Pas beaucoup d’Ukraine ce matin dans la presse européenne – vous avez trouvé deux autres thèmes qui dominent. L’extrême droite et le Concours Eurovision de la Chanson.

Etre tiraillé de la sorte, cela en dit long sur le sort actuel de notre pauvre continent. De toute façon, l’extrême droite, il va falloir s’y habituer, si l’on en croit le Telegraph britannique qui cite le leader extrémiste néerlandais Geerd Wilders, persuadé qu’après avoir remporté les élections européennes en Grande-Bretagne, comme les sondages le prédisent, UKIP, le parti indépendantiste britannique va « oublier son dégoût », je cite, « pour Marine le Pen et se joindre à nous pour former un grand bloc d’extrême droite au prochain parlement avec 150 sièges ».

- Le nazisme carrément est à la Une…

Gazeta Wyborscza à Varsovie est choqué d’apprendre que des groupes de rock néonazis entendent participer cet été à des concerts en Pologne consacrés à la supériorité de la race blanche, le tout avec à la une la photo d’un groupe français. La Une du Telegraaf néerlandais parle de nazisme, et si ce n’était pas aussi grave ce serait comique.

Il y a une nouvelle sculpture temporaire au centre d’Amsterdam qui s’appelle l’Oracle, un grand visage de trois mètres qui s’ouvre et qui prononce d’une voix métallique le contenu de messages envoyés par SMS par les citoyens. A trois reprises les passants ont été choqués hier d’entendre résonner des « Siegheil », surtout le lendemain de la commémoration des victimes néerlandaises de la Seconde Guerre Mondiale. Nazies à la Une en Allemagne, n.a.z.i.E.s car plusieurs journaux titrent sur une étude sur ces Allemandes dans les groupuscules d’extrême droite. « On croit que les nazis sont uniquement des hommes, c’est faux et c’est dangereux », titre le Berliner Zeitung , tout comme le Frankfurter Rundschau qui rappelle le procès qui se déroule actuellement à Munich contre la meneuse d’une bande nazie, Beate Zschäpe. Sous sa photo, le regard froid, la une est d’autant plus glaçante, « elle n’est pas seule ».

- Nazisme, et racisme aussi...

Des cas de racisme ordinaire à la une. Prenez cette histoire qui encore une fois ferait sourire si elle n’était pas dans le fond si offusquante. The Independent titre sur la polémique en ce moment en Grande Bretagne sur l’un des présentateurs les plus controversés, mais aussi les plus populaires de la BBC, Jeremy Clarkson, qui fait une émission testostéronée sur les voitures.

Lorsqu’il devait choisir entre deux modèles, il a eu recours à une vieille comptine anglaise que l’on apprenait à l’école dans les années 60, l’équivalent « d’am stram gram », « eenie meenie minie mo », ensuite il y a le mot nègre en anglais. Les gens évitent de nos jours, mais lui l’a scandé, tout en étouffant, c’est vrai, la partie concernée. La séquence n’a pas été diffusée, mais fuitée à la presse. Doit-il démissionner ? Les journaux ne parlent que de ça depuis ce week-end. Et puisqu’on y est, c’est intéressant de tomber sur une critique de théâtre dans Le Temps à Genève où se joue actuellement la pièce d’Agatha Christie qu’elle a intitulé en effet Dix Petits Nègres, mais que les britanniques ont débaptisé depuis longtemps Dix petits indiens, mais qui se joue apparemment sur la scène genevoise toujours sous son nom d’origine.

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- On parle déjà du Concours Eurovision alors ?

Ce soir c’est la première demi-finale depuis Copenhague et quand on voit que même le Frankfurter Allgemeine Zeitung a un correspondant sur place, c’est dire l’étendue des dégâts. Ce qui est pire, c’est que l’article, en plus, est totalement sérieux. Der Spiegel a un brin d’humour, son correspondant notant que la grande surprise cette année c’est que certains candidats sont quand même de bons chanteurs.

The Guardian , journal très sérieux, a réussi à décrocher le seul entretien avec l’un des présentateurs de la soirée, Pilou Asbaek qui était dans Borgen pour les intimes de cette excellente série. Cette rencontre ne présage rien de bien en revanche, car après avoir entendu la chanson britannique, il a quitté précipitamment le lieu de l’interview pour aller vomir dans les toilettes, expliquant dès son retour qu’il est très malade en ce moment. La polémique cette année vient en tout cas d’Autriche qui sera représentée par un trans barbu. Même dans son propre pays une pétition contre sa participation circule depuis septembre, mais il permet néanmoins de renouer avec un thème depuis longtemps oublié dans cette revue de presse car son nom de scène est Conchita Wurst, Conchita Saucisse !

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