Derrière les Unes européennes portant sur les affaires nationales, il y a quelques signes encourageants concernant l’économie

Cela faisait un moment, que dis-je, des années, que l’on n’avait pas vu des titres un tant soit peu positifs sur l’économie, surtout au sud de notre continent. C’est le cas pourtant ce matin en Espagne et en Italie.

Le principal éditorial d’El Pais ce matin s’intitule « les capitaux reviennent » : le journal madrilène parle de signes porteurs d’espoir. « Peu d’autres économies ont autant souffert que la nôtre. Malgré l’énorme chômage qui existe toujours parmi nos jeunes, la réforme du marché du travail a donné beaucoup plus de flexibilité aux entreprises. Enfin nous devenons à nouveau attractifs pour les entreprises étrangères ».

Et c’est un journal de centre gauche qui s’en félicite, c’est sans doute dire la dureté de la crise que le pays vient de subir. Pourtant, El Pais conclut en discernant un danger potentiel : « ce ne serait pas une bonne idée pour autant de laisser nos grandes sociétés énergétiques notamment filer aux mains des étrangers » – le journal fait référence à l’intérêt manifesté en ce moment par le grand groupe chinois Sinopec pour le secteur énergétique espagnol : « Regardons nos voisins français, allemands, où ces marchés sont protégés de façon précautionneuse ».

En Italie aussi de bonnes nouvelles économiques, dans un journal de gauche encore

C’est même l’ancien organe du parti communiste italien, L’Unità , qui brandit la bonne nouvelle selon laquelle l’Italie ne va pas excéder la limite des 3% de déficit. Les dernières données économiques de la péninsule tranquillisent le journal ainsi que le Ministère de l’Economie, même si Rome reste dans la ligne de mire de Bruxelles.

Puis allons en Grande Bretagne où l’on voit sur la première page de l’Express ce matin la photo plus ou moins souriante du directeur du CBI, le Board de l’industrie britannique, en nœud pap’ lors d’un dîner de gala, annoncer aux patrons britanniques que : « même si elle ne sera pas spectaculaire, la reprise sera meilleure que prévue dans le pays, avec 1,4% de croissance cette année, 2,6% même en 2015 », le tout sous des allures shakespeariennes dans le titre du journal, qui se félicite que l’économie britannique aille de l’avant : it gathers a pace !

Finances toujours, avec éditorial dansLe Temps qui détonne ce matin

Le journal propose que ce ne soit pas l’argent vert, celui du développement durable, qui doit relancer les banques suisses - comme on avait longtemps pensé, « mais plutôt la finance islamique » . « Pas d’intérêt, pas d’alcool, pas de pornographie. La clientèle moyen-oriental est à certains égards une aubaine pour les établissements helvétiques pressurisés par des Etats en mal de recettes fiscales. Tout simplement parce que les contribuables de la région du Golfe ne paient pas d’impôts. Il ne peut donc pas y avoir d’évasion fiscale. Des évolutions législatives seraient nécessaires, certes, mais elles ne semblent pas insurmontables ». Tout ceci pourrait donner l’image d’une place financière suisse qui rebondit plutôt qu’elle ne plie sous le poids des attaques.

Il n’y a guère que les Finlandais qui ne sont pas contents ce matin

On le voit à la Une du Helsingin Sanomat. Le journal a tendance à mettre à sa Une des photos non pas de la grande actualité mais de la grande quotidienneté , si on peut dire. Cette fois-ci, celle d’une mère devant sa maison avec la poussette de son enfant, le tout pour illustrer une mauvaise nouvelle : la récession a gelé de nombreux rêves de bébé sur place. Depuis 2008, le taux de natalité finlandaise est en baisse, surtout dans la région d'Helsinki. Mauvaises nouvelles, maisons trop chères, le tout a considérablement freiné ce que mon traducteur automatique décrit de façon un pudique comme les élans de la conception de la progéniture.

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