La nouvelle loi française sur la prostitution dans la presse européenne

Quelques commentaires par-ci par-là déjà, surtout en Allemagne où il y a également un grand débat de société sur ce thème. Le Frankfurter Rundschau , journal de gauche, n’est pas favorable dans son principal éditorial à cette « interdiction qui n’a pas de sens » . « La prostitution est une réalité qu’il faut accepter dans une société libre. L’exploitation sexuelle en revanche non. Le principal problème reste l’énorme différence dans le niveau de vie entre nous et les pays de l’est, d’où sont originaires la plupart des prostituées qui n’ont pas beaucoup d’autres possibilités de gagner leur vie ».

Le débat arrive, lentement mais sûrement, en Autriche aussi, c’est la une du Standard aujourd'hui. Le journal regarde ce qui s’est passé en Suède où la prostitution fut abolie il y a 14 ans : « Au moins le nombre des prostituées n’a pas augmenté, officiellement » , constate le journal, mais pour le moment aucun proxénète n’est dans une prison suédoise. Le journal cite le porte-parole des Verts à Vienne qui craint qu’une interdiction donne des ailes à la mafia dans la capitale.

L’autre une, surtout en Allemagne, la météo: Schneestürme und Sturmflut !

« Des tempêtes de neige et des inondations ». Ces mots sont aussi imprononçables et omniprésents dans la presse allemande que les innombrables fléchettes rouges qui brassent de façon frénétique les masses d’air au dessus de la mer du Nord, le tout se précipitant tout droit vers Berlin, si l’on en croit les cartes météo hystériques à la une des journaux sur place. Le Frankfurter Rundschau illustre l’attente de façon plus stoïque, avec à sa une la photo de dizaines d’éoliennes dans la campagne au nord de l’Allemagne, prêtes à affronter les vents féroces .

Der Spiegel y voit même du bon : les éoliennes allemandes vont produire aujourd’hui et demain trois ou quatre fois plus d’électricité que normal. Résultat: des prix en baisse ! Les britanniques aussi craignent le pire devant ce qui se trame dans l’Atlantique.

Comme chaque matin, The Express maintient son lectorat dans un état de nervosité météorologique, avec sa une : « une tempête arctique est sur le point de rugir », « Blizzards roar in » .

On pensait Berlusconi disparu des premières pages italienne, mais...

...il revient ce matin sur celle du Corriere della Sera pour expliquer aux Italiens qu’en fait, le problème de base a toujours été qu’ils ne savent pas voter.

David Cameron, lui, poursuit sa visite en Chine en même temps que sa mission d’énerver ses voisins continentaux, déclarant, (The Independent le relève en titre), qu’il faut, dans les écoles britanniques, laissez tomber le français et l’allemand en faveur du mandarin . Le journal tente de donner le pourcentage de mes compatriotes capables de prononcer quelques mots en chinois, mais on n’est pas plus instruit hélas en raison d’une coquille: le chiffre même est absent devant le signe du pourcentage.

Les Suisses ont le même souci : éditorial ce matin dans le Neue Zürcher Zeitung , le journal zurichois inquiet d’apprendre queselon le programme 21 de la réforme de l’éducation, les écoles germanophones tournent de plus en plus le dos au français .

Toujours en français et à Genève, pour finir, Le Temps pense qu’il est temps de trouver un nouvel hymne suisse. C’est l’un des paradoxes de l’« helvétitude ». « Si l’on veut réunir une assemblée qui chante notre hymne national d’un bout à l’autre, avec toutes les paroles, il faut recruter des naturalisés de fraîche date qui l’ont appris par chœur, car personne d’autre ne le connaît ». C’est une des raisons qui ont poussé la Société suisse d’utilité publique (SSUP) à entreprendre de troquer notre hymne méconnu contre un autre, flambant neuf, choisi à l’issu d’un concours.

Qu’est-ce qu’on reproche à l’hymne actuel? «Il donne surtout les prévisions météo. On a le tonnerre qui arrive, l’aurore qui point… » relève Oscar Knapp, coprésident romanchophone du jury. «Il faudrait enfin un texte populaire. Je me réjouis de l’entendre chanter par des chorales, des clubs de foot et des yodeleurs.»

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