ne doit pas appuyer des sanctions ou fermer la City aux intérêts russes . __

The Guardian voit en effet un schisme grandissant depuis hier soir dans les rapports entre l'Union Européenne et les Etats-Unis sur cette question des sanctions, notant néanmoins que Gazprom a perdu 12 milliards de dollars de sa valeur en bourse hier. Le journal donne la parole aussi à un bosniaque qui avertit les Ukrainiens dans une tribune amère : « si c’est comme chez nous, le monde va vous aider, mais vous allez payer la facture pendant des décennies après !

Sinon les journaux tournent la situation à leur guise. The Irish Times propose un quizz comme dans les pubs irlandais : quelle puissance s’indigne sans cesse au Conseil de Sécurité de l’ONU du non respect de la souveraineté de pays comme la Syrie, l’Iraq et l’Iran avant de violer celle de l’Ukraine ? Bravo – la Russie !

Une malheureuse coquille à la Une du Temps en Suisse voit les dipomates sur les nerfs , et à leur façon inimitable les Néerlandais de Trouw voientl’Ouest avec les genoux tremblotants devant la Crimée : " de Krim en de knikkende knieen in het Westen".

Pendant ce temps, à la Une d'Izvestia

Le parti communiste demande aux députés de la Douma de ne pas se rendre dans l’Union Européenne ou les Etats-Unis pour des visites privées, au milieu d'un scandale__ qui pourrait « nuire à l'image de la Russie à l'étranger » .

Si on lit en bloc tout ce qui se dit à l’ouest de Moscou ce matin, c’est déjà pas mal entamé !

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