Après la première demi-finale hier soir, l’Eurovision est partout

Bienvenue au concours Eurovision de la chanson, l’évènement culturel apolitique le plus politique de l’Europe. « Comment cela pourrait-il en être autrement ? », demande le Dagens Nyheter à Stockholm, « dans notre continent avec ses vents extrémistes soufflant partout ? »

La Vanguardia à Barcelone dresse aussi la liste des polémiques cette année, notamment : « Bien que la Crimée ait voté pour être annexée à la Fédération russe, l'Union européenne de radiodiffusion a annoncé que les votes des téléspectateurs de la Crimée seront considérés comme provenant de l’Ukraine ».

L'Ukraine et la Crimée seront donc représentées par Mariya Yaremchuk, et la chanson « tic-tac ». Les téléspectateurs de la Crimée pourront voter du coup, et voteront sans doute massivement, pour la chanson russe avec les sœurs Tolmachevy et leur chanson rayon de soleil "Shine".

Les Russes vont-ils censurer certaines chansons ?

Notamment celle de Conchita Wurst, Conchita la saucisse, la trans barbue autrichienne. Le député russe Vitali Milonov, connu pour l'adoption de la loi russe contre la propagande gay à Saint-Pétersbourg, invite le comité national russe à boycotter cette « parade gay européenne » qu’est l’Eurovision.

Ceci déchaîne de multiples traductions du mot « huées » : en finlandais par exemple à la une du Helsingin Sanomat, celles réservées hier soir pendant la demi-finale à la Russie.

La joie des uns, le malheur des autres...

La presse néerlandaise ne peut à peine se contenir: « enfin, enfin on a été retenus ! ».

Les Unes du Telegraaf, Algemeen daglad et autre Vokskrant portent sur le succès du duo néerlandais The Common Linnets, « Les linottes communes ».

D’autres sont inconsolables. Personne n’a voulu de notre Suzy se lamente leDiario de Noticias à Lisbonne sur sa première page, et puis la une, que dis-je, les unes belges avec le malheureux Axel Hirsouw tendant désespérément ses bras vers une Europe qui visiblement n’a pas trop voulu de lui .

Puis polémique scandinavo-nordique dans Politiken sur place à Copenhague où se déroule le concours.

Le Aftonbladet suédois en veut aux Danois : « Vous êtes totalement malades avec le manque de toilettes. »

Le ton est encore plus cru dans The Guardian britannique, qui constate, après qu’un hot dog ait explosé en pleine gueule du correspondant du journal, et qui vitupère... je vous le livre en VO : « The food is fucking bad. »

D'autres unes, sur d es curiosités scientifiques

Qu’y a-t-il en commun entre les bus berlinois et les brosses à dents électriques, demande le Berliner Zeitungà sa une ? Bientôt, dans la capitale allemande, des bus électriques que l’on peut charger sans fil.

Bientôt des cœurs de substitution personnalisés reproduits par des imprimantes 3D , c’est The Times de Londres qui a le scoop. Les Néerlandais, du moins ceux qui liront le Algemeen dagblad, sont perplexes devant l’apparition de lichens étranges sur les arbres de Nijmegen

Les Italiens de La Repubblica seront soulagés d’apprendre que des chercheurs de Pise ont concocté une molécule capable de contrecarrer les effet des armes chimiques , autrement dit de stopper carrément toute activité acetilcolinesterasica, mot que je vous aurais collé dans votre phrase de lancement, Charline, si je ne vous sentais pas aussi abattue par l’absence de la Belgique à l’Eurovision.

Comme les Suisses qui abandonnent le secret bancaire , c’est un petit article caché dansLe Matin etLa Tribune de Genève , loin derrière le tweet à la une, celui par lequel Roger Féderer annonce la naissance de ses jumeaux hier.

Et puis il n’y a que Die Presse en Autriche qui parle des 24 heures de diplomatie intense à Vienne pour sauver l’Ukraine , et après vérification il ne s’agit pas, pour une fois, d’une tentative internationale d’éviter à ce pays le déshonneur d’un nul points à Copenhague.

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